Rignac joue la carte de l’optimisme

  • Jean-Marc Calvet, 66 ans, effectue actuellement son 3e mandat de maire.
    Jean-Marc Calvet, 66 ans, effectue actuellement son 3e mandat de maire.
Publié le , mis à jour

Quel regard portez-vous sur votre action de maire de Rignac et de président de la communauté de communes du Pays rignacois après quatre ans de mandature ?

La première chose qui me vient à l’esprit est les difficultés rencontrées pour faire face à la baisse des dotations. Les baisses étaient annoncées, mais elles sont toujours difficiles à gérer. Au niveau intercommunal, nous avons perdu 250 000 €. Au niveau communal, 54 000 €. Cela fait beaucoup. En conséquence, nous avons été obligés de ralentir le programme des investissements.

Avez-vous envisagé des solutions de « contournement » de ces baisses de dotations ?

Nous avons travaillé à la création d’une commune nouvelle, qui aurait permis d’obtenir des aides de l’État autres. Mais il aurait fallu pour cela l’unanimité des communes. Or, Escandolières et Goutrens s’y sont opposées. À partir de là, nous avons abandonné cette piste.

Quels sont malgré tout les projets que vous avez ou que vous allez réaliser ?

Les travaux d’assainissement sont importants. Dès septembre prochain et jusqu’en juin 2019, une nouvelle tranche va mobiliser près de 900 000 €. Grâce à cette intervention, sur trois mandats, nous aurons pu refaire toute la voirie à l’intérieur du village. Une voirie qui sera complétée par une voie piétonne qui fera le tour complet du bourg.

Nous allons également, dans le même temps, aménager un nouvel espace qui abritera l’office de tourisme et une médiathèque et, plus largement, un espace culturel, le tout fonctionnant de manière mutualisée. Nous avons budgété une enveloppe de 500 000 € pour cela, qui sera subventionnée à hauteur de 80 %.

Financièrement, comment jugez-vous la situation ?

Nous nous étions engagés à ne pas augmenter les impôts au niveau communal. C’est le cas. Nous avons en revanche acté une augmentation fiscale au niveau intercommunal, pour compenser la perte des dotations. Mais en jouant sur les impôts communaux, c’est une opération neutre pour les administrés. Après, à Rignac, nous évitons d’emprunter. Pour les opérations sur l’assainissement par exemple, nous nous appuyons avant tout sur nos fonds propres.

Quelle est la place de l’intercommunalité dans le quotidien rignacois ?

Elle est essentielle. L’intercommunalité, c’est le pilote du territoire. Nous avons ici de très nombreuses compétences, que beaucoup n’ont pas, comme les écoles. Il n’y a pas de guéguerre de clochers. Nous avons su créer un climat de confiance. Par ailleurs et selon moi, il est important que le président de la communauté de communes soit le maire du bourg centre. Cela doit faciliter le bon fonctionnement de la structure.

Où en est la démographie rignacoise ?

Après une période d’augmentation de la population, nous sommes actuellement dans une phase de stagnation, avec 2 070 habitants. Ce n’est pas si mal.

Sur le territoire intercommunal, on compte 5 720 personnes, soit un chiffre qui est là en hausse, grâce, notamment, à des communes en pleine expansion comme Anglars. Mais nous n’avons pas d’objectif particulier dans ce domaine.

Vous avez néanmoins de bons résultats en matière de fréquentation des écoles ?

Très bons même. À Rignac, sur 15 ans, le nombre des élèves du primaire a augmenté de 20 % et de 38 % pour le collège. Sur le territoire intercommunal, l’augmentation se situe à + 49 %.

Je parlais tout à l’heure d’Anglars, on peut en reparler dans ce domaine puisqu’entre 2003 et 2018 le nombre d’écoliers est passé là-bas de 36 à 95. Nous nous attachons d’autre part à ce que les enfants fréquentent l’école de leur village et pas celle du village voisin.

Nous avons également mis en place un service multi-accueil qui fonctionne très bien, sachant par ailleurs que nous avons été parmi les premiers à repasser à la semaine de quatre jours.

Un petit mot sur la santé de l’économie locale ?

Au total, nous dénombrons 830 emplois sur le territoire. Parmi les plus gros employeurs, on peut citer les moulins Calvet avec 300 salariés, l’entreprise d’alimentation animale Terrya-Prodial avec 70 personnes, la maison de retraite ou les établissements scolaires.

Sur la zone d’Anglars, la société Découp3P porte un projet de développement qui devrait amener le nombre de ses employés d’une douzaine à une quarantaine.

Enfin, il est question de voir une imprimerie industrielle s’installer sur cette même zone d’activités avec une vingtaine d’emplois à la clé.

Dans un domaine approchant, comment se porte l’agriculture locale ?

C’est toujours difficile et compliqué, ici comme ailleurs. Mais on peut quand même souligner que nous avons quelques éleveurs de veaux d’Aveyron qui ne s’en sortent pas trop mal, de même que des producteurs de lait de brebis. Quoi qu’il en soit, l’agriculture reste indispensable à la santé du territoire.

En termes de santé justement, existent-ils des projets particuliers ?

Une démarche vient d’être engagée avec l’ARS pour la mise en place d’un réseau de santé entre les professionnels du secteur, médecins et autres. Pour l’heure, il n’y a pas encore d’urgence particulière, mais il vaut mieux prévoir l’avenir.

Peut-on dire de Rignac que c’est un village au commerce florissant ?

Sans aller jusque-là, nous avons ce que nous appelons 70 points de contact avec le public, ce qui va de la banque au cabinet de comptable, en passant par les garages auto, les coiffeurs et, bien sûr, les commerces de bouche. Rignac vit bien sur un territoire qui vit bien.

Peut-on parler d’un village touristique également ?

On peut le dire, oui. On peut d’ailleurs signaler que le groupe Odalys vient de prolonger de neuf ans son contrat d’occupation de sa résidence de vacances, qui attire chaque année 400 personnes environ. Des gens qui recherchent avant tout la tranquillité pour leurs vacances et qui, faut-il le penser, se plaisent bien ici puisqu’ils sont nombreux à revenir d’une année sur l’autre. Le camping, en délégation de service public avec sa quarantaine d’emplacements, est dans le même cas de figure.

Et puis nous avons la grande chance de nous situer entre Belcastel et Bournazel, deux villages magnifiques aux atouts touristiques indéniables.

Comment se porte le tissu associatif local ?

Bien. Nous comptons une quarantaine d’associations qui animent le village à longueur d’année, que l’on parle du football, du basket, des quilles, de la danse, de la musique... C’est vraiment très satisfaisant.

Vous étiez un farouche opposant au redécoupage cantonal. Avez-vous changé de position sur le sujet ?

Non. Même avec le recul, je considère toujours que c’est une aberration d’avoir rapproché Aubin de Rignac. Pour moi, le canton est devenu une simple circonscription électorale destinée à élire des conseillers départementaux qui, à mon goût, sont trop nombreux...

Pour autant, nous avons de très bons rapports avec le conseil départemental. Le Département est très important par son action sur le territoire. Son président actuel me semble dans la bonne démarche de par les rapports constructifs qu’il a établis avec les communautés de communes, avec l’appui des communes.

Un mot sur le meeting de Marine Le Pen organisé sur votre commune pendant la campagne des Présidentielles ?

Nous avons été abusés. Cela m’a profondément touché et affecté. Nous avons été victimes d’un véritable traquenard. Heureusement, il n’y a pas eu de débordements, pas de violence. Mais cela reste et restera un très mauvais souvenir.

Vous effectuez votre 3e mandat de maire. Pensez-vous déjà au 4e ?

Très honnêtement, non. Pas encore. On verra le moment venu. Aujourd’hui, je ne sais pas ce que sera mon avenir politique.

Centre Presse / François Cayla
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