Capdenac-Gare : les membres d’un réseau de trafic de drogue condamnés

  • Des peines différents pour les prévenus entendus hier.
    Des peines différents pour les prévenus entendus hier.
Publié le
Centre Presse / Philippe Henry

« Ce n’est pas le trafic du siècle, nous ne sommes pas devant Escobar ou El Chapo (du nom d’un célèbre trafiquant de drogue mexicain) mais ils doivent être condamnés ». Face au procureur, Frédéric Coulomb, six prévenus accusés de trafic de stupéfiants, de détention ou d’usage.

Tous vivent à Capdenac-Gare. L’enquête des gendarmes démarre en 2016 lorsqu’une mère de famille se plaint quand elle découvre que sa fille consomme des stupéfiants. Quelques semaines plus tard, le réseau tombe. Hormis les six prévenus de l’audience d’hier, une quinzaine d’autres individus ont été inquiétés par la justice.

Tous sont impliqués à des degrés divers dans ce trafic (que ce soit pour de la simple consommation, ou du trafic) avec pour point commun leur addiction aux produits stupéfiants ou l’alcool.

L’un des prévenus avoue avoir fumé « entre dix et quinze joints par jour. Mais j’ai diminué, j’en suis à 3 ou 4 aujourd’hui ». Les quantités de drogue en circulation au sein de ce réseau restent toutefois modestes.

Malgré cela, pour Frédéric Coulomb, « on va minimiser les quantités de drogue, ainsi que le prix à la revente ou encore dire : “Je n’ai pas cédé de stupéfiants mais j’ai juste dépanné”. Or, même lorsque c’est gratuit, il s’agit tout de même de cession. »

Pour le représentant du ministère public, « l’enjeu de l’audience est de savoir si l’obligation de soins sera efficace ».

Certains prévenus ont en effet assumé leur consommation de stupéfiants et n’ont pas exprimé le besoin de se soigner. Alors que d’autres ont clamé leur volonté de s’en sortir.

Des peines de 10 mois de prison ferme, pour celui dont le casier judiciaire est le plus étoffé et qui était en récidive, à huit mois de prison avec sursis ont été requises par le procureur. Ainsi que des peines d’amende allant de 800 à 2 000 €.

L’avocat de trois prévenus, Me Fabrice Veysseyre souligne « la grande détresse sociale et l’addiction profonde » de ses clients. Il rappelle encore que « ces cessions de stupéfiants n’avaient pas pour but de faire des bénéfices. »

« Il y a des termes que les prévenus ne peuvent pas comprendre, poursuit-il. Le procureur a utilisé à plusieurs reprises le terme de trafic pour qualifier cette affaire. »

Par ailleurs, « des peines d’amende de 800 € pour quelqu’un qui touche le RSA, c’est lourd », plaide Fabrice Veysseyre.

Après en avoir délibéré, le tribunal a prononcé des peines de dix mois de prison ferme à cinq mois avec sursis, ainsi que des amendes allant de 1 000 € à 800 €.

Pour l’un des prévenus, celui qui a exprimé clairement sa volonté « de se sortir de toutes ces addictions qui détruisent une vie », le tribunal n’a pas prononcé de peine d’amende, mais une obligation de soins. Des soins qu’il a promis de suivre dès sa sortie de l’audience.

Voir les commentaires
L'immobilier à Rodez

130000 €

RODEZ proche TOUR DE VILLE - Rare sur le marché, appartement de type 2 de 5[...]

Toutes les annonces immobilières de Rodez
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?