VIDÉO. Muret-le-Château : une cagnotte solidaire en faveur de la bergerie incendiée

  • Les proches du couple victime de l’incendie sont mobilisés pour leur aider à vivre cette épreuve difficile (Photo J.M.).
    Les proches du couple victime de l’incendie sont mobilisés pour leur aider à vivre cette épreuve difficile (Photo J.M.).
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La solidarité n’est pas un vain mot dans la campagne aveyronnaise ! Un couple de Muret-le-Château, propriétaire d’une bergerie, l’a découvert il y a peu. Le jeudi 22 mars, précisément.

Ce jour-là, un incident ravage le bâtiment. En moins d’une dizaine de minutes, le feu détruit les fondations et tue près de 500 bêtes, agneaux et brebis. Soit l’essentiel du gagne-pain de cette famille installée depuis des générations dans la commune.

Abasourdis, les responsables de l’exploitation sollicitent leurs proches pour déblayer les gravats le soir même. La scène, désolante, pousse trois d’entre eux à imaginer différentes solutions trouver pour sortir du marasme. « Nous ne pouvions plus rien faire, commente Richard Lailler, présent sur les lieux quelques heures après l’effroyable tragédie. Moi et d’autres amis ne sommes pas du tout issus du milieu agricole. Alors nous avons réfléchi à la manière dont nous pourrions les aider. »

Miser sur la générosité du voisinage, pourquoi pas, mais de quelle façon ? Le jeune homme, accompagné de Magali Bras et Amandine Rey, ouvre une cagnotte en ligne, sur le site Leetchi. Quelques clics plus tard, le compte intitulé « Aidons les à reprendre leur activité » fait son apparition en ligne. « Nous l’avons d’abord diffusé auprès de nos familles et ensuite sur les réseaux sociaux », poursuit Richard, qui, au départ, a souhaité réaliser cette opération en toute discrétion.

Mis dans la confiance deux jours après le lancement de la cagnotte, le couple victime de l’incendie préfère jouer la discrétion. Même s’il approuve l’initiative. « Notre objectif n’est pas de faire dans le misérabilisme, tempère le groupe d’amis à l’origine de la cagnotte. Par orgueil, nous savons qu’ils se seraient sentis redevable, et ce n’est pas ce que nous voulions. »

Si les assurances contractées par les exploitants de Muret rembourseront une partie des dommages, elles ne compenseront pas la perte de revenus que générait l’élevage ovin. « Nous ne nous leurrons pas, la somme récoltée ne reconstruira jamais une bergerie entière, complète Amandine. La famille a des emprunts en cours. L’argent qui sera récolté sur internet servira à les faire vivre au quotidien. »

« Ils ont toujours vécu et travaillé avec de petits moyens, stipule Richard qui désire éviter les amalgames que des personnes mal intentionnées pourraient faire entre agriculteur et opulence. Ils géraient une petite exploitation familiale et il leur faudra quatre à cinq ans avant de pouvoir relancer leur activité. »

En menant une telle action, la petite équipe ne souhaite pas « faire pleurer dans les chaumières ». Les trois amis appellent même les futurs donateurs à accompagner leur geste de messages réconfortants. « Si les donateurs peuvent leur faire parvenir des messages de soutien, ce sera une jolie initiative, ajoute Richard, conscient que ces petits mots pourraient avoir un effet positif sur le moral de la famille d’agriculteurs. Peut-être plus important qu’un simple don financier. »

Centre Presse / Jeremy Mouffok
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