Culture et Loisirs

Économie : les stations de ski de l’Aubrac ont-elles tiré profit de la neige ?

  • Un peu plus de 29 640 forfaits ont été vendus à Laguiole et environ 12 000  à Brameloup.
    Un peu plus de 29 640 forfaits ont été vendus à Laguiole et environ 12 000 à Brameloup.
  • Économie : les stations de ski de l’Aubrac ont-elles tiré profit de la neige ?
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Mitigé. Comme la neige, de la partie cet hiver, le bilan des stations de ski de l’Aubrac reste plutôt bon, sans être exceptionnel. La faute à un enneigement capricieux et des conditions météo inconstantes. Le tout rendant la tâche difficile pour les professionnels des stations de Brameloup et Laguiole.

Rodés à ce numéro d’équilibriste, jonglant au jour le jour entre froid glacial et redoux printanier, tous se félicitent néanmoins de l’hiver « enneigé et ensoleillé » qui redonne des couleurs à l’activité hivernale de ce côté-là du département.

Une saison lancée « tout schuss » avec une ouverture précoce en début du mois décembre. Quelques jours avant les vacances de fin d’année qui sont le juge de paix d’une saison réussie ou non pour les stations de basses altitudes.

2,80 mètres de neige en cumul et 50 jours d’ouverture cette saison à Brameloup. Pas mal si les périodes de redoux successives n’avaient pas entamé le manteau neigeux à plusieurs reprises.

À Laguiole où le domaine est équipé depuis cette saison d’un enneigeur surpuissant, le constat est le même.

« Sans la neige de culture, la saison aurait été encore plus compliquée à gérer », reconnaît le chef d’exploitation Pierre Leduc. « On a eu la chance d’ouvrir avant Noël cette saison. Ça nous permet d’ouvrir la station trois semaines de plus que l’an passé par exemple. Ça fait la différence ! » Avec un peu plus de 29 640 forfaits vendus à Laguiole et 12 000 - « à la louche » - à Brameloup, le bilan reste plutôt bon et accompagne une saison « compliquée » mais « quasiment équilibrée » au plan comptable.

Avec 334 000 euros TTC de chiffre d’affaires à Laguiole, - soit 100 000 euros de plus que la saison passée (!) -, la station pourra investir dans une nouvelle pompe. Plus économe que la précédente, elle viendra équiper l’enneigeur pour « produire plus de neige avec moins d’eau et d’électricité ».

À Brameloup en revanche, il faudra se serrer la ceinture. Pas d’achat en prévision, « juste de l’entretien et du petit renouvellement de matériel ». « Ce sera juste financièrement, on couvre les frais de fonctionnement mais on n’aura pas vraiment de marge de manœuvre pour investir la saison prochaine » reconnaît le chef d’exploitation.

Quoi qu’il en soit, les gestionnaires ne comptent pas rester les bras croisés, conscients de l’économie induite, et non négligeable, pour le territoire. À Laguiole, le taux d’occupation des meublés touristiques progresse chaque année avec le manteau neigeux. Il était par exemple de 70 % pour les vacances de février. Idem pour le chiffre d’affaires des petits commerces voisins. Autant d’indices de l’impact « sports d’hiver » sur le plateau.

« Nous devons maintenir à tout prix cette offre hivernale. C’est important pour les locaux de pouvoir skier non loin de chez eux et essentiel pour l’activité économique des hôteliers, restaurateurs, chambres d’hôtes, toubibs, des commerces, des pompes à essence et j’en passe », plaide Gonzalo Diaz. « Il faut tenir bon. L’activité permet de faire vivre le territoire, poursuit Jean-Claude Fontanier, président du Sivu de Brameloup. Un discours entendu par les collectivités qui le composent (Prades, Saint-Chély d’Aubrac et Saint-Geniez d’Olt) comme le conseil départemental qui dans ce contexte économique, « ont pris le parti de préserver l’existant ».

Tenir bon toute l’année

Face à l’élément neige, inconstant, l’avenir des cinq stations de l’Aubrac passe aussi par la diversification. Dans ce contexte, Laguiole, Brameloup, Saint-Urcize, Nasbinals et Bonnecombe travaillent de concert pour développer une offre « quatre saisons ». Chacun à son échelle, en collaboration étroite avec le PNR de l’Aubrac. Brameloup espère créer d’ici peu un « parc VTT » et devenir un pôle pleine nature de premier plan.

De son côté, Laguiole multiplie les offres alternatives à la « pratique ski ». Quinze ans après les « devalkart », des engins à quatre roues, sans moteur, pensés pour dévaler les pentes verdoyantes - une activité aujourd’hui disparue - la station propose des balades en Fat bike (vélo à grosses roues), Gyropode (sorte de trottinette électrique), chiens de traîneaux (!) ou des initiations à l’Archery Tag (mariage du paintball et d’un arc). Dès la saison prochaine, une piste damée, spécialement dédiée à ces activités, leur sera réservée, annonce le maire de Laguiole Vincent Alazard.

Une diversification plus que nécessaire pour toutes les stations de basse et de moyenne montagne qui avec la hausse des températures souffrent d’un enneigement de plus en plus incertain. Au rythme actuel, les spécialistes estiment que les domaines skiables établis sous les 1 800 mètres n’existeront plus d’ici 10 à 20 ans.

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