Culture et Loisirs

Comme le printemps, le retour au jardin se fait attendre

  • Les jardiniers amateurs tardent un peu à reprendre les outils.
    Les jardiniers amateurs tardent un peu à reprendre les outils.
Publié le / Modifié le S'abonner
-- partages

Comme toutes les activités de plein air, le jardinage pâtit d’une météo capricieuse.

Y’a plus de saisons mon bon monsieur ! L’expression date un peu. Et pourtant, elle n’a sans doute jamais été autant d’actualité. On passe en 48 heures d’un misérable 8 °C en milieu d’après-midi à un 25 °C quasi estival au même moment de la journée, avant de retomber à un petit 11° le jour suivant.

« La nature, elle y comprend plus rien, se désespère Maurice Labro, jardinier inépuisable de 94 ans, qui passe encore des heures et des heures dans son potager livinhacois. On va de l’hiver à l’été, de l’été à l’hiver, et tout ça en quelques jours seulement. Comment voulez-vous que les plantes s’y retrouvent ? »

Le jardin, un plaisir

Ce genre de considérations « populaires » mises à part, le calendrier, lui, affiche clairement et depuis plus d’un mois ses couleurs printanières. Insuffisant pour booster les affaires des jardineries aveyronnaises. Si l’échantillon de professionnels du secteur que nous avons interrogé ne se veut pas représentatif de la réalité aveyronnaise, le constat semble apparaître presque aussi maussade que la météo.

« Le printemps frais et pluvieux a plombé l’habituel début de saison, relève le responsable d’une grosse enseigne ruthénoise. Depuis la mi-avril, ça va un peu mieux. L’activité est un peu repartie à la hausse, mais sans être terrible. À vrai dire, on a craint le pire. Mais bon, ça va passer, même si on a connu mieux. »

Le discours ne varie guère chez ce pépiniériste villefranchois, qui attend les (vrais) beaux jours avec impatience. « Un agriculteur, qu’il pleuve ou qu’il fasse soleil, il doit aller dans son champ. Un particulier, ce n’est pas la même chose. À part quelques passionnés, qui va donc aller dans son jardin sous des trombes d’eau ou pas un froid quasi hivernal ? Le jardin, c’est un plaisir. Et ce plaisir, il passe par le temps. Or, cette année, comme les années passées d’ailleurs, le temps n’est pas de notre côté. »

Chaque année, c’est pareil

Peu de discordance dans l’état des lieux dressé par la jeune responsable d’une jardinerie de Baraqueville spécialisée dans les fleurs. « Jusqu’à maintenant, c’est vraiment calme. Dès qu’un rayon de soleil perce, on sent que ça frémit. Mais ça reste timide. Et puis, on devine que les gens n’ont pas vraiment envie de jardiner. Il ne fait pas encore assez chaud, pas encore assez beau, pour que les activités du jardin s’imposent vraiment. »

On pourrait ainsi multiplier les commentaires des professionnels de ce secteur d’activités et retrouver, à quelques variantes près, le même regard posé sur une évidence : comme le printemps, le retour au jardin se fait attendre. Pour autant, pas de réelles inquiétudes sur la durée, comme le souligne un pépiniériste decazevillois. « Chaque année c’est pareil. Ça démarre tout doucement parce que la météo n’est pas de la partie et quand les éléments deviennent enfin favorables, c’est la cohue. Pourquoi 2018 dérogerait à ce qui est devenu une règle ? »

Réagir