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Jean-Marie Périer : « Je suis venu ici pour être peinard… »

  • « Il n’y a que deux choses pour sauver les villages, c’est la bouffe et la culture, et à Villeneuve on a les deux ».
    « Il n’y a que deux choses pour sauver les villages, c’est la bouffe et la culture, et à Villeneuve on a les deux ». - Centre Presse Aveyron
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Le verbe haut, direct et imagé, toute vérité étant, a priori, bonne à dire, Jean-Marie Périer n’est pas homme à enfermer ses convictions. Rencontre à Villeneuve, dans son village.

« Avec mon spectacle et mes expositions, je sillonne toute la France, et partout où je vais, je vois que tous les villages ou les petites villes se vident de leur intérieur ; aussi je me dis que Villeneuve a de la chance… »
Le verbe haut et direct, Jean-Marie Périer n’est pas homme à enfermer ses convictions au plus profond de ses poches. En évoquant ses pérégrinations, il songe très fort à la bastide du causse, son village - « celui où les gens ont accueilli le Parisien que j’étais ».
Et à qui il a offert, sans en attendre aucun retour en échange, ses clichés fétiches des années « Salut les copains » afin que la Maison de la photo, qui porte son nom, permette au petit chef-lieu de canton de rayonner bien au-delà des limites du Rouergue et du Quercy.

 

Faire entrer les gens dans Villeneuve
« On a cette chance incroyable que les gens de ma génération, comme les plus jeunes, aient la nostalgie des années 1960, car ceux qui viennent à la Maison de la photo ne se déplacent pas pour ma pomme, mais bien pour voir celles et ceux qui sont sur les clichés. Ils viennent à la rencontre de leur passé et leur jeunesse… »
Tout cela est bien gentil, jusqu’à un certain point s’entend. Car le photographe ne cache pas un certain agacement quant au manque, pour ne pas dire l’absence, de promotion de cet outil.
« Mettre des panneaux dans le bourg n’avait aucun sens, j’espère que bientôt ils seront placés bien en amont comme on me l’a promis. Car l’important est bien d’arrêter les occupants des véhicules qui passent sur l’axe Villefranche-Figeac. C’est la base de la pub, je le sais, j’en fais depuis 50 ans… Aujourd’hui, le faire savoir compte autant que le savoir-faire ». Ainsi, lui ne cache pas que son but essentiel est bien que les visiteurs potentiels entrent dans Villeneuve et… y restent. D’où le prolongement à la Maison de la photo qu’il a voulu donner avec la galerie du Causse de son ami Daniel Delpech.

 

« A Villefranche, des gens ne savent même pas que la Maison de la photo existe ! »
Reste des problèmes, qui pourraient ne pas en être mais qui polluent le quotidien de celui qui défend : « Tout ça prend un temps fou, alors que je suis venu ici pour être peinard… » Il tempête contre le fait qu’« à Villefranche, des gens ne savent même pas que la Maison de la photo existe ! »
S’il reconnaît qu’élus et techniciens tirent dans le bon sens pour avancer, Jean-Marie Périer n’en déplore pas moins des réunions à rallonges ne débouchant pas sur grand-chose. « Est-ce vraiment si compliqué de faire deux trous pour mettre deux panneaux, alors qu’à côté de la galerie du Causse un restaurant a été construit en deux mois ? On me répond : c’est l’administration… Elle a bon dos. Avec ce genre d’excuse, je comprends mieux pourquoi la France est ingouvernable. La saison a commencé le 1er mai. Si on n’incite pas fortement les gens à entrer dans ce village, ça se cassera la figure. Moi ça ne changera pas ma vie, mais pour Villeneuve ça sera regrettable ! »

Les carnets de Julie à domicile

Le carnet d’adresses de Jean-Marie Périer reste bien rempli. Pour preuve, les 16 et 17 mai prochain, les équipes de France 3 viendront entre Villeneuve et Salles-Courbatiers tourner un nouvel épisode gourmand des « Carnets de Julie. » Pour l’occasion, le photographe se mettra aux fourneaux afin de mitonner un poulet aux navets. Jeudi 17 mai, il sera sur le marché de Villefranche aux côtés de Julie Andrieu et le banquet final aura pour cadre les Jardins de la Mothe à Salles-Courbatiers. Une occasion de braquer (enfin) les projecteurs médiatiques sur l’Ouest Aveyron plutôt que sur l’Aubrac ou le viaduc de Millau.

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