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Cannes: des novices à l'écran pour être au plus près du réel

  • Pour son film "Amin", le rèalisateur Philippe Faucon a lui mélangé acteurs professionnels, moins connus et amateurs.
    Pour son film "Amin", le rèalisateur Philippe Faucon a lui mélangé acteurs professionnels, moins connus et amateurs. KENZO TRIBOUILLARD / AFP - KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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(AFP) - Des syndicalistes dans "En guerre", un vrai lépreux dans "Yomeddine" ou un délinquant sorti de prison dans "Shéhérazade": au Festival de Cannes, les têtes d'affiche ne sont pas toujours des stars, mais des novices recrutés après de longs castings.

(AFP) - Des syndicalistes dans "En guerre", un vrai lépreux dans "Yomeddine" ou un délinquant sorti de prison dans "Shéhérazade": au Festival de Cannes, les têtes d'affiche ne sont pas toujours des stars, mais des novices recrutés après de longs castings.


Dans "En guerre", en compétition mardi, "ceux qui jouent les représentants syndicaux sont pour la plupart des gens investis dans leurs syndicats", explique à l'AFP le réalisateur Stéphane Brizé. A l'exception de Vincent Lindon, aucun acteur professionnel n'apparaît. Un choix assumé au vu du sujet: un conflit social dans une usine, et un dispositif qui confère une force quasi-documentaire au film.

"Ils sont capables de faire quelque chose que quasiment aucun acteur professionnel ne saurait faire, mais pour autant ils ne sauraient pas faire ce que des acteurs professionnels savent faire", affirme-t-il.

Pour être au plus près du réel encore, certains cinéastes font appel à des non-professionnels issus de la diversité ou de communautés peu représentées.

Pour son "road movie" en Egypte entre un lépreux et un orphelin ("Yomeddine", en compétition), A.B. Shawky a eu la chance de tomber sur Rady Gamal, lépreux dans la vraie vie.

"Quand vous vivez dans une léproserie isolée, vous n'êtes pas habitué à ce que les gens vous regardent tout le temps et à être ensuite devant une caméra avec soixante personnes, les yeux braqués sur vous. Mais à la fin du tournage, il était la star", s'amuse le jeune réalisateur.

Pour sa love story entre deux gitanes, "Carmen y Lola" présentée mardi à la Quinzaine des Réalisateurs, l'Espagnole Arantxa Echevarria a mené un casting pendant six mois, dans la communauté gitane de Madrid.

"Il y a peu d'actrices et d'acteurs gitans car ils sont rarement poussés dans cette voie artistique", souligne-t-elle.

Pour "Amin", également présenté dans cette section, le Français Philippe Faucon a lui mélangé acteurs professionnels, moins connus et amateurs.

"Ce n'est pas simple de trouver des personnages qui viennent d'ailleurs, qui ne parlent pas forcément bien français", souligne le réalisateur, même si les agences de casting se sont ouvertes dans ce domaine, selon lui.

Choisir des acteurs non-professionnels est aussi une manière d'orienter le jeu.

"J'avais besoin d'acteurs qui soient presque des personnages de mon film", estime Jean-Bernard Marlin, réalisateur de "Shéhérazade" (Semaine de la critique). Après un casting de huit mois dans les foyers ou à la sortie des prisons à Marseille, il a trouvé Dylan Robert, un jeune repris de justice. S'en sont suivis deux mois d'apprentissage.

Certains ont en revanche hâte de retourner à leur anonymat. Adriano Tardiolo, 19 ans, le Lazzaro d'Alice Rohrwacher (en compétition) montre peu d'appétence pour ce métier: "Ce serait étrange s'il gagnait un prix d'interprétation. Je pense pas qu'il veuille être acteur, c'est plutôt pour lui une expérience", a confié la cinéaste à l'AFP, ravie d'avoir réussi à lui faire changer d'avis, après avoir dû faire des pieds et des mains.

Source : Relaxnews

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