À Castanet, la Chabraque déroule son savoir-faire pour les adolescents

  • Vendredi, les cavaliers préparaient le concours organisé à Villefranche.
    Vendredi, les cavaliers préparaient le concours organisé à Villefranche. CP / CP
Publié le / Mis à jour le S'abonner

Depuis une trentaine d’années, cette structure située à Sever accueille des jeunes en difficultés autour des métiers du cheval. 

Notre mission auprès des adolescents, c’est leur remettre le pied à l’étrier… » Sans mauvais jeu de mots forcément ; et pour cela, « ici, les éducateurs, ce sont les chevaux ». Ici, c’est la Chabraque (du nom d’une forme spécifique d’un tapis de selle), à Sever, un lieu-dit à un jet de crottin de Castanet. Sophie et Julien Ardon y dirigent, depuis vingt ans, deux structures d’accueil et de formation centrées sur les métiers du cheval.

Tout a commencé plus tôt, dans les années 1980. Marie-France et Patrick Ardon, Parisiens de souche et psychomotriciens de profession, cherchent un peu de nature loin de la vie stressante de la capitale. Ils finissent par s’installer dans ce coin du Ségala, par hasard. Et créent les séjours de rupture pour autistes et psychotiques. Le couple est ainsi précurseur dans ce type d’accueil ; durant une dizaine d’années, il partagera sa vie, à temps complet, avec des jeunes en difficultés.

Le hasard fait bien les choses, une nouvelle fois. Patrick Ardon achète un premier cheval. « Il n’y connaît rien mais il est très curieux, explique Julien, son fils. Du coup, il lit beaucoup de livres sur le sujet. Il s’aperçoit surtout que les jeunes évoluent de façon différente au contact d’un cheval. Enfin, avec mon frère et ma sœur, nous sommes également pris de passion par le fait de pouvoir monter. Il a donc cette idée de lancer un centre de formation aux métiers du cheval. »

« Un tiers des jeunes reste dans les métiers du cheval, un autre tiers trouve autre chose mais avec des bases qui lui permet de s’en sortir et le dernier tiers ne donne plus de nouvelles. Ou alors trente ans plus tard comme cela a été le cas récemment. Mais, peu importent les chiffres, l’important est d’accompagner au mieux ces jeunes. »

Rapidement, une seconde structure prend forme : l’école expérimentale de la Chabraque. Julien et Sophie, son épouse, en sont les directeurs. « Le but est l’insertion dans le monde professionnel du cheval de jeunes en difficultés sociales, familiales, ou scolaires », met en avant le duo.

Vingt jeunes, onze salariés

Pour ce projet pédagogique, vingt jeunes, âgés de 14 à 21 ans, sont reçus tous les ans. Autour des écuries, de la carrière et du nouveau manège, il existe ainsi quatre habitations dévolues à l’accueil. « Nous en avons sept dans notre maison et sept dans une autre où le couple est salarié. Ce sont tous des mineurs. Quant aux six autres, majeurs, ils sont répartis par trois dans des habitations, toujours dans le secteur, en semi-autonomie. »

Au fil des années, des travaux ont été réalisés afin de proposer aux jeunes un confort « familial », eux qui repartent voir leurs parents seulement à quatre reprises durant l’année. Car, une fois installés, ils ont un planning bien chargé : classes le matin (cours généraux et en hippologie) et apprentissage du cheval l’après-midi en semaine, le week-end est principalement consacré aux concours.

« Au début, les jeunes ont un tronc commun avec une formation préparant au certificat d’aptitude professionnelle agricole de palefrenier-soigneur. Ensuite, ils peuvent se spécialiser dans différents métiers comme groom équestre, moniteur, maréchal-ferrant... à travers des stages effectués dans toute la France. »

Onze personnes (professeur, personnel d’entretien, moniteur...) travaillent à la Chabraque, une structure qui ne pourrait pas fonctionner sans l’aide financière des conseils départementaux. « Comme toute institution accueillant des jeunes en difficultés, nous sommes en rapport avec les institutions d’où ils sont originaires. Il n’y a quasiment pas d’Aveyronnais car nous avons pris le parti de l’éloignement. » Avec, au bout, une finalité qui les conforte dans leurs missions.

Paulo Dos Santos et José Cadilhac  
Voir les commentaires
Réagir