Bosch : le diesel sombre dans un avenir de plus en plus sombre

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Joël Born

La cinquième réunion de négociation sur l’accord de transition a buté sur la gestion du compteur de jours RTT.

Représentants de la direction et de l’intersyndicale de l’usine Bosch d’Onet-le-Château se sont de nouveau assis, mercredi matin, à la table des négociations sur l’accord de transition devant couvrir la période 2018-2021. Une cinquième réunion sans réelles avancées significatives, les discussions ayant principalement buté sur la gestion du compteur de jours RTT. Trois nouvelles réunions sont prévues lundi, mardi et mercredi prochains.

Voitures électriques

Mardi, se tenait à Bercy, le deuxième comité stratégique de la filière automobile. En présence des patrons de Renault et Peugeot, Carlos Ghosn et Carlos Tavares. Autant dire qu’il fut surtout question de véhicules électriques. Gouvernement et constructeurs se sont, en effet, engagés à quintupler les ventes des véhicules électriques d’ici cinq ans, pour atteindre le seuil des 150 000 en 2022 ! L’objectif étant d’atteindre un parc de 600 000 véhicules électriques, auxquels doivent s’ajouter 400 000 véhicules hybrides.

En contrepartie, l’État a promis 100 000 bornes de recharge accessibles au public, d’ici 2022. Soit un ratio de dix bornes par véhicule. Au 1er janvier dernier, on en comptait un peu plus de 22 000. En Aveyron, difficile de savoir combien roulent de véhicules électriques. Par contre, le Syndicat intercommunal d’énergies du département de l’Aveyron (Sieda) nous apprend que 62 bornes accélérées seront opérationnelles d’ici fin mai en terre aveyronnaise, où l’on compte également trois bornes dites rapides à Baraqueville, Decazeville et Laissac. Le problème c’est qu’on n’y voit jamais grand monde...

"Des propositions inacceptables"

Lors de la dernière réunion de négociation, direction et syndicats sont parvenus à un accord de principe sur le financement de la partie résiduelle du chômage partiel : à savoir 50 % pour l’entreprise et 50 % pour les salariés, sachant que l’État financera en moyenne 62 % du coût global. Hier, représentants du personnel et de la direction ont commencé à discuter sur la gestion du compteur des 20 jours de RTT. Jusqu’à présent, la moitié de ces jours était directement gérée par la direction, laquelle souhaitait gérer, à sa guise, la totalité de ces jours. L’intersyndicale a rejeté cette proposition, proposant à son tour une répartition de 12 jours pour la direction, 8 jours pour les salariés. Refusant, à son tour, cette contre-proposition syndicale, la direction de Bosch a formulé une ultime proposition de 17 jours pour la direction, 3 pour les salariés. Une proposition jugée « inacceptable » par les porte-parole syndicaux.

Et le diesel dans tout ça ? Hélas, son avenir s’annonce de plus en plus sombre. Et lorsque l’un de nos confrères des Échos interroge le président de la plateforme automobile (PFA), Luc Chatel, sur la chute du marché du diesel et les difficultés des entreprises qui en souffrent, l’ancien ministre de l’Éducation nationale fournit des réponses qui peuvent laisser songeur : « Notre mission est d’anticiper toutes les mutations technologiques et leurs effets sur l’évolution des emplois et compétences... Les besoins ont évolué, il y a beaucoup de nouveaux métiers et nous allons travailler la formation continue et l’apprentissage par bassin d’emploi...» Ou bien encore : « Nous devons notamment aider les entreprises à potentiel à franchir une marche supplémentaire...» Certes... Pas vraiment de quoi rassurer, on l’aura compris, les salariés aveyronnais de la Bosch !

Ce vendredi à Paris, la CGT Métallurgie fera le point sur la situation dans la filière automobile en présence des militants de plusieurs entreprises, dont Yannick Anglarès et Rudy Martins. « L’avenir des usines Ford Blanquefort, Bosch Rodez, Delphi Blois ou bien encore la situation des salariés de GMD (ex GMS) sont plus que préoccupants. Cela pose la question de la stratégie des constructeurs automobiles », écrit le syndicat.

« Déconnectés »

« Si on en reste là, le site de Rodez est condamné, constate passablement amer, Yannick Anglarès. On se demande si le ministre Bruno le Maire, l’État et les constructeurs ne condamnent pas la filière automobile et ses 12 000 emplois. Ils sont complètement déconnectés alors que, pour nous, le diesel, et notamment le nouveau système mis au point par Bosch, fait partie des solutions d’avenir. »

Ce mercredi, les représentants syndicaux ont de nouveau alerté les élus. « La direction de Bosch France s’est engagée à maintenir l’emploi sur le site. J’en suis là », nous a déclaré le maire de Rodez et président de l’Agglo, Christian Teyssèdre, rappelant au passage que le dernier bulletin de Rodez Agglomération était justement consacré à l’avenir de l’usine.

Un élu qui doit s’entretenir ce mercredi avec le directeur du site castonétois de Bosch Olivier Pasquesoone.

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