Quilles de 8

Dans le secret du matériel des quilles de huit

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  • Philippe Mouysset (ici sous les couleurs de Sébazac, mais qui joue cette saison sous celles de Bozouls) fabrique entre 150 et 200 boules par année.  Archive JLB
    Philippe Mouysset (ici sous les couleurs de Sébazac, mais qui joue cette saison sous celles de Bozouls) fabrique entre 150 et 200 boules par année. Archive JLB PIXSPO - PIXSPO
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Du choix du bois au mode opératoire, zoom sur la fabrication des quilles et des boules.

Ne pas se fier aux apparences. Derrière leur aspect simpliste, les quilles et boules ont fait l’objet, depuis des décennies, d’une attention particulière de la part des personnes chargées d’assurer leur conception, dans une forme de processus de recherche et de développement ayant contribué, selon les intéressées, à l’élévation du niveau de jeu observé dans la discipline. Installé à Bozouls, Philippe Mouysset, référence départementale, seul fabricant disposant d’une boutique officielle, en est le parfait exemple, lui le charpentier de métier qui s’est lancé, en 2006, dans la production du matériel " quillistique " en reprenant l’activité de l’entreprise Combettes, à Entraygues-sur-Truyère.

" Il y a encore une quinzaine d’années, on utilisait beaucoup de hêtre pour les quilles, raconte-t-il. Par la suite, on s’est tourné vers le charme, qui offre l’avantage d’être plus dense et plus dur. De ce fait, les quilles répondent beaucoup mieux quand on tape. Aujourd’hui, on travaille également des bois exotiques, comme le massaranduba, avec lequel on fait des terrasses. Il est encore plus dense que les autres puisqu’avec lui, on est à plus d’une tonne au mètre cube. Les gens s’en servent surtout pour le jeu à vingt mètres. " Une caractéristique que l’on retrouve également dans le pao rosa, autre essence tropicale, sur laquelle Patrick Amat, installé à Capdenaguet (mais qui ne conçoit que des quilles, lui), a porté son choix, en plus des deux autres.

" Le problème est qu’il est plus cassant que le hêtre et le charme, et comme les quilles se prennent des chocs importants…, explique-t-il. J’utilise les trois bois en fonction de ce que le client préfère. C’est lui qui choisit. "

Filières spécifiques

Non traité, le matériau a besoin d’être sec pour éviter qu’il travaille par la suite et se fende. " On ne peut pas utiliser du bois tout vert mais l’hygrométrie reste importante. Son taux doit être de 15-20 % ", détaille Philippe Mouysset, qui a mis en place des filières spécifiques pour se fournir en matière première.

" Le charme est compliqué à trouver et aujourd’hui, je le fais venir du Jura. Là-bas, il pousse en altitude, au nord, et pas très vite, ce qui change sa nature et le rend très, très dur. Si l’on prend le hêtre, par exemple, celui qui aura été planté à Montauban sera totalement différent de celui qui aura été planté en montagne. La densité ne sera pas du tout la même ", dit-il, lui qui utilise la bille de pied des troncs (" Ce sont les trois premiers mètres, là où le bois présente la plus grande densité ") et, pour ce qui est des boules, achète des grumes de noyer à des agriculteurs du Lot et de la Dordogne. " Le noyer et le merisier, que je suis le seul à utiliser, avaient une grande valeur trente ans en arrière, ce qui n’est plus le cas maintenant ", précise-t-il.

Roulement à billes

Au-delà du choix des essences, les évolutions dans la fabrication des quilles et boules se situent dans le processus en lui-même. Pour ce qui est des quilles, le bois, qui se présente en plateau à la base, est débité en carrelets avant qu’un tour ne vienne lui donner la forme cylindrique finale.

" Il y a une longueur réglementaire, qui est de 60 centimètres pour les adultes et de 55 pour les écoles de quilles ", rappelle Patrick Amat, qui procède, comme Philippe Mouysset, en bout de chaîne, à une compression des quilles.

" On les passe dans des roulements à billes afin de les serrer et d’obtenir le niveau de dureté le plus important. Avant, les anciens, qui en avaient certaines qu’ils n’utilisaient que pour l’entraînement, pour ne pas abîmer celles avec lesquelles ils jouaient en compétition, les mettaient dans le foin, avec les vaches, pour qu’elles les lèchent et qu’elles durcissent ", indique celui qui produit également des boules, en grande majorité adaptées aux requêtes des joueurs. Trois diamètres sont ainsi proposés, chacun en deux modèles : allégé (le cube principal fait l’objet d’une injection de mousse pour concilier diamètre maximum et poids minimum) et traditionnel (le cube principal est plein et composé de différentes essences de bois). Des caractéristiques qui font grandement varier le poids puisqu’il se situe, pour une boule de 25,8 centimètres de diamètre, entre 3,5 et 4 kg pour la version " allégée ", et entre 4 et 4,5 kg pour l’autre. Pour les plus grosses (27,8 centimètres de diamètre), il peut aller de 4,5 à 5 kg pour la première et de 5,2 à 6,5 kg pour la seconde.

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