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Olivier Ferrand : "Ne pas laisser le Roc handball partir à vau-l’eau"

  • Olivier Ferrand : " Ne pas laisser le Roc partir à vau-l’eau "
    Olivier Ferrand : " Ne pas laisser le Roc partir à vau-l’eau "
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Ce week-end, Olivier Ferrand a vécu un samedi à part : ses derniers matches du Roc en tant que coprésident d’un club dirigé depuis 2006. Le 14 juin, lors d’une AG extraordinaire, ce personnage au franc-parler jamais démenti cédera les rênes. Mais à l’écouter, et à le lire, ça ne sera pas aussi simple. Par passion pour un Roc qu’il ne veut pas laisser entre de mauvaises mains. Entretien.

Quel sentiment domine à quelques jours de tourner officiellement la page ?
Alors ! (Il réfléchit) Disons que ce sera une page à demi tournée.

C’est-à-dire ?
On a annoncé notre départ (avec Jean-Louis Albouy, autre coprésident, NDLR) lors de l’AG en janvier. Maintenant, on attend qu’il se passe quelque chose. Le Roc est un club de cœur. On ne va pas le laisser partir à vau-l’eau.

Doit-on comprendre que vous doutez de la future AG extraordinaire ?
Il y a quelque chose en prévision mais sur une élection, tout peut se passer. Il peut y avoir d’autres projets. Moi, je n’en connais qu’un. Ceci dit, il peut y avoir des surprises. Rien n’est fermé. Mais à l’heure actuelle, je suis bien sortant (rires).

Existe-t-il une chance que vous repartiez pour un tour ?
Que je fasse encore partie du Roc, c’est possible. Là aussi, ce n’est pas fermé. Ce n’est pas parce que je me casse que je lâche tout. Ce club a évolué, un gros travail de fond a été fait ces dernières années, je ne veux pas le laisser capoter (sic). C’est pour les jeunes, leur avenir qu’on a accompli tout ça. Et je ne veux pas que ça tombe à l’eau sur un truc " à la con ". On a grandi vite mais bien. Gardons cette dynamique, ne rentrons pas dans une logique purement élitiste. Le Roc a toujours prôné le sport pour tous. Il doit continuer.

Évoquez-vous un projet qui vous inquiète ?
Je ne sais pas. C’est vous qui le déduisez. Un projet est connu et je voudrais qu’il aboutisse. Et si besoin, je l’ai déjà annoncé, je donnerai un coup de main. Je n’y ai aucun intérêt personnel. C’est pour le club.

Ce Roc, vous l’avez toujours autant à cœur. Pourquoi vouloir rendre votre tablier ?
Depuis six ans, nous sommes en binôme avec Jean-Louis (Albouy, NDLR) et nous avons trouvé une vraie complémentarité. On a créé quelque chose entre nous. Maintenant, lui est en partance pour des raisons professionnelles, d’ici un ou deux ans. Ça déséquilibre donc notre duo. Et je me suis dit qu’après douze ans, c’était peut-être le moment de laisser la nouvelle génération prendre le relais. Mais ça ne se bouscule pas au portillon (rires). Et si c’est pour un projet " tartempion " (sic), cela ne sert à rien que je prenne du recul. Quand j’ai repris le club, il y avait 50 000 € de dettes mais on a su rebondir sans aide de personne. Le réseau partenaires - qui est le " bébé " de Jean-Louis (Albouy, NDLR) - grossit chaque saison, l’ambiance y est conviviale, c’est énorme.

Vous évoquez l’aspect financier. Ces dernières saisons ont été compliquées avec une nouvelle dette. Cela vous a usé ?
C’est une épée de Damoclès qui est pesante. Tu te démènes pour trouver des aides, enfin un prêt à 0 % dans notre cas, et rien. Ça fout les boules, oui. Et ça te bouffe chaque jour. Mais tu es bien obligé de prendre le problème avec les tripes, quitte à passer pour le vilain petit canard. Cela a fonctionné.

Aujourd’hui, il ne reste " que " 17 000 € qui seront apurés au 30 juin.
Si vous ne deviez garder qu’une image de ces douze années... C’est compliqué ! Mais la plus forte, c’est de voir des gamins connus il y a dix ou douze ans mais toujours au club aujourd’hui. Je pense à Aurélien Simon, que j’avais fait venir en 2008 et qui est resté. C’est quelqu’un que j’apprécie vraiment, quelqu’un d’entier. Voir grandir les gens, c’est un peu comme dans une famille. Et pour cette raison, c’est dur de partir. Je suis un soldat moi, j’ai tout fait dans ce club. Comme beaucoup au Roc. Max, par exemple, à la buvette, qui est là depuis 30 ans. Ce sont les tripes qui parlent et c’est avec ces gens que tu avances.

Votre plus grand regret ?
Un recrutement il y a quelques années, avec des types comme Miloradovic. Mais on ne peut pas gagner à tous les coups. On apprend grâce à cela et on devient plus vigilant.

Cette saison, avec les garçons sur le podium de N2 et les filles qui y accèdent, vous convient-elle pour une dernière ?
Les garçons, je n’y aurais pas cru en début de saison si on m’avait demandé ; et j’aurais dit que ce serait compliqué pour les filles. Mais avec cette montée, c’est royal ! Il ne faut jamais oublier que ce sont les féminines, au départ, qui ont fait du Roc ce qu’il est. Maintenant, on doit travailler sur ce potentiel, comme sur celui des jeunes. Mais je mettrais bien un billet sur les filles dans l’avenir (sourire).

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