Millau

Nicolas Lefévère démissionne à son tour de la mairie de Millau

  • Nicolas Lefévère démissionne après quatre ans de mandat.
    Nicolas Lefévère démissionne après quatre ans de mandat.
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L’élu à l’environnement quittera ses fonctions la semaine prochaine.

C’est presque une suite logique. Nicolas Lefévère a annoncé samedi sa démission de son poste de conseiller municipal délégué à l’environnement, à la faveur d’une conférence de presse.

Son mandat, débuté en 2014 lors de la prise de fonctions de Christophe Saint-Pierre, n’a pas survécu au tollé provoqué par le conseil municipal du 24 mai. Séance au cours de laquelle la collectivité avait procédé à l’extinction de la créance de sa société Go Terroirs, placée en liquidation judiciaire en 2016.

" La meilleure solution "

À la fois grave et digne, Nicolas Lefévère a expliqué que cette démission, prise d’un commun accord avec le maire, s’était imposée à lui.

" C’était la meilleure solution étant donné le contexte, a évoqué celui qui remettra sa démission au maire au cours de la semaine prochaine. C’est une décision que j’ai prise mardi dernier. Cela fait suite à l’ouverture de la liquidation de mon entreprise il y a deux ans, ce revers personnel important que j’ai subi, puis le passage de cette délibération en conseil. "

Une séance à la suite de laquelle Nicolas Lefévère, soutenu par le maire, avait expliqué avoir renoncé à une partie de ses indemnités municipales (297 €) depuis deux ans. Un argument qui n’avait pas convaincu l’opposition. " Cette notion de compensation financière n’a pas été comprise, regrette l’élu à l’environnement. Pourtant, cet argent que je n’ai pas perçu a bien servi à la collectivité. Mais nous n’avons jamais parlé de remboursement. "

Mea culpa et fidélité envers le maire

Autre sujet sur lequel l’ancien président du SOM football est revenu, celui lié au fait qu’un certain nombre d’élus de la majorité n’aient pas été avisés, avant le conseil, que le recouvrement de créance de son ancienne société apparaîtrait dans la délibération. Un élément trouble qui a servi de justification à la deuxième adjointe, Sylvie Ayot, pour démissionner, vendredi. " Effectivement, nous n’étions pas entrés dans le détail de la délibération en conseil privé, confesse Nicolas Lefévère, qui reconnaît une erreur de transparence. Nous aurions dû le faire pour mieux anticiper et préparer le conseil à venir. "

" Je n’aurais pas dû prendre part au vote ", ajoute celui qui est désormais directeur d’une agence de services en ressources humaines. " Ce soir-là, la politique a pris le pas sur la raison ", déplore-t-il encore.

Avant d’évoquer une " forme de sacrifice " dans la démarche qui est la sienne de quitter le navire municipal. " Cette décision, c’est aussi celle de protéger le maire, de ne pas devenir un élément gênant, un caillou dans la chaussure. Je ne veux pas que mon cas personnel soit un frein. "

" Je n’ai pas à rougir "

" Le maire a eu une attitude de chef d’équipe dans tout ça, indique-t-il encore, comme pour faire part de sa loyauté intacte envers le premier édile. Ce n’est pas un politicien, c’est un homme qui fait de la politique. La pression est très forte de son côté aussi. Mais c’est un patron qui sait déléguer. J’ai personnellement eu la chance d’être à la tête d’une délégation passionnante. Je n’ai pas à rougir. Je pars pour de mauvaises raisons, mais il ne faudrait pas que cela jette un voile sur ce qui a été fait depuis le début du mandat. "

Et de citer quelques réalisations dont il a eu la charge. De la promenade de la confluence à la réfection du parc de la Victoire, en passant par la plage du Gourg de Bades, la vente du camping de Millau-plage ou la baisse du prix de l’eau...

" Pas des victoires personnelles ", tempère l’élu, persuadé que son cas personnel " ne fissurera pas l’unité " de la majorité municipale. L’avenir dira s’il a raison ou s’il a tort.

 

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