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Cancer du rein métastatique : l’ablation ne serait pas imparable

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En cas de cancer du rein métastatique, la néphrectomie est pratiquée en amont d’une thérapie ciblée. Cette ablation systématique de l’organe malade a été remise en cause au congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), ce 3 juin à Chicago.

Sur les 13 000 cancers du rein diagnostiqués chaque année en France, « 20% sont d’emblée métastatiques », souligne l’Association française d’Urologie (AFU). A ce stade, « le traitement de première intention consiste depuis 2005 en une néphrectomie suivie, dans un second temps, d’un traitement médicalpar Sunitinib*». Seuls les patients « trop fragiles pour subir une chirurgie » ne subissent pas cette ablation.

Mais selon le Pr Arnaud Méjean**, auteur de l’étude CARMENA***, présentée au congrès de l’ASCO, la pratique de cette néphrectomie ne serait pas indispensable. Son travail est le premier essai prospectif randomisé sur le sujet. Menée entre 2009 et 2017, l’étude a recruté 450 patients principalement suivis en France, mais aussi au Royaume-Uni et en Norvège. « Tous étaient diagnostiqués pour un cancer du rein à cellules claires, métastatiques. Leur état de santé permettait l’opération. »

La non-infériorité à l’épreuve

L’objectif était de savoir si « pour ces patients, un traitement par Sunitinib seul était ou non équivalent à l’approche traditionnelle associant la chirurgie et la thérapie ciblée », détaille le Pr Méjean. Cette méthode dite de non-infériorité permet de « vérifier que le choix de ne pas faire subir de chirurgie aux patients n’entraînait pour eux aucune perte de chance ».

Les patients ont donc été répartis en deux groupes : «  le premier, de 226 patients, a reçu le traitement habituel (chirurgie puis Sunitinib). Le second, de224 patients, était uniquement sous Sunitinib (aux mêmes dosages et sur la même durée). »

Et les résultats sont concluants : « sur un suivi médian de 50,9 mois, la survie médiane n’est pas inférieure dans le bras Sunitinib seul. »

« Les patients métastatiques, que l’on opérait systématiquement jusqu’à présent, peuvent être traités immédiatement par SUNITINIB sans qu’il soit nécessaire de les opérer préalablement », conclut le Pr Méjean.

* par Sunitinib, un inhibiteur de tyrosine kinase (SUTENT®), à raison de 50 mg pendant 4 semaines et 2 semaines off ».
**Responsable du Comité de Cancérologie de l’Association française d’Urologie, chef de service d’urologie à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP)
***Cancer, Rein, MEtastase, Néphrectomie, Antiangiogénique

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Source : Destination Santé

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