Agriculture

Les agriculteurs de l’Aveyron bloquent un dépôt de carburant à Toulouse

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La FDSEA et les Jeunes agriculteurs du département sont mobilisés pour faire plier le gouvernement sur la question de l’importation d’huile de palme pour produire des biocarburants.

Les agriculteurs aveyronnais sont au pied du dépôt de carburant de Lespinasse, au nord de Toulouse, depuis lundi matin. Le site fait parti des quatorze dépôts ciblés par la FNSEA et les Jeunes agriculteurs qui dénoncent l’importation d’huile de palme pour produire du biocarburant.

Une trentaine d’agriculteurs ont ainsi installé des bottes de paille, des engins agricoles pour interdire l’entrée ou la sortie des camions dans le dépôt. Arrivés dimanche soir, les agriculteurs se sont relayés, dans le calme, dans la nuit et attendent du renfort pour midi. Les manifestants sont venus de Haute-Garonne, du Tarn-et-Garonne, de l’Aveyron, du Tarn, de l’Aude et de l’Hérault.

« La France doit protéger ses paysans et son agriculture, exhortent les représentants de la FDSEA. Nous ne pouvons pas accepter des importations agricoles et alimentations qui ne respectent pas nos standards de production. » Les agriculteurs exigent ainsi que soit réintroduit dans la loi Alimentation, examinée cette semaine par les sénateurs, un amendement sur l’interdiction d’importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l’Union européenne, même à doses réduites.

D’autres motifs de mécontentements viennent s’ajouter à celui-ci : sur la période 2021-2027, le budget de la PAC pourrait être amputé de 10 à 15 %, selon le syndicat agricole et jusqu’à 25 % pour le volet qui concerne l’ICHN (Indemnité compensatoire de handicaps naturels). De nombreuses communes aveyronnaises bénéficient de cette indemnité ; les taxes sur le gasoil « non routier » ont bondi, représentants un surcoût pouvant aller jusqu’à 4 500 € par exploitation et par an. Le bras de fer entre les agriculteurs et l’état devrait donc se durcir dans les jours à venir. 

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