À Peyrusse-le-Roc, l’art a pris l’accent anglais

  • Une maison, une galerie.
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  • À Peyrusse-le-Roc, l’art a pris l’accent anglais
    À Peyrusse-le-Roc, l’art a pris l’accent anglais
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Ils sont Écossais, " originaires de Londres ", comme ils disent. Pour autant, Charlotte Hay et James Taylor ne sont pas avares dès lors qu’il s’agit de parler d’art et de culture. Et le couple ne fait pas que parler. Il agit. Et comme terrain d’action, c’est le village de Peyrusse-le-Roc qui a eu leur préférence. " Il peut être surprenant pour les gens d’ici de voir un couple d’Écossais investir à Peyrusse, glissent comme en s’excusant Charlotte et James. Mais tous ceux qui connaissent Peyrusse-le-Roc comprendront l’extraordinaire attrait que dégage cette région et pourquoi nous nous y sommes installés, alors même que nous vivons à quelques kilomètres de là depuis 12 ans ", donnent-ils comme explication à leur démarche.

Une maison ancienne riche d’histoires familiales

Leur démarche, elle tient dans l’aménagement d’une galerie d’art en plein cœur du village. La " Galerie Peyrusse ", comme elle a été simplement baptisée, est située au 10, rue Paul-Gleyrose. Une galerie sobrement installée dans une ancienne maison de village, tout en pierre. Elle se compose de quatre espaces d’exposition déclinés sur deux étages et demi.

Dans le projet de rénovation, conduit avec Bridget Sherdian, maître de conférences en recherche artistique à l’Université de Toulouse, les murs anciens et les planchers d’origine des deux espaces d’expo du premier étage ont été conservés.

" Nous avons fait en sorte de garder l’ambiance et la chaleur que dégage cette maison ancienne, expliquent Charlotte et James avec passion. Les traces des intempéries sur les couches de plâtre ont été préservées avec élégance, sachant que le bâtiment fut inoccupé pendant plus de 20 ans. La texture est unique et raconte vraiment l’histoire de la maison. "

La maison du 10, Paul-Gleyrose a été achetée par le couple écossais en décembre 2016. Comme tant d’autres propriétés de la région, plus anciennes encore, elle a appartenu à des Aveyronnais dont beaucoup sont partis trouver meilleure fortune dans le monde entier.

" Ce bâtiment résume l’histoire commune de la diaspora des habitants de l’Aveyron, quittant leur campagne pour trouver travail et emploi dans les grandes villes françaises et même bien au-delà ", soulignent Charlotte et James en connaisseurs de l’histoire locale. La " Galerie Peyrusse " a souhaité établir et rester en contact avec les membres de la famille Théron, anciens propriétaires de la maison, qui conservent un " grand intérêt " à voir ainsi revivre la demeure familiale.

Des anciens propriétaires qui ont permis aux nouveaux de garder et d’utiliser les objets de leurs ancêtres restés dans la maison. Et Charlotte Hay et James Taylor comptent bien mettre en valeur ces objets à travers une expo future qui aura pour thème " Objets, maison et mémoire ".

Dans cette perspective Charlotte a déjà beaucoup travaillé auprès de la population locale, avec une relation toute particulière avec deux des doyens du village, avec qui elle a pu échanger, enregistrer leurs témoignages et visionner des photographies d’époque.

Un constructeur, une architecte-paysagiste

Pour en revenir à nos deux Écossais de service, leurs parcours professionnel et personnel parlent pour eux. James Taylor est à la base un " constructeur ". Il a bâti notamment des boîtes de nuit et des studios d’enregistrement à Londres. Il s’est ensuite engagé dans l’amélioration de la vie des jeunes, en s’investissant dans des associations concernées par la prévention de la criminalité juvénile. Il a ainsi pris part à des formations pratiques sur le sujet, de Londres au Brésil, en passant par les États-Unis.

Aujourd’hui, il enseigne et soutient tous ceux qui souhaitent apprendre de nouvelles compétences artistiques. Son objectif est de " formuler et de superviser les ateliers basés à la " Galerie Peyrusse " dans la pratique de l’art et de l’artisanat d’art ".

Charlotte Hay est quant à elle architecte-paysagiste et designer de permaculture, formée en histoire de l’art et en développement communautaire. Elle s’intéresse aussi à la méditation. Son objectif est de devenir " conservatrice, chercheuse, commissaire, interprète, productrice et collaboratrice en œuvres d’art ". Elle travaille actuellement à l’organisation d’une conférence autour des artistes ambulants ayant pour cadre la " Galerie Peyrusse " et sa région, prévue pour l’automne 2019.

Tous les deux ainsi réunis ont donné une " mission " bien précise à l’association " Galerie Peyrusse " : " Créer des opportunités au sein d’une galerie physique et virtuelle dans le but d’encourager l’engagement concernant l’art et la culture ".

f.c.

Cayla François
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