Bosch

Le groupe prié par l’État de trouver de nouvelles activités

  • Jean-Pierre Floris lors de son arrivée à l’usine en compagnie de la préfète de l’Aveyron.
    Jean-Pierre Floris lors de son arrivée à l’usine en compagnie de la préfète de l’Aveyron. - Centre Presse
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L’entreprise a reçu, hier, la visite du « Monsieur Industrie » du gouvernement, Jean-Pierre Floris, à l’occasion de son premier forum de la diversification.

Lorsque Jean-Pierre Floris, le « Monsieur Industrie » du gouvernement est venu la première fois à Rodez, au mois de mars dernier, l’usine Bosch était socialement paralysée par un conflit opposant la direction aux représentants de l’intersyndicale.

Quelques semaines et de nombreuses réunions de négociations plus tard, la situation est moins tendue mais pas complètement apaisée. L’accord de transition, voulu par l’industriel pour engager la modernisation (14 M€ d’investissements) de l’une des deux lignes de fabrication d’injecteurs common rail, a été signé, le 4 juillet dernier, par les syndicats Sud, CFE-CGC et CFDT, mais la CGT a refusé de valider un document qu’elle juge insuffisant. Continuant à réclamer un « véritable projet industriel » garantissant l’avenir du site et ses quelque 1 600 emplois.

La nouvelle ligne d’injecteurs opérationnelle en 2019

Jean-Pierre Floris et la préfète de l’Aveyron, Catherine de La Robertie ont pris part, hier, au premier forum de la diversification. Ce forum, auquel étaient également conviés élus et partenaires sociaux, se poursuivra aujourd’hui et demain, avec l’ensemble du personnel de l’unité aveyronnaise.

« Il faut continuer à se battre sur le diesel qui n’est pas mort et trouver de nouvelles activités », a insisté le directeur de l’usine, Olivier Pasquesoone, non sans avoir préalablement souligné le « sens des responsabilités » des organisations syndicales signataires de l’accord de transition.

Un « accord primordial », selon le président de Bosch France, Heiko Carrié, ce dernier regrettant, une fois de plus l’effondrement du marché du diesel, qui « reste une motorisation de pointe », mais qui a chuté en France de 73 % à 40 %. Concrètement, la nouvelle ligne d’injecteurs common rail de technologie 2 000bars devrait être opérationnelle au deuxième trimestre 2019.

De l’avis même des dirigeants de Bosch, cela devient « urgent », afin de répondre aux attentes et nouvelles exigences des clients. De nouveaux marchés, dans les domaines de l’aéronautique, de l’automobile, de l’horlogerie et de l’hydrogène pourraient également voir le jour, dans les prochains mois. Plusieurs appels d’offres sont en cours mais le processus est long et la direction de Bosch ne souhaite pas s’étendre sur le sujet.

« Nous avons de nombreux atouts pour réussir ce défi. Des compétences fortes, la confiance du groupe Bosch à 200 % et le soutien du gouvernement », a expliqué Olivier Pasquesoone.

« Ces perspectives vont donner un nouveau souffle à l’usine », a corroboré Heiko Carrié, l’un comme l’autre soulignant l’accompagnement de l’État pour financer notamment le chômage partiel et le programme de formation.

Préserver l’emploi

« Notre objectif commun est de préserver l’emploi », a appuyé Jean-Pierre Floris. Et s’il se félicite de cette « phase constructive », le conseiller gouvernemental ne cache pas qu’il « va falloir trouver de nouvelles activités que celles initiées par Bosch d’ici fin 2021. »

Le « Monsieur Industrie » du gouvernement a été clair : « Les travaux de diversification sont très bien menés mais l’État aurait souhaité que Bosch amène plus d’activités traditionnelles du groupe. »

Sur ce point, Heiko Carrié ne veut pas susciter de faux espoirs : « L’Europe de l’Ouest est déjà en capacités suffisantes pour le diesel et l’essence. »

Le directeur de production du site ruthénois Patrick Meillaud est tout aussi catégorique : « Il n’y a pas de produits qui génèrent autant d’emplois que le diesel. La chute du marché du diesel est catastrophique pour l’industrie européenne. »

Dans tous les cas, un prochain point d’étape sur la diversification sera fait durant la deuxième quinzaine d’octobre. Tout le monde en convient. Le combat va être particulièrement long et difficile pour maintenir et pérenniser les quelque 300 à 350 emplois qui seront de trop après la modernisation d’une seule des deux lignes actuelles de fabrication d’injecteurs.
 

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