Social

Inquiétudes autour de l’emploi chez Raynal & Roquelaure

  • Le site capdenacois emploie 220 personnes.
    Le site capdenacois emploie 220 personnes.
Publié le / Modifié le S'abonner
-- partages

Le syndicat des cadres craint la délocalisation d’une trentaine de postes de Capdenac vers Paris.

Le monde de la conserve traverse actuellement son Pot-au-Noir ". Cette zone où aucun vent ne souffle est très connue des amateurs de voile qui font tout pour l’éviter au risque de ne plus avancer. C’est par cette formule empruntée aux marins que Mathieu Thomazeau, président de Raynal et Roquelaure et coprésident du groupe Cofigéo (Raynal et Roquelaure et Zapetti), a résumé la situation économique actuelle autour des plats cuisinés appertisés (conserves).

" Nous sommes tous inquiets ", a ajouté Mathieu Tomazeau pour répondre à l’inquiétude d’une partie des cadres de l’entreprise capdenacoise, révélée à travers le communiqué diffusé via le syndicat CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres). Ces derniers " tirent le signal d’alarme ", car leurs dirigeants ambitionnent, selon eux, " de délocaliser les services commerciaux et marketing, soit une trentaine d’emplois sur les 220 que compte l’entreprise. C’est ce qui est ressorti du comité d’entreprise du 13 juillet dernier ", indique la CFE-CGC.

" Rien n’a encore été décidé en ce sens ", répond pourtant le président Thomazeau joint hier au téléphone. Ce dernier rappelle au passage " que depuis 2012, le nombre de CDI dans l’entreprise a grimpé de 5 à 6 %. La préservation de l’emploi a Capdenac est et sera toujours notre priorité ", a également tenu à ajouter Mathieu Thomazeau.

Pour autant, les dirigeants concèdent volontiers " qu’il va falloir réfléchir tous ensemble à la meilleure manière de mutualiser les moyens du groupe pour continuer de le faire grandir. En ce sens, une réflexion doit être engagée très prochainement avec les différents partenaires sociaux de l’entreprise ", a aussi indiqué le coprésident du groupe.

Pour mémoire, le groupe Cofigéo s’est porté acquéreur du pôle plats cuisinés d’Agripole sous forme de location-gérance, suivie d’une confirmation d’achat soumise à l’avis de l’autorité de la concurrence. Le 14 juin, l’autorité de la concurrence a autorisé cette reprise, sous réserve de deux cessions ciblées (la marque Zapetti et un site de production) destinées à maintenir la concurrence dans ce secteur.

Le même jour, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, entendait faire usage de son pouvoir d’évocation, afin de statuer sur l’opération en cours au titre " des motifs d’intérêt général ", entre autres, le maintien de l’emploi. Sa décision motivée doit être connue dans un délai de 25 jours ouvrés, soit le 19 juillet (aujourd’hui). Décision qui peut, éventuellement, être conditionnée à la mise en œuvre effective d’engagements. " L’ambition -légitime- du groupe Cofigéo de devenir numéro un des plats cuisinés appertisés doit-elle passer par le sacrifice des salariés de Raynal et Roquelaure et Zapetti et des sites dédiés ", interroge le syndicat tout en continuant de se mobiliser avec les autres partenaires sociaux de l’entreprise, auprès des décideurs du territoire.

Réagir