Archéologie

Reprise des fouilles archéologiques à Roquemissou : « Un site exceptionnel »

  • Thomas Perrin devant la stratigraphie qui sera modelée cet après-midi.
    Thomas Perrin devant la stratigraphie qui sera modelée cet après-midi.
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Au fil des ans, ce site archéologique de Montrozier livre un peu plus son passé, mais n’en recèle pas moins de mystères.

Thomas Perrin, chargé de mission au CNRS, n’est jamais déçu quand il rouvre le chantier de fouilles archéologiques de Roquemissou, à Montrozier. Depuis le début du mois, il mène sa septième campagne de fouilles en Aveyron, ce qu’il n’avait pas forcément imaginé lors du premier coup de truelle en 2012. À tel point qu’aujourd’hui encore, il se veut prudent quant à l’avenir de ce site.

" Il a un potentiel énorme. On ne fouille là qu’une toute petite partie du site ", confie-t-il. Le postulat de départ, pour ce site, était de mettre en avant une période importante de la transition de " chasseurs-cueilleurs " à " paysans ". " Mais c’est bien plus complexe que cela ici. Roquemissou se présente comme un site de passage depuis près de 11 000 ans. Mais on a beaucoup de mal à savoir combien de temps sont restés ceux qui sont passés par là. Quinze jours, un an, cinq ans ? " détaille-t-il, en montrant une belle vertèbre d’aurochs. " Il y avait ici de beaux animaux sauvages, des gros " sourit-il. Petit à petit, les archéologues saisissent la vie qui régnait dans cette partie de la France à cette ère du néolithique.

Un document exceptionnel pour l’Aveyron

De même, si le site a subi l’usure du temps, la chute de blocs de falaises de cet abri naturel a préservé une stratigraphie bien lisible du site. " Un document exceptionnel pour l’Aveyron ! " s’enthousiasme le chercheur. Cette stratigraphie, vertigineuse, vous mène de 11000 avant JC à aujourd’hui. Elle sera confiée cet après-midi à Alain Dalis, plasticien spécialiste des moulages et fac-similés préhistoriques, qui a œuvré notamment sur la grotte de Chauvet. Cette sommité du genre procédera en effet à un moulage de cette coupe stratigraphique.

" Ce document qui servira ensuite de support pédagogique aussi bien aux nombreux enfants qui fréquentent le site que pour les passionnés d’archéologie et sera exposée au musée ", glisse Alain Soubrié, du musée archéologique, qui abrite déjà une collection des trouvailles des dernières années à Roquemissou. Le moulage, lui, devrait être présenté en 2020 au musée de Montrozier, à l’occasion d’une année qui s’annonce d’ors et déjà exceptionnelle pour ce site, avec l’organisation d’un colloque international.

En attendant, aujourd’hui, c’est la fête des fouilles archéologiques de Roquemissou. Un rendez-vous aussi prisé que détendu pour tous les amateurs du genre. Sur un site voué, quant à lui, à devenir un véritable attrait pour le département.

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