L’abbaye de Sylvanès, haut-lieu de culture et d’art

  • Un cadre exceptionnel pour les musiciens.              Photo Greg Alric
    Un cadre exceptionnel pour les musiciens. Photo Greg Alric
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Ce joyau de l’art cistercien accueille, chaque année, son festival de musiques sacrées et musiques du monde.

Joyau de l’architecture romane et de l’art cistercien, l’abbaye de Sylvanès est située dans un cadre naturel et patrimonial exceptionnel, au cœur d’une vallée boisée, dans l’extrême sud de l’Aveyron.

Près de 900 ans d’histoire

Les bâtiments à la sobriété architecturale représentative des abbayes cisterciennes attestent de l’établissement d’une communauté monastique fondée par Pons de l’Héras, un seigneur brigand de la région de Lodève, en 1136. L’abbaye perdure jusqu’en 1791 date où les derniers moines sont chassés. Une partie est alors détruite et revendue comme matériaux de construction et l’autre partie est utilisée comme bâtiments agricoles qui garderont cette fonction jusqu’en 1969.

Classée Monument Historique en 1854 par Prosper Mérimée lui-même, l’abbaye est rachetée en 1970 par la commune de Sylvanès, consciente de sa valeur patrimoniale. Celle-ci confie la gestion et la restauration des édifices à l’Association des Amis de l’abbaye de Sylvanès, fondée alors par le frère dominicain André Gouzes, un enfant du pays et l’actuel directeur Michel Wolkowitsky. Grâce à une forte mobilisation bénévole et de nombreuses aides, ils retissent les liens vivants de la spiritualité et de l’art, de la nature et de la culture. Aujourd’hui l’association ne compte pas moins de 1 600 adhérents à travers le monde entier.

Un patrimoine vivant

L’abbaye de Sylvanès c’est aussi son festival Musiques sacrées, Musiques du Monde, qui célèbre cet été sa 41e édition. Fondé en 1978, ce qui n’était qu’une simple animation pour attirer l’attention sur ce haut-lieu du patrimoine, est devenu l’un des rendez-vous incontournables de la région Occitanie. Dédiée à la musique liturgique occidentale, la programmation fait la part belle aux traditions du monde entier, mettant l’accent sur le dialogue des cultures et la création contemporaine. C’est à partir de 1986, que ces murs séculaires deviennent un véritable écrin pour la création musicale. Une trentaine d’œuvres ont été commandées dans le cadre du festival. Permettant de soutenir le travail de recherche et de création des artistes, mais aussi de faire évoluer positivement le regard des visiteurs sur l’art et la musique.

Le festival et les résidences de création sont un vecteur puissant de développement économique et social par la culture. Avec près de 50 000 visiteurs et festivaliers accueillis chaque année sur le site, l’abbaye de Sylvanès contribue largement à l’attractivité du territoire et a permis la création de commerces, de chambres d’hôtes, de gîtes et une activité hôtelière maintenue en basse saison. L’importance de ce Grand Site d’Occitanie, de son rayonnement, de ses activités et du travail de toute son équipe ont rendu possible la labellisation Centre culturel de rencontre, label national et européen, en 2015. Son projet s’articule autour de cinq grands axes : le patrimoine, la formation dans l’art vocal, la création et la diffusion musicale, l’éducation aux pratiques artistiques et le dialogue interculturel.

Dynamisme culturel

Ce projet signe la promesse d’une dynamisation et d’une pérennisation des activités déployées depuis 40 ans mais aussi une base solide pour la transmission culturelle et patrimoniale qui s’ancre sur le territoire.

Cet ancrage s’articule entre autre autour de la formation vocale et artistique et de l’accueil des publics scolaires, avec plus de 10 000 jeunes accueillis sur le site en dix ans. De nombreux projets sont élaborés en partenariats avec l’Éducation nationale, des associations et des intervenants professionnels. Témoins des différentes collaborations entre les secteurs public et privé, deux projets montrent le dynamisme de la structure et la volonté de rénover le site : les nouveaux vitraux du duo Jean-François Ferraton et Philippe Brissy réalisés cette année. Cet exemple s’inscrit dans la volonté de redonner une unité à l’ensemble des vitraux et de faire rentrer plus de lumière en restant dans l’esprit cistercien.

Sans l’investissement des collectivités publiques (de l’État par la Drac à la commune), de l’association et du mécénat, comme la Fondation du patrimoine qui a réussi à réunir près d’un quart des coûts des travaux, ces projets n’auraient pu avoir lieu.

Dans la continuité de cette dynamique de développement touristique et culturel, un nouveau projet d’extension sortira de terre en 2022. Il aura pour but de restituer les parties classées à une vocation de centre culturel avec la création d’un auditorium et la construction de nouveaux bâtiments plus fonctionnels en terme d’accueil touristique et d’espaces de travail pour répondre aux exigences d’un Centre culturel de rencontre.

Joel Born
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