Folklore

Le Festival du Rouergue va faire danser le département

  • Le Festival du Rouergue va faire danser le département
  • Les responsables d’un festival qui entend bien se renouveler et se moderniser.
    Les responsables d’un festival qui entend bien se renouveler et se moderniser.
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La manifestation culturelle et festive animera tout l’Aveyron du 7 au 12 août.

Vincent, Romain, Joël et les autres sont sur le pied de guerre. D’ici quelques jours, voire quelques heures, le " Festival du Rouergue, Cultures du Monde " ouvrira sa 63e édition. Jusqu’à cette année, la manifestation, bien connue des Aveyronnais, avait pour intitulé " Festival folklorique international du Rouergue " (FFIR). Le changement de nom n’a rien d’anodin. Il rejoint un changement de philosophie portée par la nouvelle équipe dirigeante, qui a eu la lourde charge de succéder à Alain Pichon, disparu voilà un peu plus d’un an, qui fut pendant plusieurs décennies " la " pierre angulaire du festival.

Comme le souligne Patrice Vidal, délégué culture et communication, dont le discours est cautionné par la plupart des membres du bureau dont le président Vincent Vergnes, " à la suite de la disparition d’Alain Pichon, alors que la succession était déjà très difficile à assumer, nous avons pris le temps de réfléchir à l’avenir. Nous avons donc décidé d’ouvrir le festival, de le moderniser.

" Le changement de nom est allé dans ce sens, tout comme la nouvelle charte graphique, le nouveau site internet. Même au niveau de la programmation, nous tablons désormais sur des aspects plus festifs, plus grand public, à l’image du groupe colombien invité cette année, qui revendique ni plus ni moins qu’un triple titre mondial dans le domaine de la salsa. "

Et Vincent Vergnes d’enfoncer le clou en insistant sur le fait que " le folklore a longtemps traîné une image vieillotte. Mais c’est de moins en moins vrai. En fait, les danses et les chants traditionnels, c’est quelque chose de très moderne. Il n’y a qu’à voir le succès rencontré par ce type de manifestations partout en France, sachant que le Festival du Rouergue est l’un des plus importants du pays, soutenu par le Cioff dont nous sommes membres (Conseil international des organisations de festivals de folklore et d’arts traditionnels, accrédité par l’Unesco, NDLR). On peut également souligner que 90 % des effectifs des groupes étrangers que nous recevons chaque année sont composés d’étudiants. Certes, c’est un peu moins le cas en France, mais quand même, le folklore ne rebute pas la jeunesse, loin de là, et on le constate tous les étés. "

400 artistes, 30 spectacles, 12 000 spectateurs

Au-delà de ces changements de cap, le Festival du Rouergue n’en demeure pas moins sur les bases qui ont fait son succès. Cet été encore, du 7 au 12 août, de Rodez à Pont-de-Salars, en passant par une vingtaine de villes du département (sans compter des incartades en Lozère et dans le Lot), la manifestation folklorique va attirer 12 000 spectateurs et mettre en scène 400 artistes qui composent 10 groupes représentant autant de pays, de la Colombie à Taiwan, de la Kalmoukie (Russie) au Mexique, de l’Afrique du Sud à la Bosnie-Herzégovine, de la Pologne au Togo, de la Roumanie au Nicaragua. Sans oublier les groupes folkloriques rouergats, Pastourelle, Escloupeto, Arvieunoise, Lous Oyolos, Cabrette du Haut Rouergue et Gantiereilo qui viennent compléter une partition pas toujours simple à mettre en musique.

Car si le festival mobilise environ 150 bénévoles sur sa durée, les chevilles ouvrières du bureau travaillent toute l’année à bâtir les fondations d’une édition. Contacts avec les villes d’accueil, contacts avec les groupes susceptibles de composer l’affiche, contacts avec les autres festivals afin de trouver des intérêts communs dans la présence d’un ensemble venu de très loin… Sans parler de la gestion des impondérables de (presque) dernière minute, quand un groupe annonce par exemple sa défection pour des raisons politiques, administratives, organisationnelles ou autres.

Il s’agit donc parfois de gérer l’ingérable pour toujours retomber sur ses pieds, avec un pas à droite, un pas à gauche. L’essence même de la danse, quoi…

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