Santé

Les tours de garde vont-ils devenir des tours dégradés en Aveyron ?

  • Le torchon brûle entre les médecins et l’ARS.
    Le torchon brûle entre les médecins et l’ARS. - Photo DDM
S'abonner Mis à jour le -- partages
Le syndicat départemental des médecins de garde n’est pas d’accord avec la nouvelle cartographie de l’ARS.

L’Agence régionale de santé (ARS) a semble-t-il allumé un nouveau foyer brûlant en Aveyron. Du côté du syndicat départemental des médecins de garde (MG12) cette fois-ci. Ce dernier est en effet tombé des nues, le 5 juillet dernier, en apprenant la nouvelle cartographie départementale des secteurs de garde. « Depuis deux ans, en lien avec l’ARS et avec les médecins généralistes libéraux de l’Aveyron, dont 90 % participent volontairement au système de garde, nous travaillons pour arriver à une carte découpée en neuf secteurs. Et subitement, l’ARS nous dévoile une carte avec sept secteurs, dont un immense autour de Rodez » relate le docteur Pechdo, président du MG12.

Un « immense » secteur autour de Rodez
 

Pour lui, au-delà de la surprise, c’est l’impossibilité de garantir les tours de garde qui est en jeu avec ce nouveau découpage. « Certains médecins pourraient se retrouver à plus d’une heure de leur cabinet. Les temps d’attente vont considérablement augmenter. Et dans ces conditions, il faudra gérer la démobilisation des médecins qui auront à assurer ces secteurs immenses ». Avec la création de cet immense secteur autour de Rodez, le risque de voir un accroissement de patients se diriger vers l’hôpital est également important.

Pour le syndicat MG 12, l’incompréhension et la colère sont d’autant plus grandes que « le service de garde fonctionne très bien aujourd’hui. Il n’y a pas de trou dans les tableaux. La démographie médicale est plutôt bonne. Nous voyons même de jeunes médecins s’installer en Aveyron ». Et de souligner : « Depuis 2010, nous avons fait des efforts considérables ». À cette époque-là, le département comptait... 27 secteurs de garde week-end et soirées et 23 secteurs de nuit. « Actuellement, nous sommes à 15 secteurs de week-end et soirée et 5 secteurs de nuit profondes, soit entre minuit et huit heures ». Le travail fourni ces dernières années par le syndicat MG 12 pour arriver à neuf secteurs a semble-t-il été mis à terre par l’ARS.

« Lorsque la nouvelle cartographie nous a été présentée, nous ne nous sommes engagés sur rien », commente le Dr Pechdo, qui n’imagine pas une minute devoir présenter ce nouveau schéma à ses confrères. Alors que trois semaines auparavant, tous étaient tombés d’accord sur le découpage à neuf secteurs.

« Nous ignorons les motivations de l’ARS dans cette décision. Mais il nous paraît inévitable d’alerter la population ainsi que les élus sur la situation qui se dessine », conclut le président de MG 12. Une nouvelle réunion devrait avoir le 20 août prochain avec l’ARS. Éteindra-t-elle le feu ?

Réagir