Environnement

À La recherche de l’écrevisse perdue

  • C’était en août 1993, les dernières prises de cette écrevisse d’un noir couleur ébène symbole des ruisseaux du pays.Photos archive
    C’était en août 1993, les dernières prises de cette écrevisse d’un noir couleur ébène symbole des ruisseaux du pays.Photos archive
  • Un des derniers ruisseaux du Pays villefranchois où l’écrevisseà pattes blanches a survécu.
    Un des derniers ruisseaux du Pays villefranchois où l’écrevisseà pattes blanches a survécu.
  • À La recherche de l’écrevisse perdue
    À La recherche de l’écrevisse perdue
  • À La recherche de l’écrevisse perdue
    À La recherche de l’écrevisse perdue
  • À La recherche de l’écrevisse perdue
    À La recherche de l’écrevisse perdue
  • À La recherche de l’écrevisse perdue
    À La recherche de l’écrevisse perdue
  • À La recherche de l’écrevisse perdue
    À La recherche de l’écrevisse perdue
  • À La recherche de l’écrevisse perdue
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    À La recherche de l’écrevisse perdue
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Où sont passés ces jours de 15 août synonymes d’ouverture, pour deux courtes semaines de la pêche aux écrevisses. C’était avant l’invasion des écrevisses de Louisiane. Une éternité.

La dernière fois que les " balances ", après avoir rejoint les eaux claires du ruisseau de Combe-Nègre, remontèrent quelques écrevisses " à pattes blanches ", mais aussi noires que l’ébène, c’était juste après le 15 août 1993. Vingt-cinq ans et un quart de siècle, pour faire simple. Une éternité, tant ces instants simples d’une traque, qui n’en était pas une, semblent perdus à tout jamais.

Pourtant, jusqu’au milieu des années 1970 et la terrible sécheresse de 1976, jumelée à la montée en puissance d’adjuvants chimiques dans les sols agricoles, ce petit crustacé proliférait dans les ruisseaux du Bas Rouergue.

Des " coins " secrets

Chacun y avait ses coins qu’il conservait aussi jalousement que ceux où chaque automne il dénichera de quoi s’offrir quelques fricassées de cèpes.

Pour certains, c’était l’Alzou depuis Boscau jusqu’au plus profond de ses gorges sous Brandonnet. De temps à autre, ils lui faisaient quelques infidélités en rampant jusqu’à l’Alzure, en prenant soin de poser les " balances ", ces filets tendus sur des cercles métalliques et ressemblant à s’y méprendre au symbole de la justice, dans de petits gourgs, les plus éloignés possible de la route. Pour cause de passage régulier de " képis bleus " réprobateurs.

D’autres tournaient résolument le dos à ce secteur pour filer vers la Serène de Saint-Salvadou, le Malpas, l’Algouse, le Lézert de la bastide… Tous y avaient leurs coins aussi attitrés que privilégiés avec laissez-passer pour traquer la " patte blanche ". Pour autant réglementée qu’elle fut, cette pêche tenait plus du ludique que de la technique pure.

Pour appât une tête de mouton découpée par le boucher, une gousse d’ail pour reparfumer le tout de temps à autre, voire une fiole de pastis (proscrite évidemment). Les morceaux accrochés aux " balances ", il suffisait de déposer celles-ci aux endroits idoines. Jamais très loin des racines ou des grosses pierres où l’écrevisse aimait à nicher. À l’ombre de préférence.

Des écrevisses à la maille

Mais qu’à cela ne tienne, si on scrutait dans les flots bruns quelques réticentes refusant de rejoindre le morceau de viande, délicatement, le plus jeune de la troupe tombait le pantalon, se faufilait dans le lit du ruisseau et agrippait la bestiole - en prenant garde de ne pas se faire pincer (d’où l’expression) - avant de lui faire rejoindre les profondeurs de la musette. Pas vu, pas pris. Puis il y avait cette " maille " de 9 centimètres que chacun se devait de respecter pour assurer le repeuplement. C’était sans penser aux pollutions agricoles, bien plus dévastatrices…

La disparition des autochtones

Après la grande sécheresse de 1976, les écrevisses ataviques dites " à pattes blanches " disparurent quasi complètement de l’Alzou. Progressivement, il en fut de même sur les autres ruisseaux. Comme un coup de massue. Jusqu’au tout début des années 1990, on en trouvait encore dans certains cours d’eau éloignés des zones de cultures, et donc de traitement phyto.

Mais depuis, hormis dans un seul petit ruisseau, affluent de la rive droite du Viaur, où jusqu’aux seuls débuts des années 2000 quelques spécimens furent entraperçus, c’est morne plaine. Sans que ce soit la quête du Graal, les ultimes pêcheurs ne gouttant guère les envahisseurs d’un genre nouveau que sont les écrevisses américaines, sorte d’Attila des ruisseaux se nourrissant de tout et dévastant tout sur leur passage, se désespèrent de recroiser ces crustacés d’ici dont l’origine remonte à la nuit des temps ou presque. Chaque année, lorsque le 15 août approche, une brise de nostalgie les traverse. En l’occurrence, on se dit qu’en matière de biodiversité, le temps ne fait rien à l’affaire.

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