Les centrales de l'Aveyron voient double avec les fortes chaleurs

  • Au cours du mois de juillet, les installations hydroélectriques du bassin Lot-Truyère ont produit plus de deux fois plus d'électricité que d'ordinaire.
    Au cours du mois de juillet, les installations hydroélectriques du bassin Lot-Truyère ont produit plus de deux fois plus d'électricité que d'ordinaire. PIXROD / PIXROD
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L’épisode de chaleur, à cheval entre fin juillet et début août (et qui se poursuit ces jours-ci), a généré une hausse de la demande d’électricité dans le département, dont les installations hydroélectriques ont été mises à contribution, comme l’explique Eric Ladegaillerie, nouveau directeur des installations hydrauliques Lot-Truyère depuis un mois et demi.

La canicule a-t-elle eu un impact sur la production des installations hydroélectriques du Nord-Aveyron ?

Cet été, elles ont davantage été sollicitées par rapport à d’autres, du fait de la conjonction de deux facteurs : tout d’abord, il a beaucoup plu en début d’année, les retenues étaient pleines et prêtes à fournir de l’énergie.
D’un autre côté, la canicule a généré un appel de puissance un peu plus important pour permettre aux climatiseurs, réfrigérateurs ou congélateurs, par exemple, de fonctionner davantage. La situation était plus problématique de 2003, avec un été très chaud... mais pas de réserve d’eau.
Une augmentation de 2 C° de la température génère un besoin de puissance de 1 000 mégawatts. Lors du récent épisode de canicule, nous avons eu 6 C° de plus pendant six jours, voire au-delà dans certains endroits.

De quel ordre a été cette augmentation de la production hydroélectrique ?

Au mois de juillet, dans le Nord-Aveyron, on a produit deux fois plus qu’une année normale, précisément 220 % de ce qu’on fait habituellement. Nous avons eu besoin de 3 000 mégawatts de plus. Les installations ont très bien joué leur rôle pendant la canicule.
À la fin du mois de juillet, on avait déjà produit autant que sur une année normale. Ces installations, dont certaines ont près de 80 ans, sont extrêmement flexibles. C’est une chance pour l’Aveyron.

Le fait de mettre en service les turbines plus qu’habituellement a-t-il généré une hausse visible de la hauteur globale des cours d’eau dans le département ?

Non. Le « turbinage » est souvent souterrain et, de plus, cette année, le soutien d’étiage (une démarche qui consiste à ajouter au débit naturel trop faible de la rivière un débit supplémentaire obtenu en déstockant l’eau de la retenue du barrage, NDLR) a été relativement faible car il y avait suffisamment d’eau dans les rivières.
Habituellement à cette saison, le niveau d’eau dans les rivières est dû au soutien d’étiage et par ailleurs, l’été est habituellement la période où l’on fait le moins de turbinages.

Centre Presse Aveyron
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