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« Le Viaduc de Millau affiche une excellente santé » : entretien avec son constructeur, Michel Virlogeux

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Si l’Anglais Norman Foster est l’architecte de l’ouvrage sud-aveyronnais, c’est Michel Virlogeux qui l’a construit. Après la tragédie de Gênes, l’ingénieur sarthois de 72 ans, toujours en activité, dresse un état des lieux de ce géant qui franchit la vallée du Tarn.

"Je mourrai avant lui ! "... C’est par cette formule en forme de clin d’œil que Michel Virlogeux lance le bulletin de santé du Viaduc de Millau, dont l’architecte est l’Anglais Sir Norman Foster mais que cet ingénieur des ponts et chaussées, âgé de 72 ans et originaire de la Sarthe, a construit.

Alors que l’ouvrage sud-aveyronnais soufflera ses quatorze bougies en décembre, le concepteur, qui compte plus de cent ponts à son actif (dont ceux de l’île de Ré, de Normandie, Chaban-Delmas à Bordeaux, Yavuz Sultan Selim sur le Bosphore à Istanbul, Vasco da Gama sur le Tage à Lisbonne), est très clair : " L’état de santé du Viaduc de Millau est absolument excellent. On a passé le stade du contrôle de comportement, qui a duré quatre ou cinq ans. Aujourd’hui, on est sur du suivi standard ".

Affecté par la tragédie de Gênes, Michel Virlogeux rappelle que, à l’instar des très grandes structures françaises, le Viaduc de Millau est " instrumenté ". " Il est surveillé en permanence par une batterie d’appareils de mesures car il nécessite un certain nombre de précautions, explique-t-il. Ces mesures quotidiennes donnent des valeurs complètes qui sont toutes enregistrées. En général, il ne se passe rien ! ". Et de préciser sur le sujet : " On ne peut pas tout garder mais, en revanche, on archive tous les enregistrements, quand il y a du vent et quand il fait très chaud. Cet ouvrage est vivant ! ".

" Pas de cancers du béton ! "

Se félicitant du fait que le géant sud-aveyronnais " ne se trouve pas dans une zone industrielle et ne baigne pas dans un climat marin " - il n’est pas " agressé " de ce fait par des éléments nocifs -, l’ingénieur note que " un rapport d’instrumentation " est rédigé tous les ans " pour appréhender précisément l’évolution de toutes les informations recueillies ". Il tire aussi un coup de chapeau à l’équipe technique présente sur le site qui est aux petits soins du 1er janvier au 31 décembre : " Il y a des gens qui passent tout leur temps dans les entrailles du viaduc. En plus de l’attention quotidienne, on procède, tous les trois ans, à une visite un peu plus “sérieuse”. Et, tous les cinq ou six ans, on programme une inspection détaillée, effectuée par des professionnels pointus ".

Si le Viaduc de Millau semble à l’abri de deux maladies baptisées par les techniciens " les cancers du béton " - " Toutes les précautions ont été prises et l’ouvrage n’est pas soumis à ce type de problème " -, Michel Virlogeux reconnaît que " les deux vrais ennemis sont la durabilité et la résis- tance à la corrosion ". Ce pont étant métallique, la peinture est scrupuleusement surveillée.

Chassant le terme de " fragilité ", il concède que " une attention toute particulière est portée aux déplacements du viaduc en cas de coup de vent ". Il conclut : " Ce n’est pas perceptible à l’œil nu mais l’ouvrage bouge. La deuxième surveillance majeure est d’ailleurs la dilatation quand il s’allonge et la flexion des piles, notamment les deux situées à chaque extrémité ".

Rui Dos Santos
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