Rodez : le convoyeur de drogue espagnol reste en prison

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Il est incarcéré depuis le 22 mai dernier et la découverte à bord de son camion de plus de 92 kg d'herbe de cannabis.

Né en Espagne en 1983, le routier présenté lundi devant le tribunal correctionnel de Rodez est incarcéré depuis le 22 mai dernier et la découverte, à bord de son camion, de 92,650 kg d’herbe de cannabis. C’est un chien renifleur des services des douanes qui a découvert la marchandise, cachée dans une caisse de bois au milieu de mobilier usagé.

À la barre et aidé d’une interprète, il expliquera avoir accepté de convoyer ce chargement à destination de la Hollande pour 4 000 € mais niera avoir eu connaissance du fait qu’il s’agissait de drogue. En revanche, il a reconnu avoir eu des doutes quant à la légalité de la marchandise, pensant tout au plus « travailler au noir » ou « transporter des marchandises volées ».

La veille de son interpellation, il rencontre en Espagne deux hommes (Pili et Robin) qui lui proposeront cette « course » ; ces derniers chargeront le camion et lui remettront un téléphone sur lequel ils devaient l’appeler à l’arrivée pour lui donner l’adresse de livraison. La livraison prendra fin le 22 mai en début d’après-midi à la barrière de péage de Millau.

« Son discours ne tient pas »

« Je reconnais les faits, a déclaré lundi le prévenu. Mais je ne savais pas que c’était un délit. Je n’ai pas reçu d’argent, je devais être payé à l’arrivée ». Son avocat mettra en évidence que son client n’a pas chargé lui-même le camion et en ignorait donc le contenu précis. Pour le représentant des douanes, « il ne faut pas se méprendre, il ne s’agit pas d’un simple passeur de stupéfiants. Ces deux personnes, si elles existent, c’est uniquement dans l’imagination du prévenu ».

En accord avec la position des douanes, le procureur de la République demandera à son encontre quatre années d’emprisonnement, la confiscation du véhicule, estimé à 35 000 € ainsi qu’une amende de 270 000 €, une somme correspondant à la valeur marchande de l’herbe de cannabis saisie. « Son discours ne tient pas, il ne pouvait pas ignorer ce qu’il y avait à l’intérieur du camion », affirmera-t-il.

L’avocat du routier évoquera l’erreur d’un homme « qui s’est égaré », au casier judiciaire vierge, une peine « disproportionnée » et un dossier dans lequel « on n’a pas eu envie » d’instruire suffisamment.

Après délibération, le tribunal le condamnera à une peine de 18 mois de prison avec maintient en détention, la confiscation du camion et une amende de 270 000 €.

Xavier Buisson
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