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L’effet matrice, une nouvelle façon de comprendre l’alimentation santé

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Protéines, lipides, glucides, vitamines, oligo-éléments… les aliments sont faits de nutriments. Ces derniers ne vivent pas leur vie chacun de leur côté mais agissent de concert. C’est ce que l’on appelle la matrice alimentaire. Une interaction qui peut modifier l’effet de ce que nous mangeons. Le sujet vient d’être abordé à travers l’exemple des produits laitiers lors de l’European Milk Forum de Madrid (Espagne). 

L’aliment, ce n’est pas qu’une addition de nutriments. Pour comprendre cette idée, prenons l’exemple du béta-carotène. On sait que lorsqu’il est apporté par l’alimentation, ce dernier présente un effet bénéfique. Mais lorsqu’il est considéré isolément (compléments alimentaires…) il peut avoir des effets délétères (risque de cancer accru chez les fumeurs et ex-fumeurs).

Les effets des nutriments sur la santé peuvent donc être différents quand ils sont combinés au sein de structures particulières que sont les matrices alimentaires.

Autre illustration faite lors de l’European Milk Forum : les produits laitiers. Leur apport en calcium n’est plus à démontrer. Et qui dit calcium, dit bonne santé osseuse. Mais alors, le gain de masse osseuse est-il le même si l’on consomme du calcium sous forme médicamenteuse ou via des produits laitiers ?

En recrutant 195 filles âgées de 10 à 12 ans, des chercheurs finlandais ont voulu répondre à la question. Sur 2 ans, certaines ont pris quotidiennement un supplément calcique (1g), d’autres du calcium (1g) + de la vitamine D, enfin certaines devaient consommer du fromage apportant l’équivalent d’1 g de calcium. Résultat, le fromage a entraîné un gain de masse osseuse supérieur au calcium médicamenteux. Pour les scientifiques, puisque les apports calciques sont identiques, c’est bien l’effet matrice – l’aliment pris dans sa globalité et sa complexité – qui explique les différences.

Vers une nouvelle approche nutritionnelle ?

Dernier exemple, celui des acides gras saturés contenus dans les produits laitiers. Ici, on serait tenté de croire que les yaourts et autres fromages (riches en acides gras) augmentent le risque de LDL cholestérol (le mauvais) et ainsi celui de maladies cardiovasculaires. Or il n’en est rien. Une récente méta-analyse a montré que la consommation de fromage diminue même de 10% le risque cardiovasculaire. La matrice modulerait ainsi la réponse aux acides gras saturés.

Vous l’aurez compris, les aliments ne sont pas qu’un simple empilement de nutriments. Présent lors du Forum, le Pr Jean-Michel Lecerf a ainsi rappelé que  « la façon dont les nutriments sont intriqués a un réel impact sur leur biodisponibilité. Par exemple, les yaourts et les fromages ont un effet plus bénéfique sur la santé osseuse, le poids corporel et la diminution du risque de maladies cardiovasculaires, que ne le serait la somme de leurs nutriments considérés isolément. »

La prise en compte de cette matrice pourrait en outre amener à revoir beaucoup de choses en matière de nutrition. A commencer par les recommandations officielles ou pourquoi pas l’étiquetage alimentaire que s’évertue à mettre en avant les nutriments un par un.

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Source : Destination Santé

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