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Conférence sur le suicide à Sainte-Marie : "En parler peut sauver des personnes"

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Le sujet du suicide n’est pas facile à aborder. Et c’est bien là le problème. « Car ne pas en parler peut tuer, et en parler peut sauver...» Celui qui lance cette phrase, aussi simple peut elle paraître, est le professeur Jean-Louis Terra. Psychiatre, professeur de psychiatrie à l’université Claude-Bernard de Lyon, il est un des grands spécialistes de la question en France. Il est intervenu récemment, à l’hôpital Sainte-Marie de Rodez, à la demande du Dr Rohmer. Un milieu psychiatrique qui connaît trop bien la problématique du décès par suicide.

4 % de suicides ont lieu pendant la période d’hospitalisation et 10 à 15 % dans les quatre semaines qui suivent l’hospitalisation. « Et ce qui se pratique ici, à Sainte-Marie, dans cet établissement impressionnant, est remarquable », relève-t-il.


« Un cadeau social que de poser la question sans trembler »

« Dans le département, nous devons faire face à deux tentatives de suicide par jour, relate pour sa part le Dr Rohmer. Pour chaque cas, la personne a un entretien avec un psychiatre. » Au travers notamment de l’UADO. Une unité d’accueil, de diagnostic et d’orientation qu’il dirige et qui fonctionne 24 heures sur 24. « Bien évaluer l’urgence suicidaire est primordial. Et pour cela, il faut poser clairement la question. Quand une personne parle de suicide, il ne faut pas lui dire : “Oublie cela et viens boire un coup”. Il faut prendre le temps de l’écouter et poser ouvertement la question sur le suicide, conseille le professeur Terra. C’est un cadeau social que de poser la question sans trembler ».

« Faire baisser la souffrance de ces personnes de quelques millimètres peut leur permettre de faire marche arrière », complète le Dr Rohmer. Et de faire part des nombreux courriers reçus par des patients qui avaient retrouvé goût à la vie. « Car le suicide n’est que le souhait de s’évader d’une vie de souffrance. »

Le sujet se veut riche, habillé encore de nombreuses zones d’interrogations. « Et le suicide diminue en France », fait remarquer le professeur Terra, dont l’intervention concerne aussi la prise en charge de l’entourage de la personne qui s’est suicidée et ceux qui découvrent la personne suicidée. « Mon but est d’essayer d’apporter quelques améliorations dans les différentes prises en charge. »

Cependant, le sujet reste tabou. « Effrayant », préfère dire le professeur Terra. Pour autant, ce dernier aime à parler de Syndicat d’initiative thérapeutique, d’agence d’avenir pour évoquer ceux qui prennent en charge les personnes en proie au suicide. Une manière de dire qu’il faut être avant tout à l’écoute...

Un comportement atypique en Aveyron

Pour le Dr Rohmer, le département recense environ 50 cas de suicide par an. Avec cette particularité-là, que ce sont les femmes qui passent le plus à l’acte. « C’est également le cas dans l’Ariège », détaille-t-il, sans pour autant avoir une explication sur cette raison-là.

De même, Midi-Pyrénées affichait un taux de suicide relativement faible par rapport à la moyenne nationale (le dernier rapport de l’observatoire en France, en 2014, faisait état de 8 825 suicides). Au fil du temps, une baisse du nombre de personnes suicidées a été enregistrée au niveau national, de l’ordre de 26 %. Mais en Midi-Pyrénées, la tendance, elle, n’a pas bougé. Il n’en demeure pas moins que la tendance globale est à la baisse, avec cependant une certaine constante, le suicide touchant le milieu carcéral, le milieu agricole et les personnes en proie à des problèmes avec l’alcool.

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