Fédérale 1

Rugby : Jeffrey Williams, la bonne pioche de Rodez ?

  • Du fait de son expérience, Jeffrey Williams est prêt à jouer le rôle de moteur au sein du groupe ruthénois : « J’ai trente ans, j’ai joué  au haut niveau, ce qui fait que j’ai confiance en moi ».
    Du fait de son expérience, Jeffrey Williams est prêt à jouer le rôle de moteur au sein du groupe ruthénois : « J’ai trente ans, j’ai joué au haut niveau, ce qui fait que j’ai confiance en moi ». - Jean-Louis Bories
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Pour son premier match avec Rodez, face à Saint-Sulpice-sur-Lèze, l’Anglais a inscrit un essai mais s’est surtout mis en évidence par son état d’esprit.

Dimanche, lors de cette rencontre face à Saint-Sulpice-sur-Lèze qu’Arnaud Vercruysse, l’entraîneur du SRA, a qualifiée de "non-match" de la part de son équipe, il fut l’un des rares Ruthénois à tirer son épingle du jeu et à attirer l’attention, en partie du fait de son physique, qui poussa à s’interroger sur l’identité de cette nouvelle tête. Car pour le reste, Jeffrey Williams, arrivé au club en début de semaine dernière, s’est parfaitement fondu dans le moule et a donné à de nombreuses reprises l’impression de faire partie de l’équipe depuis plusieurs saisons.

Recadrage après débordement

"J’aime être un meneur", déclara l’Anglais, ex-international de rugby à sept (de 2012 à 2015), à l’issue de ce match, avec la conviction de celui qui sait en quoi consiste précisément le rôle, comme il le démontra sur le terrain en donnant force conseils et consignes à ses partenaires et en n’hésitant pas à attraper deux d’entre eux, Bittor Aboitiz et Ugo Alonso, par le bras pour les exfiltrer manu militari d’un attroupement tendu devant les bancs de touche et les inviter avec fermeté à regagner leur poste et à se concentrer sur le jeu.

"Je connais Arnaud (Vercruysse, NDLR, qui l’avait déjà dirigé en 2011-2012, à Châteaurenard), ses méthodes de travail et la façon dont il veut que son équipe joue. Son message a été très clair. Il m’a donné un rôle précis, qui est d’encadrer les jeunes, même si le premier objectif qu’il m’a fixé est de marquer des essais", révéla l’ancien joueur de Bath, qui atteignit ce but après une vingtaine de minutes de jeu dimanche.

"Je suis très content de ça et du fait d’avoir pu jouer quatre-vingts minutes mais je suis un homme d’équipe. Je joue pour quelque chose qui dépasse ma simple personne. Le plus important n’est pas ma réussite mais celle de l’équipe", expliqua-t-il, indéniablement contrarié par la contre-performance face aux Saint-Sulpiçois.

"C’est dur à encaisser. On aurait dû l’emporter mais on a commis trop d’erreurs sur des choses simples et on n’a pas su concrétiser nos temps forts ; c’est frustrant. On n’a pas non plus su s’adapter aux conditions climatiques, contrairement à eux (les Haut-Garonnais), et, même si ce n’est pas une excuse, je n’ai jamais vu un arbitre prendre des décisions aussi bizarres", confia-t-il, avant de détailler : "On devait jouer, on voulait jouer, mais ils (les joueurs de l’USSS) nous en ont empêchés en bloquant la balle au sol, souvent de façon irrégulière. Il y a aussi ce second carton jaune contre nous (celui reçu par Tiatia à la 42e minute de jeu). Il peut être justifié mais en face, le mec, après être resté au sol les bras en croix pendant quelques secondes, s’est relevé et mis à rire. Je suis allé le voir et je lui ai dit : “Tu es un tricheur, pourquoi est-ce que tu fais ça ? Ce n’est pas l’esprit du rugby”. Ça, c’est ce qu’on voit au football, avec Ronaldo à la Juventus. Au rugby, tu ne fais pas ça."

"Beaucoup de points positifs"

Malgré le revers et les lacunes affichées par le SRA avant-hier, le Sud-Africain de naissance, qui s’est dit séduit par la ville de Rodez, "magnifique", et la gastronomie locale, "excellente", veut croire en des jours meilleurs, après avoir déjà posé un regard affûté sur le groupe qu’il vient de rejoindre.

"Il y a pas mal d’ajustements à faire rapidement. L’effectif est très jeune et doit encore grandir mais il y a beaucoup de points positifs. Les gars sont sérieux, veulent jouer, se battent, font des choses intéressantes, et j’ai vraiment été impressionné par leur état d’esprit", indiqua-t-il, avant de glisser, comme une preuve supplémentaire de son implication et de son intégration : "Je veux que les gens soient fiers de nous, qu’il y ait trois ou quatre mille personnes qui viennent au stade et qu’elles puissent voir du bon rugby".

 

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