Patrimoine

Aveyron : Flars, ancien fief de la noblesse de chevalerie

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À environ 3 km au nord de Rodez, sur la commune de Sébazac-Concourès, le site de Flars est établi à 600 m d’altitude sur un beau replat calcaire, qui offre des vues dégagées sur le château d’Onet et le manoir de Labro à l’est, et sur la ville de Rodez au sud.

La seigneurie de Flars, connue dès le XIIe siècle, s’est notamment développée par sa proximité avec la grande "draye", ce chemin de transhumance entre le Quercy et l’Aubrac. Ces déplacements de troupeaux entre deux terroirs complémentaires, sont connus depuis le Moyen âge. Les moines d’Aubrac sont les premiers à généraliser des mouvements de transhumance à longue distance : d’abord avec les causses du Rouergue (causse comtal et le domaine de la grange des Bourines), puis avec ceux du Quercy.

Les troupeaux originaires des hautes prairies du Rouergue descendaient vers les terres chaudes des causses pour l’hivernage. Ces déplacements permirent aux éleveurs d’augmenter leur cheptel de gros bétail sans avoir à créer de prairies artificielles aux dépens des cultures vivrières. C’est à la fin du Moyen âge, et jusqu’aux guerres de religions, que s’est accentué le phénomène, avec l’essor de l’élevage en relation avec l’augmentation de la consommation de viande de boucherie, et la croissance de l’artisanat de la laine et des cuirs.

Deux logis subsistent de nos jours à Flars, dont le plus ancien remonte aux alentours de l’an 1500. À cette époque, le territoire est en pleine période de reconstruction après la guerre de Cent ans. Les commanditaires de Flars sont certainement Antoine de Mancip et Marie de Saunhac, son épouse. Les Mancip sont issus d’une des plus illustres familles de la noblesse de chevalerie rouergate. Raymond de Mancip est le premier, en 1323, à rendre hommage au comte de Rodez du mas de Flars.

Canonnière et cheminées

Construit dans un calcaire aux nuances brunes qui affleure ici, près des marnes grises, l’édifice est de plan allongé, flanqué d’une tour. Celle-ci abrite l’escalier en vis et montre le caractère noble de la demeure, notamment par la présence d’un pigeonnier, apanage de la noblesse, logé dans sa partie haute. La canonnière, près de la tour, est aussi un élément défensif propre aux demeures seigneuriales. Enfin, une pierre sculptée aux armes de la famille de Mancip - d’azur à trois coquilles d’argent - identifie les anciens seigneurs. En remploi dans la maçonnerie de la tour, elle provient certainement de l’édifice antérieur, rappelant ainsi l’ancienneté et le prestige de la lignée, branche cadette des Mancip de Bournazel.

Le décor des façades tient seulement aux moulurations appliquées aux appuis, aux piédroits et aux larmiers des fenêtres à croisée et à demi-croisées.

A l’intérieur, l’aménagement est simple. Le rez-de-chaussée est dévolu aux pièces de service : la cave au nord, la cuisine au sud avec sa cheminée monumentale, et une remise ou un cellier à l’ouest dans la partie rectangulaire adossée au logis.

Même distribution à l’étage, où l’on trouve la salle et la chambre dans le corps principal et une souillarde à l’ouest. Seule la cheminée de la salle bénéficie d’un décor d’architecture aux moulurations complexes. L’aménagement intérieur peut paraître assez sommaire, mais le logis tel qu’il est conservé aujourd’hui, est sans doute proche de son état d’origine ; Le fait qu’il ait été délaissé, exploité comme "grenier", peut-être au profit du nouveau logis dès le XVIIe siècle, a sans doute évité qu’il subisse des remaniements.

Saisi en 1791

Pendant près de trois siècles, Flars reste aux mains de la famille Mancip puis, au XVIIe siècle, le domaine devient la propriété de la famille de Pestels. Camille de Pestels, marquise de Monclar est mentionnée comme "dame du lieu" en 1650 lorsque, avec son fils, François de Beaufort et de Cassanhes, marquis de Miramont du Caila, elle vend la seigneurie à François de Maynard. Trente ans plus tard, c’est pourtant un membre de la famille de Beaufort, Jacques Joseph de Cassanhes de Beaufort, résidant au château de Pestels, en Auvergne, qui vend le domaine aux dames religieuses de Notre-Dame de Rodez.

Puis Flars sera saisi comme bien national et vendu en 1791.

En 1817, la famille de Séguret est propriétaire du domaine qu’elle vient de racheter à l’ancien procureur Fualdès l’avant-veille de son mystérieux assassinat.

 

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