"Oublier mon père" : rentrée littéraire réussie pour l'Aveyronnais Manu Causse

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Autant vous le dire tout de suite. Si vous lisez "Oublier mon père", de Manu Causse, vous ne pourrez pas oublier Alexandre de sitôt. Cet enfant désormais seul avec sa mère depuis la mort de son père, qui s’est tué en se rendant à la Vasaloppet, mythique course de ski de fond en Suède. "J’ai tué mon père par les actions et mes pensées. Par la suite, comme il me le demandait si souvent, je suis très sage et gentil avec ma mère" : Alexandre se construit ainsi, sans cette figure paternelle, où plutôt avec le souvenir qu’il en a, qui le hante, qui le guide, et sous le joug d’une mère qui ne lui rend pas la vie facile et fait en sorte qu’il oublie son père.

Par le biais d’habiles flash-back avec la Suède, où Alexandre, devenu photographe, marche sur les traces de son père, le lecteur comprend petit à petit ce qui s’est noué chez cet enfant... et toutes les répercussions que cela peut avoir chez ce beau gosse d’Alexandre, introverti et maladroit avec les filles. "Mais sans être dans la souffrance ou le misérabilisme comme nous l’avons souhaité avec l’éditeur Denoël" explique Manu Causse.

Des pentes de ski de Brameloup à Saint-Geniez d’Olt

Et tout cela avec un soupçon de paysages aveyronnais. On fait d’ailleurs connaissance avec les personnages du roman di côté de… Saint-Geniez-d’Olt, et des pistes de Brameloup, où il prend son père en photo.

Comme son nom le laisse entendre, Manu Causse est Aveyronnais. Âgé de 45 ans, il est né à Paris, mais a grandi à Bozouls, avant de s’installer à Toulouse. Professeur de français, il a longtemps cherché la porte pour se lancer dans l’écriture. C’est un recueil de nouvelles, "Petit guide de transport à l’usage des trentenaires amoureux" qui lui a donné la clé. "Une auto fiction" sourit-il, puisqu’il s’est appliqué à lui-même les conseils de son premier recueil, à une époque où il voulait changer de vie.

Depuis, cela fait une quinzaine d’années, il ne cesse d’écrire. Pour la jeunesse, les adultes, la musique… Ce dernier roman, c’est à la faveur d’un séjour en Suède qu’il a vu le jour. "C’était un bel endroit, avec de belles couleurs, j’imaginais quelqu’un y vivre à temps partiel…" Et l’histoire s’est mise à glisser, à l’image de ces milliers de skieurs qui défient chaque année la mythique Vasaloppet. "Ce livre s’inscrit aussi dans un processus de deuil. J’ai perdu mon père il y a peu de temps, c’est aussi une façon de lui rendre hommage", raconte Manu Causse.

"Mais ce n’est absolument pas autobiographique", sourit-il, même si la voiture rouge de son père, la période dans le Gers, quelques scènes dans Rodez ou ce sud-ouest qu’il "aime beaucoup", ne manqueront pas de séduire plus encore les lecteurs qui connaissent ces régions-là.

Avec "Oublier mon père", Manu Causse fait une entrée remarquée dans cette rentrée littéraire. Une tendance pour lui ces derniers temps. Alors que ce roman pointe le bout de son nez dans plusieurs sélections de prix, le Bozoulais a entre autres reçu le prix Gulli en 2017 avec "Nos cœurs tordus", écrit avec Céline Vidal, s’est distingué avec "Le bonheur est un déchet toxique", voit son roman "La 2CV verte", traduit en cinq langues, en réflexion pour une adaptation à l’écran... Ça glisse donc pour Manu Causse. Et l’on n’est peut-être pas près de l’oublier lui aussi.

Manu Causse sera en dédicace à la Maison du livre, à Rodez, le 27 octobre dès 10 h 30.

Philippe Routhe
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