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Tennis : à Rodez aussi, on prend des mesures contre les paris sportifs suspects

  • Le tournoi de Rodez se termine ce week-end sur les courts de Vabre.
    Le tournoi de Rodez se termine ce week-end sur les courts de Vabre. JAT -
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Le tennis n’échappe pas aux dérives liées aux paris sportifs. Les tournois Future ne sont pas épargnés. L’encadrement de la compétition a donc évolué, avec notamment l’arrivée des accréditations.

C’est une petite cartonnette visible sur le torse, généralement portée par un cordon enfilé autour du cou : le badge d’accréditation. Ce n’est pas une révolution. Beaucoup d’événements, notamment sportifs, sont rompus à cette distinction à destination des organisateurs, des acteurs, des médias, des prestataires… Sauf qu’à Rodez, sur les courts couverts de Vabre qui abritent le 24e tournoi international de la ville cette semaine, c’est une première. Et ce n’est pas un hasard.

Obligation

"C’est une obligation de la délivrer à tous ceux qui ont une fonction dans le tournoi", éclaire Jean-Jacques Crognier. Car derrière l’objet en tant que tel, c’est tout un fonctionnement qui est encadré, contrôlé et “charté”. "Tous signent la charte d’accréditation", indique encore le directeur de l’épreuve qui a ainsi délivré environ 200 badges cette année. Une charte qui stipule notamment l’interdiction de l’utilisation de matériel électronique dans certaines situations lors du tournoi. Selon la fonction du bénéficiaire de l’accréditation, l’accès aux différents secteurs de l’installation est aussi conditionné. "Par exemple, seuls les joueurs le médecin, les kinés et le directeur du tournoi sont autorisés à entrer dans la “salle joueurs”, comme en témoignent les pictos sur leurs badges", explique Crognier. Et ce n’est pas simplement pour se mettre à la page que le tournoi ruthénois s’y est mis.

Une charte d’accréditation face  aux dérives des paris sportifs
Une charte d’accréditation face aux dérives des paris sportifs - JAT

"Ce sera une obligation pour tout le monde à partir du 1er janvier, ça l’a aussi été pour nous." Avec forcément les dérives des paris sportifs en toile de fond. "Aujourd’hui, on peut parier sur tout en tennis, rappelle Jean-Jacques Crognier. Un service dans le filet, deux retours gagnants consécutifs, un ace… Tout se fait dans la seconde." Ce qui facilite potentiellement la tricherie. L’actualité mondiale en témoigne d’ailleurs avec notamment il y a quelques jours l’affaire des jumeaux ukrainiens Alekseenko (1113e et 1724e mondiaux) qui ont été suspendus à vie par la Tennis Integrity Unit pour avoir parié sur des matches de tournois ITF disputés entre juin 2015 et janvier 2016 en Roumanie, Russie, Allemagne et Turquie.

Contrôleurs

"Il y a cinq ou six ans, un Roumain avait été envoyé chez nous par l’ITF pour contrôler si tout était normal", se remémore l'organisateur qui n’a "jamais rien vu" ou "eu vent de comportements suspects" à Vabre. Pas de quoi pour autant être certain que la préfecture est à 100 % et durablement épargnée. Le business est tant lucratif. "Les paris sportifs ont généré 120 M€ cette année à Roland-Garros !", corrobore le boss du tournoi ruthénois. D’où l’intérêt de ces nouvelles accréditations.

A.P.
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