"Patrimoine", une cuvée de marcillac tout droit venue du passé...

  • Un marcillac ressurgi du passé
    Un marcillac ressurgi du passé
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“Il fait du vin avec de l’argent, mais il ne fera pas de l’argent avec son vin". Cette phrase, ils l’entendent résonner. Mais de moins en moins.

Chaque vin renferme une histoire. Plus elle est belle, plus elle semble se révéler d’abord dans le verre, puis dans le palais. Le dernier venu des marcillac est à ranger dans cette catégorie. Parce que, certes, le "jeune" domaine du Mioula, cher à Philippe Angles et à son père Bernard, c’est déjà tout une histoire. Mais surtout parce que "Patrimoine" écrit une nouvelle page du marcillac.

Ce vin est issu d’une vigne de Fer servadou de la fin du XIXe siècle dénichée dans une parcelle acquise à proximité de la cascade de Laroque, à Saint-Austremoine. Une vigne qui n’a pas connu ce phylloxera qui ravagea le vallon de marcillac. Et pour laquelle les Angles se sont lancés dans une sélection massale, afin de replanter des pieds issus de cette vigne préphylloxérique.

La vendange de 2017 constitue la première mise en bouteille. Un goût inconnu, ou presque, du marcillac est prêt à agiter les papilles. "Normal, ceux qui ont bu ce vin ne sont plus là…", sourit Bernard Angles. "Il a la typicité du marcillac, il est travaillé avec des techniques modernes, et l’on ne retrouve pas la petite acidité que l’on peut trouver dans les rougiers, mais pas dans les sols argilo-calcaires qui font la spécificité de ces coteaux autour de Saint-Austremoine", détaille Philippe Angles.

"La première fois que je l’ai découvert, sans savoir ce qui se cachait derrière cette bouteille, j’ai lancé : ce vin ne renie pas ses origines". Pierre Bonnefous, caviste ruthénois qui aura le privilège d’être le seul à vendre les 800 bouteilles du millésime 2017 ne pouvait pas faire plus plaisir à Philippe Angles. Ce dernier marque de son empreinte ce domaine acquis et bâti par son père, qui a fait fortune dans le domaine de la communication.

Un marcillac ressurgi du passé
Un marcillac ressurgi du passé

De 600 pieds de vignes à 5 hectares

Résidant une bonne partie de son temps à Paris, il ne cache pas une certaine fierté au moment de faire découvrir le domaine aux visiteurs d’un jour. "Parce que cela n’a pas été facile. On nous a souvent mis des bâtons dans les roues… Vous pouvez le dire", lance-t-il, racontant comment son père a dû œuvrer pour faire passer ce domaine, de 600 pieds de vigne à la fin des années 90 à près de 5 hectares aujourd’hui. "Il fait du vin avec de l’argent mais il ne fera pas de l’argent avec son vin". Cette phrase, ils l’entendent encore résonner dans le vallon. Mais de moins en moins. Car quoi que l’on en dise, le domaine du Mioula apporte sa pierre à l’édifice "marcillac". Chez les Angles, où les propos sont souvent plus saillants que tout en rondeurs, où l’on a pris l’habitude de vivre en disant ce que l’on pense, on est fiers de ses vins. "Premier vin en 2002, notre Mioula a été coup de cœur du guide Hachette en 2003, on ne pouvait pas mieux commencer", rigole Bernard Angles. Sur leur site, ils n’hésitant pas à afficher "Les chais d’œuvre" : les rouges mioula, terre d’Angles, les blancs Terres blanches et Terres d’or. Et maintenant, donc, "Patrimoine".

Pour cette cuvée, Philippe Angles, en professionnel de la communication qu’il est, a souhaité tout réfléchir de A à Z. Le nom "Patrimoine". "Il s’est imposé comme une évidence". L’étiquette ? "Avec dessus la croix qui fait face à l’église de Saint-Austremoine, ou je me suis marié où l’on a baptisé nos enfants. Une croix devant laquelle j’aime bien m’arrêter". La contre-étiquette ? "Elle reprend un texte qui accompagne la présentation de cette croix sculptée. Il y est notamment écrit qu’elle témoigne de son attachement au pays, de ses convictions comme de ses interrogations, de son engagement…" Le prix ? "Entre vingt et trente euros".

Développer le rosé

Et Philippe Angles de se montrer très à l’aise, voire convaincant, quand d’autres s’étoufferaient devant ce prix. "D’une part c’est un travail important qui est réalisé, même s’il se fait à perte. Et puis, surtout, j’ai confiance en marcillac. Pourquoi n’aurait-il pas droit, pour certaine cuvée, de s’afficher au même prix que d’autres vins du sud-ouest ? Quand nous avons vendu notre premier vin à 100 francs, on a crié au scandale. Aujourd’hui, beaucoup ont emboîté le pas." Les marcillac franchissant la barre des 14,50 euros ne sont en effet plus exceptionnels.

"Le dernier lion" du domaine Laurens à Clairvaux, avec sa belle étiquette gaufrée, qui présente la particularité d’être élevé en jarre de terre cuite pendant 12 mois, est vendu 27,50 euros. Ce n’est qu’un exemple. "C’est bien ce qu’il se passe. Il faut que cela bouge. Ce que fait Laurens, il essaye, ça marche, c’est super", lance Philippe Angles.

Pour autant, il n’envisage pas de faire grossir la fabrication de "Patrimoine". Il a une autre idée. Dans la cave, qui est la partie la plus ancienne de la maison, à proximité des cuves dans lesquelles fermentent les raisins, ou près des tonneaux dans lesquels reposent les blancs, une envie ne le lâche pas : faire du rosé de marcillac un vin à part entière. Le style d’idée qui n’est pas du genre à être abandonnée dans un coin Surtout chez les Angles.

 

JDM
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