Nathalie Léger et Bertrand Schefer lauréats du Prix Wepler

  • La romancière Nathalie Léger a reçu le prix Wepler-Fondation La Poste pour "La robe blanche"
    La romancière Nathalie Léger a reçu le prix Wepler-Fondation La Poste pour "La robe blanche" JOEL SAGET / AFP / JOEL SAGET / AFP
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(AFP) - La romancière Nathalie Léger et l'écrivain Bertrand Schefer ont reçu respectivement lundi le prix Wepler-Fondation La Poste et la mention spéciale du jury Wepler pour "La robe blanche" et "Série noire", deux livres édités chez P.O.L.

Les prix dotés de 10.000 et 3.000 euros seront remis aux deux lauréats en soirée dans la célèbre brasserie éponyme de la Place Clichy à Paris.

A leur manière, les deux romans primés relatent deux faits divers. "La robe blanche", troisième roman de Nathalie Léger, revient sur le calvaire de l'artiste italienne Pippa Bacca (pseudonyme de Giuseppina Pasqualino) qui, en mars 2008, a cherché à traverser les pays en guerre en robe de mariée.

Partie de Milan, l'artiste souhaitait se rendre à Jérusalem via les pays de l'ex-Yougoslavie, la Bulgarie, la Turquie, la Syrie, la Jordanie et le Liban.

Son voyage s'est brutalement arrêté moins d'un mois après son départ. Le 31 mars 2008, elle est violée et assassinée en Turquie. Elle avait 33 ans.

"Ce n'est pas la grâce ou la bêtise de son intention qui m'a intéressée, c'est qu'elle ait voulu, par son geste, réparer quelque chose de démesuré et qu'elle n'y soit pas arrivée", explique la romancière qui dirige par ailleurs l'Imec (Institut Mémoires de l'édition contemporaine).

Une robe blanche suffit-elle à racheter les souffrances du monde? Sans doute pas plus que les mots ne peuvent rendre justice à une mère en larmes, répond Nathalie Léger. Car dans ce texte à l'écriture ciselée et bercée de mélancolie la narratrice mêle l'histoire de Pippa Bacca à celle de sa mère humiliée par un divorce à ses dépens.

Il faut écouter ce que dit la mère: "la violence est une, petite ou grande, quelles qu'en soient les formes" et il faut "se battre pour la dénoncer".

Dans "Série noire", son quatrième roman, Bertrand Schefer revient quant à lui sur l'enlèvement d'Éric Peugeot, 4 ans, héritier de la famille Peugeot, au début des années 60.

Cet enlèvement, le premier du genre en France, suivait à la lettre le synopsis d'un roman de la mythique Série noire intitulé "Rapt", roman américain de Lionel White, lui-même inspiré de l'enlèvement du jeune Lindbergh.

Cinéaste, Bertrand Schefer nous rappelle que Jean-Luc Godard s'inspirera d'un autre roman de Lionel White pour écrire Pierrot le fou.

Le roman, superbement construit, constitue un subtil jeu de miroirs. Schefer tourne autour de son sujet tissant petit à petit une toile aux multiples correspondances. Le livre achevé, on a juste envie de le recommencer.

Créé en 1998 à l'initiative de la libraire Marie-Rose Guarniéri, gérante de la librairie parisienne des Abbesses et soutenu par la brasserie Wepler et la Fondation La Poste, le prix a vocation à promouvoir des "œuvres innovantes de la rentrée littéraire".

Le prix fonctionne avec un jury renouvelé chaque année dont, en 2018, un journaliste de l'AFP.

Relaxnews
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