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Saint-Affrique : il nie les viols dont l’accusent sa compagne et une jeune fille

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    Il nie les viols dont l’accusent sa compagne et une jeune fille JAT / JAT
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Pour cette deuxième semaine de la session de cour d’assises de l’Aveyron, deux affaires de viol sont inscrites au rôle. Le procès de la première, dont les faits se sont déroulés à Saint-Affrique s’est ouvert hier matin.

Depuis hier matin et pour trois jours, les jurés de la cour d’assises de l’Aveyron sont occupés par une affaire de viol. Dans le box des accusés, se trouve José Rodriguez, dit Pépito. Un surnom joyeux qui ne lui va pas.

La cinquantaine, le crâne dégarni, avec des cheveux noirs retombant sur sa nuque et un bouc assombrissant un visage déjà sévère, il nie les viols qui lui sont reprochés par deux femmes. Et pour lesquels il encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle. Elles sont toutes les deux parties civiles dans ce dossier.

Alcool, Subutex et drogues dures

Il s’agit en premier lieu d’une adolescente, habitant un quartier de Saint-Affrique. Les faits de viol se seraient produits le 14 octobre 2015 dans une cave de l’immeuble dans lequel résidait l’accusé. Elle a porté plainte contre lui trois semaines après.

L’autre personne qui l’accuse est la compagne de José Rodriguez. Avec laquelle il a eu trois filles au cours de leurs douze années de vie commune. Des crimes que cette dernière a révélés au cours de l’instruction de ce premier dossier de viol. "La crainte qu’il ne la jette dans la rivière" si elle décidait de le quitter l’aurait jusque-là obligée à se taire. Elle accuse son compagnon de relations forcées au cours de leurs deux dernières années de couple. Une période durant laquelle ils ont eu leur dernière petite fille. Ces viols, elle n’en a pas parlé lorsqu’elle a été entendue dans l’affaire accusant son compagnon de viol sur la jeune fille. Mais s’est livrée sur ce sujet lorsque celui-ci a été placé en détention provisoire.

Ces crimes, José Rodriguez les nie en bloc. Selon lui, la jeune fille, qu’il ne connaît pas vraiment, se venge parce qu’il n’a pas voulu aller lui acheter de la drogue comme elle le souhaitait. "Elle m’a dit qu’elle me le ferait payer", explique-t-il aux jurés. Quant à sa compagne, elle "a trouvé quelqu’un d’autre" et veut le quitter.

Le traumatisme du placement en foyer

Reste que la vie de cet homme est aussi sombre que sa mine. Très vite les jurés ont compris, hier matin, qu’ils avaient face à eux un homme à l’existence désarticulée par la consommation d’alcool et de drogues dures, entraînant tous les problèmes qui vont avec. Violence, prison, vie en foyer, expulsion de logement…

José Rodriguez est père de sept enfants, qu’il a eu avec trois compagnes différentes. Dont trois avec sa dernière compagne. Très tôt, sur cette île de Thau, à Sète, où il a grandi, la vie de José Rodriguez a emprunté des chemins noueux. À trois ans, son père a quitté le foyer et abandonné une mère qui, au final, élèvera seule ses dix enfants, dans un quartier compliqué de l’Île singulière. Mais surtout, à sept ans, à la sortie de l’école, on est venu le chercher pour le placer en foyer d’urgence. À la seule évocation de ce fait, ce quinquagénaire vacille à la barre. Les différents psychologues remarquent tous ce traumatisme.

"Je ne comprends pas"

Le sourire, José Rodriguez l’a retrouvé, hier, en apercevant le visage d’une de ses sœurs, sur l’écran de la visioconférence. Elle connaît cette compagne qui accuse son frère. Elle est de leur quartier. Elle avait un peu plus de 17 ans quand elle a rencontré José Rodriguez. "Une fille fragile" et "manipulatrice" aussi selon elle. Cela fait six ans qu’ils ne se sont pas vus. "Je suis choquée d’apprendre cette affaire. Mais je ne crois pas au viol de sa compagne. Elle a profité de l’affaire de cette jeune fille, pour laquelle je ne sais pas ce qu’il s’est passé, et je ne peux dire si c’est vrai ou pas que mon frère l’a violée, pour le faire accuser" lance-t-elle.

Tout au long de l’après-midi, l’accusé, appuyé par Me Jimenez, s’est défendu bec et ongles. À plusieurs reprises, il répondra à la présidente Sylvie Chamayou-Dupuy, aux avocats des parties civiles ou à l’avocat général, désireux de savoir pourquoi finalement ces deux personnes l’accusent s’il n’a rien fait comme il le dit : "Je ne comprends pas".

Seulement voilà. Il y a cette heure du 14 octobre 2015, durant laquelle tout le monde le cherchait après l’altercation qu’il avait eue avec la jeune toxicomane. "J’étais sur un banc en train de dormir, j’avais beaucoup bu", explique-t-il… Il y a aussi cette peur qui transpire chez sa compagne lorsqu’elle se confie à son frère. Lui répond qu’il est éperdument amoureux de sa compagne. "Et quand elle avait quelque chose à dire, elle le disait, même quand il y avait du monde", lance-t-il. Ses bruits qui courent à son sujet, notamment la violence dont il peut faire preuve, ces adultères, sur des membres de sa fratrie, mais nié par sa sœur, dont il est fait état dans des dépositions.

Aujourd’hui, le procès pourrait prendre un tournant définitif. José Rodriguez va en effet devoir faire face aux accusations de cette jeune Saint-Affricaine et de sa compagne.

 

Philippe Routhe
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