Assises

Deux filles traumatisées par la violence de l’accusé

  • Deux filles traumatisées par la violence de l’accusé.
    Deux filles traumatisées par la violence de l’accusé. JAT -
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Mardi, les deux personnes qui accusent José Rodriguez de viol ont témoigné à ce procès dont le verdict est attendu ce mercredi.

Au deuxième jour du procès d’assises qui se tient au palais de Justice de Rodez, José Rodriguez a vu défiler à la barre ses deux accusatrices. Une fille, âgée de 14 ans au moment des faits en 2015, et son ex-compagne avec laquelle il a eu ses trois dernières filles.

Toutes les deux l’accusent de viols. Ce qu’il nie en bloc depuis le début de l’affaire. Mardi, toutefois, elles ont raconté aux jurés leurs versions des faits. Des moments aussi redoutés qu’attendus par les jurés, qui devront rendre leur verdict ce mercredi après-midi.

En fin de matinée, ils ont vu arriver à la barre une jeune fille âgée de tout juste 18 ans. Elle paraît encore très adolescente. Elle évoque le contexte dans lequel elle s’est retrouvée face à José Rodriguez, ce soir du 14 octobre 2015 à Saint-Affrique.

Un témoignage jugé crédible par les experts

Après avoir croisé José Rodriguez, qu’elle connaît peu, en fin de journée, pour une transaction autour du cannabis, ce dernier lui intime l’ordre de venir le retrouver parce qu’il s’est trompé. "Je ne voulais pas y aller, mais il me menaçait, voulait faire cramer la tour de la Capelle, s’en prendre à ma famille" raconte-t-elle.

Elle y va. "Je lui dis que je vais aller chercher l’argent qu’il me réclame. Mais là, clairement, il me fait comprendre qu’il ne veut pas être payé comme ça. Il me plaque contre le mur du hall d’entrée de l’immeuble. Me prend le bras et me fait descendre à la cave".

Elle va décrire aux jurés, en sanglots, sa descente aux enfers. "Cela va durer une heure, peut-être…"

Dans le box des accusés, José Rodriguez ne réagit pas. Il ne souhaite pas commenter ce récit, jugé crédible par les experts.

Puis, en milieu d’après-midi, c’est par visioconférence que s’apprête à intervenir l’ex-compagne de José Rodriguez.

Une femme qui, après l’incarcération de l’accusé, a été accueillie dans un foyer à Mende avec ses trois filles.

Arrivée "fragilisée", elle se confiera petit à petit aux éducatrices sur son passé avec son compagnon. Elle parlera de viols, de violence, de soumission. De soirs où elle s’est vue mourir. "Avec un corps de petite taille qui réagissait à chaque fois qu’elle en parlait" témoigne une éducatrice. À la barre, juste avant que ne témoigne sa compagne, l’accusé lâche : "Je n’en reviens pas de ce qui a été dit". À l’écran, les jurés voient apparaître une fille de petite taille. Le dos voûté. Elle mesure un peu plus d’un mètre quarante et pèse 36 kg. Elle a 32 ans, elle en paraît dix de moins. On la voit à peine sur cet écran.

"J’avais peur qu’il me tue"

Elle avait 17 ans et lui 33 quand ils se sont rencontrés. Ils sont restés 12 ans ensemble et ont eu trois filles. "Ça a bien fonctionné pendant deux ans, après ce ne sont que des rapports sexuels forcés." Une relation qui s’est dégradée du moment où il aurait commencé à avoir une autre relation avec une adolescente de 14 ans du côté de Sète. Ce que José Rodriguez nie.

Elle décrit une vie au cours de laquelle ce petit bout de femme renfermé sur elle-même n’avait d’autres choix que de subir un homme décrit depuis le début du procès capable de violences et "privilégiant son plaisir personnel". "Il me disait que j’étais à lui. J’ai eu peur qu’il me tue".

Elle évoque des sous-entendus pour faire comprendre à d’autres qu’elle vit un calvaire. Qui aura duré dix ans donc, soit jusqu’au placement en détention de José Rodriguez.

À plusieurs reprises, les avocats lui demandent pourquoi elle est restée avec lui. "J’avais peur", répète-t-elle.

Une peur qui l’a poussée à ne témoigner à ce procès que par écran interposé. Sur ce même écran, sa sœur relate ces craintes. "Elle me parlait de disputes, qu’il voulait la tuer si elle le quittait. Mais leur couple était comme ça".

Aux jurés, elle explique toutefois être tombée des nues quand elle a appris que sa sœur avait subi dix ans de viols et autres violences.

De quoi instiller le doute chez les jurés qui, cet après-midi, après avoir entendu les réquisitions de l’avocat général, et la plaidoirie d’une défense qui, depuis le début, nie les faits, devra faire part de son intime conviction.

 

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