"Pas de politique, nous sommes juste le peuple en colère"

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  • Une trentaine de personnes occupaient dimanche soir le rond-point d’entrée à Sébazac.
    Une trentaine de personnes occupaient dimanche soir le rond-point d’entrée à Sébazac. Xavier Buisson
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    "Pas de politique, nous sommes juste le peuple en colère"
Publié le , mis à jour

Monté samedi matin à la hâte par quatre amis, le barrage de Sébazac tient plus que bon puisque, depuis lors, il est toujours resté actif. Y compris pendant les nuits. Dimanche soir, nous sommes allés à la rencontre de ces gilets jaunes pour quelques heures au cœur d’une mobilisation teintée d’amertume, de pugnacité, mais aussi de solidarité et de franche camaraderie.

Comme un air de ras-le-bol généralisé. Dimanche soir à Sébazac, ils étaient une trentaine à maintenir actif "leur" barrage, à l’entrée de la ville, par une température de 3 degrés mais avec une motivation restée intacte depuis samedi matin et la mise en place des palissades de palettes et de pneus. Si on dénombrait samedi 35 points de blocage dans l’Aveyron, il en restait une dizaine hier en début de soirée. Une fois la nuit venue ne subsistaient que deux blocages d’irréductibles, à Sébazac et Millau, qui s’apprêtaient à passer leur deuxième nuit dehors.

"L’impression qu’ils nous ont piégés" (Brigitte)

Plusieurs feux ont été allumés et entre les gilets jaunes et les rares voitures qui empruntent l’axe, l’ambiance est bon enfant avec, comme sur l’ensemble des sites, des échanges autour du pouvoir d’achat ou de la situation économique du pays.

"On voudrait travailler, mais pas que pour payer des charges. Nous, on n’est pas parti en vacances… Juste manger, se chauffer, avoir un toit, tout ça devient compliqué. J’ai l’impression qu’ils nous ont piégés", explique Brigitte, qui entame sa deuxième nuit sur place, reprenant : "Il faut payer pour travailler, c’est un gros problème", conclut-elle sous les applaudissements.

"On ne vit que pour travailler" (Valentin)

" Moi, je veux vous dire pourquoi je suis là, enchaîne Valentin, un jeune chauffeur routier. Je n’ai pas de diplôme, j’ai galéré pour trouver un travail qui demande beaucoup… Je suis en collocation et je n’ai droit à aucune aide… On ne vit que pour travailler ".

Pour tous, un même et fort désarroi, quelles qu’en soient les formes, mais des revendications multiples : "Qu’on arrête d’aider les entreprises comme ça", "que le gouvernement baisse la TVA", "du carburant moins cher", "moins de réformes", "davantage d’aides pour les jeunes, les retraités ou les handicapés"…

"On est ici, on tient et on continuera à tenir" (Jérôme)

Pour agrémenter nuits et journées, la solidarité a joué à plein, les uns apportant nourriture et boissons chaudes, du bois ou du mobilier (dont un très appréciable canapé) pour d’autres. "La première nuit (entre samedi et dimanche, NDLR), on était 20 au début et, à 4 heures du matin, il en restait quatre. Mais on est ici, on tient et on continuera à tenir. Il n’y a pas de politique, nous sommes juste le peuple en colère", affirme Jérôme. "Sans nous, vous ne faites plus rien… Si on coupe la base, tout s’effondre. On espère que le mouvement va s’amplifier", reprend en ce sens Brigitte, s’adressant au gouvernement.

Sur toutes les bouches, les dernières supputations lues sur les réseaux sociaux : un renfort des routiers, des infirmières, une montée vers Paris samedi... A Sébazac comme ailleurs, c’est l’autodétermination qui prévaudra. "Il y a bien un moment où il faudra fédérer", avance cependant Jean-Claude, retraité.

Hier pour les gilets jaunes sébazacois, alors que la nuit tombait, l’heure était à la recherche de renforts sur les réseaux sociaux ("On fait toutes les nuits, on a besoin d’être remplacés"). Un message entendu par la jeune Alyson : "C’est important d’être sur les blocages, pour les aider. C’est pour tout le monde, pour notre avenir… Ils nous étranglent".

 

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Xavier Buisson
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