Blocages routiers : un impact économique "évident"

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  • Des conséquences diverses, fâcheuses pour les centres commerciaux mais parfois bénéfiques au centre-ville.
    Des conséquences diverses, fâcheuses pour les centres commerciaux mais parfois bénéfiques au centre-ville. CPA / CPA
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Pour les gilets jaunes, dès le début du mouvement, l’idée était double : compliquer les allées et venues des automobilistes tout en les sensibilisant à leurs combats, mais aussi ralentir l’activité économique du pays. Sur ce dernier point, les commerçants de l’agglomération sont formels autant que discrets : le pari est réussi, mais à des degrés divers cependant.

À l’échelle de l’agglomération, les commerçants qui ont été les plus impactés par les barrages des gilets jaunes sont sans conteste ceux des pôles commerciaux de l’Estréniol et du Comtal sud, entre Onet-le-Château et Sébazac.

Peu d’entre eux, cependant, souhaitent s’exprimer sur ce manque à gagner éventuel généré par le mouvement des gilets jaunes : occupés, absents, en déplacement ou en repos… mais aussi plus vraisemblablement, la plupart du temps, franchisés, c’est-à-dire liés par des clauses de confidentialité et astreints à une discrétion totale.

Sur la douzaine de commerçants contactés, deux ont accepté d’évoquer la situation qu’ils traversent depuis samedi et le début des blocages.

"Samedi, zéro passage… zéro chiffre d’affaires, ce qui représente une perte de 6 000 €, se souvient Corinne Daffini, gérante de Verbaudet. On a réduit la masse salariale (deux employés au lieu de quatre). Je suis solidaire avec eux, Noël arrive, les gens vont se déplacer et ce qu’on n’a pas vendu ces derniers jours, on le vendra plus tard".

"Depuis lundi, un chiffre d’affaires en baisse de 50 %"

"On a été impactés dès samedi et on n’a pas pu ouvrir puisque les employés ne pouvaient pas venir. Depuis lundi, le chiffre d’affaires est en baisse de 50 % tous les jours. L’impact est évident. Ce n’est pas bon pour mon commerce… et pour le commerce en général", affirme ce gérant d’une enseigne d’habillement qui a souhaité rester anonyme.

Pour certains, "une action… plutôt satisfaisante !"

Pour le coprésident de l’association des commerçants du Grand Rodez Cassiopée, qui fédère 180 enseignes, les conséquences n’ont pas été les mêmes.

"Du fait des blocages, les gens ne sont pas allés sur les centres commerciaux. Cela a pu être, pour certains, une action… plutôt satisfaisante", déclare Frédéric Saleil.

Le secteur du transport routier a lui été fortement impacté, avec du côté des Transports Combemale (Sainte-Radegonde) une baisse de chiffre d’affaires "de l’ordre de 30 à 40 %", selon la gérante Béatrice Combemale. "Nos véhicules sont bloqués sur des barrages, ils arrivent en retard chez les clients ou sur les plateformes de fret, où ils doivent charger des marchandises. Quand ils arrivent, le fret n’est souvent pas arrivé et on revient avec des camions à moitié chargés", explique-t-elle.

La responsable de l’entreprise, qui compte 35 véhicules et 40 salariés, affirme qu’il n’est "pas question de participer aux blocages pour le moment", la profession étant actuellement en attente de réponse du gouvernement à une série de revendications.

Pour la présidente de l’association des commerçants non-sédentaires Cindy Lopes, "de la perte, il y en a, mais c’est difficile à chiffrer". Le marché de Rodez a subi samedi comme hier une baisse de fréquentation, à hauteur de 50 %, selon la présidente, qui explique, elle-même engagée sur un point de blocage : "Il faut comprendre que ceux qui manifestent… le font pour nous".

 

Xavier Buisson
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