Agriculture : « ferme Aveyron » doit préserver sa diversité

Abonnés
  • Le président Molières aux côtés de son directeur Dominique Delagnes et entouré de ses invités.
    Le président Molières aux côtés de son directeur Dominique Delagnes et entouré de ses invités. CPA
Publié le , mis à jour

Dans un contexte économique tendu, la chambre d’agriculture de l'Aveyron a clôturé hier matin sa mandature de cinq ans sur un bilan dominé par une relative confiance en l’avenir.

Dernière session ordinaire de la chambre d’agriculture, hier matin, pour cette mandature 2013-2018 qui s’achèvera par de nouvelles élections programmées en janvier prochain. A l’heure des bilans, ce sont les efforts accomplis en matière de budget (équilibré à 14,743 M€) - avec maîtrise des dépenses, diminution de la dette (à 1 M€), masse salariale contenue (143,2 ETP Travaillés) -, de formations (avec le pôle technique de Bernussou), d’installations de jeunes agriculteurs (130 aujourd’hui contre 114 en 2014), de nouvelles offres de services et de prestations d’accompagnement, dans une compagnie consulaire qui ne cesse de se moderniser.Le tout, « dans un contexte économique, social et environnemental en évolution permanente ».


Challenge à réussir


"Défendre les intérêts des agriculteurs et le faire dans un cadre organisé" est un leitmotiv rappelé par le président Jacques Molières devant parlementaires (le sénateur Luche, le député Viala), élus (Monique Bultel-Herment représentant le conseil régional) mais aussi Laurent Wendling, directeur départemental des Territoires, représentant la préfète, ou encore Dominique Costes (CCI). "L’agriculture est le premier pôle économique du département, il faut la garder sur tout le territoire, insiste Jacques Molières. Notre diversité est une force, il faut la préserver. Et pour réussir le challenge de renouveler les générations, il faut des hommes et des femmes qui s’engagent au quotidien pour faire vivre cette agriculture diversifiée"
Diversifiée, la chambre l’est aussi dans ses opinions et les deux groupes minoritaires - Confédération paysanne (avec Francis Sabrié) et Coordination rurale (avec Francis Galtier) ont eu le loisir de le rappeler à leur tour, pointant au fil du débat le scrutin électoral "qui porte un coup à la représentativité qui ne correspond pas à la réalité » ou en regrettant le « manque d’ouverture » de la majorité à la chambre « qui fait que l’on a passé la mandature à travailler chacun de son côté" (Francis Sabrié).


L’impact de la sécheresse


Chacun en revanche s’est accordé sur le contexte qui contraint l’agriculture aveyronnaise à devoir sans cesse s’adapter.
Ainsi la sécheresse de ces derniers mois qui a fortement perturbé le marché de la viande et de la production laitière. Une "procédure calamités" est en cours, et le passage en commission est envisagé en février 2019. Pour le président de la chambre, "il faut aussi parvenir à faire reconnaître les quantités de fourrage consommées jusqu’à présent à cause de cette sécheresse.Dans certaines exploitations, l’hivernage a commencé… Le 15 juillet".


Productions : marchés tendus


Dans ces conditions, les productions laitières souffrent d’un manque de fourrage. La collecte a baissé en Aveyron, sauf pour le bio (en augmentation de 119 % depuis janvier en Occitanie) pour lequel chacun espère que la plus-value générée par cette production sera maintenue. La collecte de lait de brebis progresse de 1 % sur le rayon de Roquefort alors qu’une cinquantaine de producteurs sont sortis de cette collecte. Le lait de chèvre quant à lui jouit d’une conjoncture sans trop de nuages…
Côté viande, baisse de production pour les ovins alors que la consommation marque le pas, et marché tendu avec un net recul des exportations pour les bovins. Chez les porcins aussi, le marché est morose avec des cours au plus bas et le spectre de la peste porcine africaine repéré en Belgique : "La France doit tout faire pour s’en prémunir, sinon on court à la catastrophe", assure Bruno Montourcy.


Loup : il faut aller plus loin


Si le Larzac et l’Aubrac ont été classé en zone de présence permanente (ZRR) du loup, il convient de convaincre le gouvernement d’adopter un amoindrissement de sa protection réglementaire "comme d’autres pays en Europe l’ont fait". Ce qui permettrait de multiplier les tirs de prélèvement, comme ce fut le cas le 2 octobre en Sud-Aveyron. "On sent que les choses changent, c’est très bien, avec une attention particulière de la préfecture en ce sens, mais il faut aller plus loin" (François Giacobbi)
Pac : pas avant 2023
Selon Dominique Fayel, ancien président de la FDSEA, aujourd’hui au bureau national du syndicat agricole très au fait des questions européennes au sein de la FNSEA, "il ne sera pas possible de parvenir à un accord avant les élections européennes. Plus personne n’imagine une nouvelle Pac en 2021, on parle plutôt maintenant de 2023. Et côté budget, les incertitudes demeurent sur les contributions des états membres…". Et pour Jacques Molières, "nous sommes le premier département français en terme d’aides européennes. L’unité départementale est indispensable pour défendre ce qui a été acquis depuis des années".

Cet article est réservé aux abonnés
Abonnez-vous pour en profiter
à partir de 1€/mois, sans engagement
  • Tous les articles en illimité sur le site et l'application
  • Le journal en version numérique dès 23h15 la veille
  • Publicités limitées
Christophe Cathala
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?