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Aveyron : les paysans bio arrivent dans les cantines scolaires

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L’association Paysans Bio d’Aveyron vient de voir le jour et nourrit déjà une quinzaine d’établissements scolaires.

"C’est un grand jour pour nous !", lance Roland Carrié, éleveur en bio à Vitrac-en-Viadène, pour annoncer la création de l’association Paysans Bio d’Aveyron. Une annonce officielle qui s’est déroulée dans le collège Albert-Camus de Baraqueville, l’un des premiers établissements scolaires aveyronnais à proposer du bio et lauréat du diplôme national du mérite dans sa lutte contre le gaspillage. Un lieu symbolique donc pour l’association qui a pris le temps de se structurer.

"Tous les adhérents sont des éleveurs, naisseurs, engraisseurs installés aux quatre coins du département, qui amènent leurs animaux à l’abattoir d’Arsac à Sainte-Radegonde et à l’atelier de découpe à Camarès. Tout reste donc en Aveyron ", précise-t-il.

Une première nécessaire qui répond à la demande du consommateur et des pouvoirs publics avec l’objectif de 20 % de bio dans les assiettes d’ici 2022. Au menu ce midi-là pour les collégiens : escalope de jeune bovin bio de la ferme de Laurence Carrié et de son fils Armand, à Sévérac-d’Aveyron, accompagnée de lentilles bio d’Alain Cabot installé à La Selve. Le tout préparé par le jeune chef Guillaume Goutal, originaire de Saint-Amans-des-Côts, heureux de cuisiner bon et bio "une très bonne viande tendre, goûteuse, de qualité", et des enfants aux anges !

L’association donne la lisibilité du manger local en toute transparence et traçabilité, d’où le slogan : "De l’étable à votre table". Pour ce faire, les huit éleveurs – pour l’heure – de l’association, ont été aidés par l’Association pour la promotion de l’agriculture biologique en Aveyron (Apaba) qui a mis à disposition son animateur.

"Le bio, c’est la cerise sur le gâteau"

Cette nouvelle association permet ainsi aux paysans bio de proposer leurs produits (veau, bœuf, jeune bovin, génisse, porc, lentilles) à la restauration collective. Une quinzaine de collèges et lycées et six magasins spécialisés en Aveyron font déjà partie de leurs clients en attendant les maisons de retraite et l’arrivée de nouveaux adhérents au sein de l’association pour proposer notamment des volailles et des ovins. Le potentiel est conséquent puisqu’actuellement 80 % des aliments des cantines viennent hors du département… "A notre niveau, le but est d’inverser la cocotte", espère, en ce sens, Roland Carrié. Les éleveurs adhérents sont motivés. "L’objectif est de ne pas faire du bio pour du bio, mais de faire du bon. Le bio, c’est la cerise sur le gâteau", dit Olivier Rames, éleveur installé à Bozouls.

Bien-être animal

Avec la volonté de le transmettre aux jeunes générations. "On est aussi là pour expliquer comment la viande est arrivée dans l’assiette. On est prêt à démontrer le bien-être animal. L’éleveur accompagne sa bête, ce qui donne du stress en moins, et part en premier à l’abattage quand c’est du bio." Sans parler des retombées économiques pour le département, à l’image de l’atelier de découpe de Camarès géré par Philippe Raymond, qui passera de sept à douze salariés après travaux : "Je ne fais que transformer leurs produits, sans additif, en ne mettant que du sel et du poivre." Reste à convaincre les élus car seul Jean-Marie Pialat, conseiller départemental Céor-Ségala, était présent… Et les absents ont toujours tort car les enfants et les adultes qui ont goûté, sont déjà convaincus des saveurs retrouvées et de la santé assurée pour remplir ce panier bio dans leur quotidien.

Contact au 06 84 78 95 97 ou au 06 86 84 66 56.

Le collège de Baraqueville comme chef de file

Le collège Albert-Camus de Baraqueville a fait de sa lutte contre le gaspillage son cheval de bataille en recevant le diplôme d’honneur national du mérite. Concrètement, le collège réalise dix fois moins de déchets que la moyenne avec 22 grammes par personne et par repas quand celui-ci s’élève à 175 grammes ailleurs. Dans cette démarche environnementale, il était donc normal de proposer du bio. « Les enfants sont des thermomètres, ils mangent avec gourmandise », constate Jacques Bouthier, principal du collège de Baraqueville. Le prix d’un repas tout compris s’élève à 2,80 €, un tarif plus élevé avec le bio mais lissé grâce à la réduction du gaspillage. « Depuis trois ans, on n’a pas eu de perte budgétaire », confie Jacques Bouthier. Tout cela avec du bio local, 100 % Aveyronnais. Reste à former les cuisiniers de demain au bio. La balle est dans le camp des pouvoirs publics.
 

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