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Climat et santé : le « compte à rebours » est lancé

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    Climat et santé : le « compte à rebours » est lancé
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Hypothétique, lointain, à peine palpable… contrairement aux idées reçues, l’impact des vagues de chaleur sur notre organisme est bien réel. Un phénomène décrit et quantifié dans le rapport « Lancet Countdown », inquiétant « compte à rebours » publié par des experts du monde entier.

« Notre vulnérabilité à la chaleur augmente chaque année et ce dans toutes les régions du globe », rappellent les auteurs du rapport Lancet Countdown*. Un document publié ce 29 novembre par 27 institutions comme l’OMS, la Banque mondiale, The University College London et l’Organisation météorologique mondiale.

« Aujourd’hui, les populations les plus à risque incluent notamment les personnes âgées vivant en ville et les travailleurs en extérieur  », attestent les experts qui se sont penchés sur le sujet (géographes, climatologues, écologistes, mathématiciens…). Quelles régions du monde sont les plus concernées ? « L’Europe et la Méditerranée orientale sont particulièrement à risque, probablement en raison d’une population plus âgée vivant en zone urbaine dans ces régions. »

Un système déréglé

Autre point mis en lumière dans le rapport Lancet Countdown, le manque de préparation des acteurs sanitaires face à l’impact des vagues de chaleur. Or « plus de la moitié des villes [à l’étude] s’attendent à ce que le changement climatique compromette sérieusement l’infrastructure de santé publique ». Comment ce dérèglement se traduirait-il ? « Soit directement, avec des conditions météorologiques extrêmes, soit indirectement, avec des augmentations de la charge de morbidité venant peser sur les services existants. »

En plus de la fragilité humaine, le dérèglement climatique impacte les finances. Ainsi, en 2017, un total de « 712 évènements météorologiques extrêmes liés au changement climatique ont été responsables de pertes économiques à hauteur de 326 milliards de dollars en 2017 ». C’est-à-dire presque « le triple des pertes de 2016 ». Et à elles seules, en 2017, les vagues de chaleur ont entraîné « 153 milliards d’heures de travail perdues ».

Les particules fines à l’origine de 2,9 millions de décès prématurés

La dégradation de la qualité de l’air respiré est aussi dénoncée : « les habitants de plus de 90% des villes respirent un air pollué, toxique pour leur santé cardiovasculaire et respiratoire ». Entre 2010 et 2016, « la concentration des polluants de l’air s’est aggravée dans presque 70% des villes du monde entier, notamment dans les pays à revenu faible et intermédiaire ».

Focus aussi sur les sources de pollution les plus toxiques. A lui seul, « le charbon est responsable de 16 % des décès dans le monde du à la mauvaise qualité de l’air ». En 2015, les particules fines** ont été à l’origine de « 2,9 millions de décès prématurés ». Quelles solutions envisager alors ? « Un certain nombre de secteurs commencent à voir les prémices d’une transition vers une économie décarbonée. » Mais il reste encore beaucoup à faire. Or « la nature et l’ampleur de la réponse face au changement climatique seront les facteurs déterminants dans l’évolution de la santé des populations au cours des siècles à venir ».

A noter : dans une première publication datée de 2015, le Lancet révélait déjà que « le changement climatique menaçait de réduire à néant 50 ans de progrès en matière de santé publique ».

* En français, « Compte à rebours du Lancet : mesure des impacts sur la santé et le changement climatique »
* les particules atmosphériques d’un diamètre inférieur à 2,5 μm

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