L’Aveyron fait grise mine après une saison estivale maussade

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  • Le nombre de nuitées, y compris dans les campings, est en recul pour l’été 2018.
    Le nombre de nuitées, y compris dans les campings, est en recul pour l’été 2018. Archives CP
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Les premiers chiffres sur la saison estivale 2018 viennent de tomber. Si le bilan hexagonal est positif, l’Aveyron, à l’inverse, marque le pas. En cause, les caprices de la météo, l’effet coupe du monde mais aussi une certaine stagnation en matière d’offres.

Il ne faut pas s’alarmer des chiffres révélés ces dernières heures, ils ne reflètent pas la tendance à l’échelle du département". Derrière son bureau de la mairie de Bozouls, Jean-Luc Calmelly calme le jeu. Le maire de la commune, également président de l’Agence de développement touristique (ADT) de l’Aveyron, prend note des données fournies par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), ce mercredi 28 novembre.

Un trafic local en légère hausse

Malgré 1,86 million de nuitées enregistrées entre avril et septembre de cette année, le département est en net recul. De 8,6 %, soit la deuxième plus forte baisse après la Savoie (-9,2 %). "L’Insee se cale sur des résultats partiels alors que nous, nous travaillons avec un outil plus fiable, Flux vision tourisme proposé par Orange, avance le responsable de l’ADT. Cette convention de traçage anonyme nous permet de voir une très légère augmentation du nombre de nuitées sur la même période". À l’inverse de l’institut national, l’outil professionnel fourni par l’opérateur constate une augmentation de 0,46 %, les faisant passer de 7,413 millions à 7,447 millions sur le même laps de temps comparé à 2017. Le discours tout en nuances du responsable départemental contraste pourtant avec le discours des professionnels du tourisme sur le territoire. Tous s’accordent sur une baisse significative de la fréquentation à l’arrivée des beaux jours. Les raisons à cet effondrement du nombre de nuitées sont multiples. La météo, en premier lieu, qui a fait des siennes durant le printemps. "Elle a même été exécrable, reconnaît Philippe Panis, président de l’Union locale des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH). Les mois de mai et juin ont été plombés par la pluie. Les gens veulent un minimum de soleil lorsqu’ils viennent à notre rencontre". La fin tardive de l’année scolaire et le parcours des Bleus à la coupe du monde ont également terni la première semaine de juillet. "Les vacanciers ne sont pas venus avant le 20 du mois", s’en désole même Jean-Luc Calmelly, l’œil rivé sur les éléments clés de la saison estivale 2018.

L’effet Airbnb, un temps ignoré, semble aujourd’hui bien réel. Gîtes et hôtellerie perdent année après année leur clientèle, autrefois familière de ce type d’hébergements.

Travailler sur la qualité des hébergements

"Le site nous prend des familles qui recherchent aujourd’hui des choses moins onéreuses et plus libres", peste le responsable de l’UMIH, qui espère un geste de la part du gouvernement.

Mais aux traditionnels caprices de la météo et autres concurrences jugées déloyales, certains acteurs du tourisme aveyronnais préfèrent nourrir une tout autre réflexion. Et remettent en question la qualité des hébergements proposés à la clientèle. "Nous manquons de produits haut de gamme, résume Philippe Champetier, président de la Fédération aveyronnaise de l’hôtellerie de plein air (FNHPA). À titre d’exemple, l’Aveyron possède un seul établissement cinq étoiles alors que la Dordogne en compte cinq. Il faut enfin réussir à résoudre les difficultés de développement que nous imposent les restrictions mises en place par la préfecture dans des zones supposées dangereuses." La problématique est différente du côté de Gîtes de France. Confrontée à une absence de visibilité claire (site internet en maintenance), l’association a affiché une perte de 20 % au niveau local. "Nos clients n’avaient pas accès à nos offres, répète Valérie Duchatelle, directrice pour l’Aveyron. Nos départements voisins sont tous en augmentation, il n’y a donc pas de raison que la suite se passe mal pour nous". C’est du moins ce que tous espèrent pour la saison 2019.

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Jeremy Mouffok
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