Rodez : les lycéens dans la rue, mais sans gilet jaune

  • Ce vendredi matin, rue Béteille à Rodez. Le mouvement est prévu pour durer la journée.
    Ce vendredi matin, rue Béteille à Rodez. Le mouvement est prévu pour durer la journée. J.A.T.
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150 lycéens (du privé et du public) ont manifesté ce vendredi matin,  dans les rues de Rodez. Les étudiants ont exprimé leur inquiétude par rapport à  leur avenir et dénoncent pêle mêle la réforme des universités, la hausse du tarif  des inscriptions pour les étudiants étrangers et la suppression des postes dans l'Education nationale. Ils se désolidarisent des gilets jaunes et des casseurs.

Tôt le matin et au slogan "lycéens en colère, il y en a marre de la galère", 150 lycéens ont manifesté dans les rues de Rodez, à une cadence effrénée. Partis du lycée Foch, ils ont surpris la police nationale qui encadrait le mouvement en prenant à contre-sens la rue Béteille, engorgée par des automobilistes. Ils sont allés ensuite chercher les lycéens de l'établissement Monteil, avant de revenir à Foch, où le proviseur les a reçus pour un échange assez musclé. Karine Froment et son équipe ont tenté de faire entendre raison aux scolaires qui voulaient ameuter des camarades. 

"Nous avons eu des casseurs ce matin, c'est pour cela qu'on ne veut pas qu'ils rentrent dans l'établissement", a tenu bon Karine Froment. Direction ensuite la mairie de Rodez, et le tour de ville pour ces lycéens motivés et qui contrairement à ce que les adultes pensent, savent très bien pourquoi il sont dans la rue. "L'année prochaine, je vais travailler et je compte vivre, pas survivre", annonce Théo, en bac professionnel. "Dans pas longtemps, le litre de gasoil va coûter 2 €, en gagnant le Smic, je ne pourrai pas payer mes pleins", ajoute t-il. Ses camarades se joignent aux doléances tout en  pointant du doigt la réforme des inscriptions à la fac qui "va pénaliser les étudiants étrangers. C'est dégueulasse  de les faire payer plus cher que nous"

"On n'est pas avec les gilets jaunes"

"On a peur pour notre avenir et on veut se faire entendre, comprendre. Mais, il faut que les choses soient claires, on n'est pas avec les casseurs et pas avec les gilets jaunes. On comprend leurs revendications, mais nous avons les nôtres", explique Hélène, étudiante  en terminale. "Nous sommes contre la suppression des postes dans l'Education nationale et contre Parcours Sup qui a laissé plein d'élèves sur le carreau", ajoute Théo. 

"On a de vraies revendications et le vote n'est pas la seule façon de manifester", indique Mathurin, également en classe de terminale. "S'il faut manifester tous les jours, on sera dans la rue", conclut-il. 

Salima Ouirni
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