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La Sud-Aveyronnaise Claire Demeester n’a pas la fièvre jaune mais sert la jeunesse du tennis à Paris

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  • Depuis 2001, le terrain de jeu de la Sud-Aveyronnaise Claire Demeester est le Centre national d’entraînement de tennis, à deux pas de Roland-Garros.
    Depuis 2001, le terrain de jeu de la Sud-Aveyronnaise Claire Demeester est le Centre national d’entraînement de tennis, à deux pas de Roland-Garros. Rui Dos Santos -
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Sa maman est de Camarès, son papa de Millau. Elle est au service depuis 2001 à Paris des espoirs au centre national d’entraînement.

Elle a été élue miss Aveyron. Mais, à la différence des autres "reines de beauté", elle n’a jamais eu d’écharpe et elle a toujours conservé le titre depuis son élection. Miss Aveyron, c’est ainsi qu’a été (re)baptisée Claire Demeester. Et l’auteur n’est autre qu’Éric Winogradsky. Si l’ancien n° 89 mondial de tennis (en juillet 1987, année où il a battu le Suédois Stefan Edberg alors n° 3 au 2e tour de Roland-Garros), est depuis quelques mois responsable du département "Technique et pédagogie" à la Direction technique nationale (DTN) basée au Centre national d’entraînement (CNE) dans le 16e arrondissement de Paris, près de Roland-Garros, là où elle travaille, ils ont deux choses en commun : des origines polonaises et un lien fort avec l’Aveyron.

Alors qu’Angélique, l’épouse d’Éric Winogradsky, a des racines du côté de Saint-Affrique, la salariée est "100 % Aveyronnaise". Si elle a vu le jour, selon ses propres termes, "par erreur" à Bourg-en-Bresse (Ain) en 1973, elle est "pure souche", avec un papa natif de Millau et une maman originaire de Camarès, Ouyre précisément. Scolarisée pendant un an en CM1, en 1983, à l’école primaire Jules-Ferry à Millau, où elle a été confiée à sa grand-mère paternelle, elle a ensuite "fait le grand écart" entre l’Aveyron, l’Ain et Paris. La jeune Claire Guibert a pris ses quartiers dans la capitale, chez sa mère, en classe de 5e, et elle n’a plus quitté depuis les bords de Seine.

"Technique et pédagogie"

Longtemps salariée dans une entreprise spécialisée dans les containers à ordures, où elle gérait l’accueil et l’état des stocks, c’est après la naissance de son fils Roman (un clin d’œil à la mamie polonaise) voilà dix-sept ans qu’elle a décidé de changer de métier… Ou plutôt de sauter le filet. Elle s’est ainsi retrouvée à la Direction technique nationale de tennis, sport où elle connaissait Yannick Noah, Fabrice Santoro et Pat Cash. Elle était tellement loin de la balle jaune qu’elle a réussi à enjamber le Brésilien Gustavo Kuerten, allongé en train de faire des étirements, sans savoir qu’elle venait de passer sur le corps de "Guga", triple vainqueur Porte d’Auteuil !

Elle a hérité du volet logistique avec, notamment, la gestion du matériel sur chaque site qui participait à l’opération "Mini-tennis en fête". Elle n’a toujours pas signé de licence à la FFT, ni sorti de raquette de la housse, mais prend "beaucoup de plaisir" dans un univers où elle baigne depuis bientôt deux décennies. 20 ans, c’est l’âge de sa fille Margot, qui n’a d’yeux que pour Pierre-Hugues Herbert. "C’est vrai qu’il a tout du gendre idéal", sourit la maman, amusée. Membre donc du département "Technique et pédagogie", orchestré par Éric Winogradsky, elle a un œil expert sur une partie de la formation, tout en étant au service (gagnant) au CNE de la platerforme de suivi des performances des garçons et filles qui le fréquentent. Sans oublier l’écriture de la newsletter, le pilotage du volet pédagogique (le matériel pour les formations) et le Club fédéral des enseignants.

Cette semaine, Claire Demeester a croisé, le même après-midi, à quelques mètres de son bureau, Stéphane Huet, Grégory Carraz et Gilles Simon. Pas vraiment étonnant puisqu’ils sont toujours en activité, en tant qu’entraîneurs ou joueur. Mais, qu’ont-ils encore d’autre en commun ? Question à cent balles… Jaunes bien sûr ! Ils ont tous les trois inscrit leur nom au palmarès des Internationaux de tennis de Rodez à Toussaint. Respectivement en 1995 (pour la première édition), 2001 et 2004. Le monde est petit et la boucle est bouclée pour Claire Demeester.

Rui Dos Santos
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