Rugby : Rodez, défaites de fin d’année

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  • Dimanche, Rodez n’a pu contenir Blagnac.
    Dimanche, Rodez n’a pu contenir Blagnac. Archives JLB / Archives JLB
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Alors que les Ruthénois ont encore manqué de "détermination" dimanche à Blagnac où ils ont été écrasés 45-5, ils partent en (courtes) vacances avec beaucoup de défaillances. D’interrogations aussi.

Drôle de trêve des confiseurs pour les Ruthénois cette année. Oui, Benoît André et les siens sont en vacances depuis hier et un revers, le septième en onze matches cette saison, à Blagnac (45-5). Si tôt. Et ils reprendront le chemin du championnat dès le 6 janvier, à Paul-Lignon, face à Castanet. Entre-temps, plusieurs jours de travail au menu : les 17 et 18 décembre ainsi qu’une séquence du 26 au 29 avant une dernière ligne droite du 2 au 4 janvier. "On ne peut pas se permettre de couper totalement ", indiquait le coach Arnaud Vercruysse avant même la gifle reçue en banlieue de Toulouse plaçant son XV à une peu enviable 9e place, à onze points tout de même de la relégation et huit de la qualification (lire par ailleurs).

Vercruysse : "Déjà vaincu avant d’y aller"

Un mois sans compétition, mais pas sans travail donc, qui doit permettre de rectifier le tir, de remettre les siens sur le droit chemin, notamment en termes d’implication. "On va créer un terreau en ce sens, acquiesce-t-il. Mais il faut que cela vienne des joueurs." Car quand il s’est agi hier d’analyser à froid cette nouvelle désillusion collective, le technicien n’a pas fait de détail : "Le score parle de lui-même. Il y a eu un manque total d’agressivité. Si je suis politiquement correct, je dis qu’on a été plus spectateurs qu’acteurs. Et en langage rugby : devant, on ne s’est pas envoyé, tout simplement. On a subi et on a accepté cela." Des mots sur des maux. Lourds de sens, surtout quand on sait qu’avant ce match chez le dauphin blagnacais, les Ruthénois espéraient enfin avoir trouvé la bonne carburation collective dans la détermination la semaine précédente à Aubenas. Car malgré la défaite (24-15), la bataille avait été exemplaire dans l’intensité, a fortiori à 14 contre 15 quasiment toute la partie. Qu’est ce qui explique alors ce changement d’investissement, ce passage de tout à rien ? Le capitaine dimanche, Romain Boscus, le concède : il "ne le sait pas". "Pourquoi un week-end, on arrive à être impliqué, et l’autre, on gâche tout ? Honnêtement, si j’avais la réponse… C’est décevant, cela, c’est sûr. "

En manque de joueurs cadres ?

Pour Vercruysse, la réponse, bien que sous forme interrogative, reste plus amère, abrupte. Révélatrice aussi. "Est-ce que ce qui s’est passé à Aubenas n’est pas un épiphénomène ? " Remettant ainsi en cause la capacité de son groupe à se montrer souverain dans l’adversité. "À Narbonne comme à Blagnac, j’ai le sentiment qu’on était déjà vaincu avant d’y aller." Sans toutefois se dédouaner, lui et le staff. Bien au contraire. "Si on en est là, c’est qu’on est tous responsables de cette situation. "

Pour autant, et au regard de ce qu’il s’est passé à Blagnac, il pointe des défaillances chez les gros. Notamment en première ligne, voire dans le cinq de devant, postes sur lesquels "l’émulation est un peu moins présente qu’ailleurs." Évoquant aussi un manque de leaders. "Tu as perdu (cet été) des joueurs de caractère, sur et en dehors du terrain. On ne peut pas dire que ceux qui sont là ne se révéleront pas, mais ce sera peut-être plus long que ce qu’on aurait souhaité." Étayant ce constat avec l’impact de l’habituel capitaine, au repos puis entré en jeu dimanche, Mathieu Roca : "Quand il n’attaque pas les rencontres, ce ne sont pas les mêmes matches. Roca est investi dans tous les compartiments du club, son implication est totale. Mais il faut lui permettre de se régénérer. Pourtant, quand il n’est pas là, c’est compliqué. C’est un leader par l’exemple et on aurait besoin qu’il ait des lieutenants qui peuvent prendre le relais. " Des hommes au service d’un collectif, qui a lui même du mal à donner sa pleine mesure malgré les semaines qui passent. "C’est vrai qu’il y a cette osmose qu’on n’arrive pas à trouver", concède Boscus. Du coup, "on est trop alternatif".

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