Attractivité : l'Aveyron reste une terre trop méconnue

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  • « Il faut mettre en avant le dynamisme du territoire et s’adresser aux nouvelles générations », affirme Lise Brunet.
    « Il faut mettre en avant le dynamisme du territoire et s’adresser aux nouvelles générations », affirme Lise Brunet. CPA
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Commandée par Aveyron ambition attractivité, une dense étude du cabinet Sociovision, observateur  des Français depuis 1975, passe au crible les attentes des futurs Aveyronnais. Décryptage avec Lise Brunet, directrice conseil  à Sociovision, pour qui « l’Aveyron gagnerait à être mieux connu » pour renforcer son attractivité.

Que ressort-il de votre récente étude baptisée « Renforcer l’attractivité de l’Aveyron » ?
Lise Brunet : Dans la démarche d’attractivité du département, il est important que les gens se fassent leur propre expérience du territoire. Il y a de la part de beaucoup de Français une méconnaissance de l’Aveyron. Notre étude le prouve : ceux qui ne connaissent par l’Aveyron ne perçoivent pas l’alliance de tranquillité et de dynamisme qui y règne. La problématique est de mieux se faire connaître : villes, qualité de vie, environnement préservé, dynamisme… L’important est de faire venir les gens une fois. Il y a une méconnaissance du territoire, qui répond aux enjeux actuels.

Les personnes connaissant déjà le département sont plus promptes à vouloir s’y installer ?
Ceux qui connaissent perçoivent le dynamisme aveyronnais… La nature, les relations entre les gens… Un attachement très fort se crée avec le territoire et les gens. Dans l’étude, c’est marquant.

Le contexte national est-il actuellement propice aux changements de vie ?
Oui, on sent un terrain favorable à une forme de mobilité. Le tout, pour ce changement de vie, est de lever les freins psychologiques qui peuvent parfois être importants : mon conjoint sera-t-il d’accord ? Mes enfants vont-ils se sentir déracinés ?

Concernant le « public cible » du département, votre étude identifie quatre profils type parmi ces futurs Aveyronnais…
Oui. Les fragiles, à la recherche d’une situation économique plus stable; les ambitieux, désireux de réussir leurs projets professionnels ; les authentiques, en quête de qualité de vie ; les passionnés, qui ont envie de vivre leurs passions à fond. Deux dimensions transversales à ces quatre profils émergent : ils partagent un fort intérêt pour la culture (en tant que spectateurs et acteurs) et ce sont par ailleurs des bricoleurs (pour 71 %), qui aiment les choses faites par elles-mêmes et pour qui internet est « indispensable » à 58 %.

Comment le département peut-il réussir à mieux se faire connaître ?
Peut-être en utilisant comme levier des réseaux d’influenceurs aveyronnais ? 
Il faut mettre en avant le dynamisme du territoire et s’adresser aux nouvelles générations, qui ne raisonnent plus sur le long terme et pourraient passer un, deux ou trois ans dans l’Aveyron pour y mener un projet de vie. Il me semble important aussi de mettre en avant le faible taux de chômage, il y a beaucoup d’emplois à pourvoir, même si l’emploi n’est pas le seul levier d’attractivité. Les gens ont besoin d’être rassurés… 
L’Aveyron est rural mais ses villages, villes ou grandes villes sont dynamiques.

L’étude a été réalisée sur un échantillon d’une dizaine de personnes, toutes engagées dans une démarche de changement de vie. La moitié pense à l’Aveyron comme future destination, l’autre n’avait pas envisagé cette destination.

Ce qu'ils pensent de leurs expériences dans l'Aveyron

Un homme d’origine aveyronnaise, 44 ans, en couple avec des enfants de 7 et 10 ans, qui a contacté l’Aveyron dans une démarche de changement de lieu de vie : « L’Aveyron, c’est beau, on peut faire y plein de choses, plein d’activités en extérieur, la vie est moins rapide qu’en ville. Non, je pense qu’il n’y a pas d’âge pour vivre dans l’Aveyron… Qu’on soit jeune ou retraité, il y a des choses à faire. Pour la famille, les gens qui ont des enfants, je pense que c’est un cadre qui est bien, pour l’école et toute sorte d’activités. Quand on est dans un village, on a des écoles à taille humaine. Il n’y a pas 200 élèves dans les écoles. Tout dépend de ce qu’on recherche dans la vie. Si on veut être tranquille, c’est un bon département, mais ça n’empêche pas de faire des choses professionnellement, de créer des choses. Il y a une belle dynamique, mais à la taille de l’Aveyron. Il y a un tissu associatif qui est assez développé. Je pense que c’est vivant et dynamique. Je pense qu’en Aveyron, les gens aiment s’investir dans des associations sportives, ou autres. Les gens se bougent. Ils font des choses, ils font vivre leur village, leurs associations, leur ville, etc. »
Une femme de 37 ans, célibataire avec enfant de 13 ans, qui a contacté l’Aveyron dans une démarche de changement de lieu de vie : « On se sent apaisé et on a l’impression que la dynamique s’installe dans ces régions-là avec un esprit tranquille. » 
Femme, 52 ans, célibataire, a contacté l’Aveyron « dans une démarche de changement de lieu de vie. La beauté du lieu, la tranquillité, le dynamisme… Ce ne sont pas des villes mortes. »
Une femme de 21 ans, en couple sans enfant, a contacté l’Aveyron dans une démarche de changement de lieu de vie, installée depuis moins d’un an : « Quand on n’a pas ça, on a du stress en moins, on a le temps de voir plus de choses. Et puis, il y a pas mal de choses à faire, on peut aller se balader. C’est un autre cadre que la ville et c’est dynamique. »

 

 

 

 

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Xavier Buisson
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