Patrimoine

Sébazac : l’église Saint-Barnabé, refuge pour les habitants

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  • Vue de l’extérieur, comme  de l’intérieur, l’église Saint-Barnabé mérite le détour.
    Vue de l’extérieur, comme de l’intérieur, l’église Saint-Barnabé mérite le détour. DR - DR
  • L’église conserve deux retables en bois peint et doré de la première moitié du XVIIIe siècle.
    L’église conserve deux retables en bois peint et doré de la première moitié du XVIIIe siècle. DR - DR
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L’église de Sébazac, peu connue, date de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle et a été agrandie au XIXe siècle. Elle comporte un niveau de chambres de refuge au-dessus de la nef.

Les comtes de Rodez possédaient un château à Sébazac (l’actuelle mairie conserve notamment une cheminée du XIVe siècle) et étaient seigneurs du lieu. Le prieuré est uni au chapitre cathédral en 1249 par l’évêque Vivian. L’église, qui remonte au XVIe siècle, était pourvue de chambres de refuge au-dessus du niveau des voûtes. En effet, le terrier (ancêtre du cadastre) de Sébazac indique qu’en 1543 l’église est surmontée d’un fort où les habitants de Sébazac et Gajac tenaient vingt-deux chambres. Le nettoyage d’une chambre refuge par le club archéo de la MJC d’Onet-le-Château et le service patrimoine de Rodez agglomération en 2014 a permis d’en observer l’architecture soignée : un sol dallé de pierre, des murs couverts par un enduit et des laits de chaux, une fenêtre à coussiège (petit siège en pierre dans l’ébrasement de la fenêtre) et une porte à l’origine pourvue d’une serrure sur l’escalier en vis.

La visite de l’évêque Jean d’Ize de Saléon dans le second quart du XVIIIe siècle apporte des précisions sur l’usage de ces lieux : "Au-dessus de la voûte du sanctuaire et de la nef, il y a cinq arches (coffres) où les particuliers i [ont] leur blé. Il faut néanmoins passer dans l’église pour y aller, ce qui est très indécent. Il y a aussi un pigeonnier sur la voûte de la chapelle de Notre-Dame où l’on peut pareillement aller qu’en passant par l’église. Nous ordonnons que les arches qui sont sur la voûte de l’église en seront retirés, sous peine d’interdit, et nous recommandons très expressément au curé d’empêcher qu’on n’y porte ni grains, ny autres choses semblables à l’avenir. Nous les enjoignons aussi de fermer le pigeonnier qui est sur la voûte de Notre-Dame et d’en retirer les pigeons au plutôt."

Abriter les habitants en cas de danger

Ces espaces étaient destinés à abriter les habitants en cas de danger, mais en temps ordinaire ceux-ci, qui les louaient, avaient tendance à y voir une extension de leur maison et s’en servaient comme d’un grenier supplémentaire.

Les importantes modifications liées à l’agrandissement du XIXe siècle ont arasé en partie ces étages ont entraîné la destruction, au-dessus de la nef, des cloisons et du niveau de plancher. La date de 1820 portée au sommet du clocher (côté sud) situe dans le temps la construction de celui-ci. Des travaux d’agrandissement sont ensuite réalisés au milieu du XIXe siècle. En 1847 et 1848 le ministère de la Justice et des Cultes accorde des aides financières pour leur réalisation. Deux chapelles sont accolées, vers l’est, à celles préexistant.

L’église conserve deux retables en bois peint et doré de la première moitié du XVIIIe siècle. Le retable du maître-autel porte l’année de sa réalisation "1726" et deux monogrammes, il est complété par le retable de la Vierge qui date vraisemblablement de la même époque. L’inventaire de 1906 précise qu’un troisième retable dédié à saint-Joseph, aujourd’hui disparu, se trouvait dans la chapelle nord ; le tout formait un ensemble cohérent et symétrique autour du maître-autel. Les deux retables font l’objet d’une protection au titre objet des Monuments Historiques en 1987. Cette protection a entraîné une campagne de travaux, de restaurations et d’ameublement de l’église.

Outre la restauration des retables en 1988, leurs statues en bois (saint Jean-Baptiste, saint Barnabé et la Vierge à l’Enfant) sont alors réalisées par le menuisier Jean-Louis Lacombe afin de remplacer des statues en plâtre datant vraisemblablement du XIXe siècle connues par des photos antérieures aux travaux.

Alors que l’ancien bénitier dont la cuve date du XVIe siècle est converti en fonts baptismaux, la peinture à l’huile de la Sainte Famille et le chemin de croix également réalisé à la peinture à l’huile font l’objet d’une restauration. Enfin, l’imposte de la porte d’entrée est dotée d’un vitrail réalisé par le verrier aveyronnais Henri Laurens en 1988.

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