Achats de Noël : dernière ligne droite pour les commerçants ruthénois

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  • A Rodez, Les commerces seront aussi ouverts dimanche et lundi.
    A Rodez, Les commerces seront aussi ouverts dimanche et lundi. José A. Torres
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Les commerçants du cœur de ville de Rodez se disent impactés par le mouvement des "gilets jaunes". Pour autant, ils sont dans les starting-blocks pour cette dernière ligne droite, avant Noël.

Les différents mouvements des "gilets jaunes" ont eu un impact certain sur le chiffre d’affaires du commerce ruthénois. Les professionnels le reconnaissent aisément. "D’habitude, le samedi, il y a du monde dans les rues de Rodez. Ces derniers temps, c’était vide, surtout le 17 novembre", explique Quentin, responsable de la boutique Racines. "Les gilets jaunes nous ont fait du mal", souligne la patronne de la boutique Ambre.

Après les annonces faites par le président de la République, ils espèrent une accalmie. "On veut que les gens se mettent dans l’esprit de Noël, qu’ils aient à nouveau envie d’acheter, de se faire plaisir, de faire plaisir à leurs proches", ajoute la responsable de l’enseigne Ambre.

Question accueil du public, les commerçants se disent prêts. Ils sont dans les starting-blocks pour servir les clients, qu’ils souhaitent nombreux. "On attend la foule des grands jours", ajoute l’équipe de Chez Cathy.

Les commerçants sont d’autant plus optimistes qu’ils attendent aussi les Parisiens d’origine aveyronnaise. "Tous les ans, ils viennent en vacances à Rodez, il n’y a pas de raison qu’ils ne reviennent pas cette année", confie Quentin, qui a repris la boutique "Racines", spécialisée dans les couteaux laguiole.

"Je pense qu’à Paris, ils ont été tellement bloqués et perturbés avec les gilets jaunes et les casseurs qu’ils auront à cœur de faire leurs emplettes ici. C’est plus tranquille ici, même si nous aussi, on a été impactés mais dans une moindre mesure", tempère une vendeuse d’une chaîne nationale.

Tourner la page gilets jaunes

Ils espèrent du coup compenser la perte du chiffre d’affaires. "Cela va être difficile, mais il faut rester positifs. J’espère avoir beaucoup de monde. J’espère aussi que le centre-ville sera bien animé et surtout qu’il y aura du beau temps", souligne la responsable de l’enseigne L’instant, tout en préparant ses paquets cadeaux, commandés par ses clients.

Et si les commerçants veulent maintenant "tourner la page des gilets jaunes", certains avouent que le mouvement les a "repositionnés".

"Honnêtement, je pense que depuis une semaine, il y a une effervescence dans les rues de Rodez. On revoit du monde. Il y a eu comme une prise de conscience. Je pense que les gens commencent à réfléchir au petit commerce du centre-ville. Les gens s’aperçoivent qu’il y a tout ici, pas besoin forcément d’aller sur internet ou dans les grandes villes pour trouver les produits souhaités", dit la patronne d’Ambre en montrant de jolis sacs en cuir.

Pour mieux répondre aux attentes des clients du centre-ville, les commerçants misent sur les fondamentaux. "Il faut de l’accueil, un sourire et des produits de qualité", ajoute une autre commerçant. Tout un métier…

« Une dernière occasion de sauver notre mois de décembre »

Moins 20 ou 30 % pour les moins impactées. Mais la perte du chiffre d’affaires sur les cinq dernières semaines cumulées dans certaines enseignes du Grand Rodez peut aussi s’élever à moins 40 ou 50 %, voire davantage dans certains cas. À l’image, par exemple, du magasin Micromania de la zone de l’Estréniol à Sébazac. Au plus fort de la mobilisation des « gilets jaunes », le gérant du site avait évoqué une recette « de moins de 300 euros, contre 1 500 en temps normal à cette période. »
Et la dégringolade s’est poursuivie au rythme des différents Actes prônés par les « gilets jaunes ». Des manifestants qui avaient particulièrement ciblé le giratoire d’accès à la zone de l’Estréniol pour installer leurs barrages. De quoi susciter la colère des commerçants du secteur regroupés au sein du Collectif Onet-Sébazac-Rodez. « On ne pouvait pas rester sans rien faire pendant que nos affaires coulaient », se défend l’un d’eux sous le couvert de l’anonymat. Le regard désormais tourné vers le week-end qui s’annonce, il espère que les derniers récalcitrants ne viendront pas gâcher « l’ultime occasion de sauver son mois de décembre. »
« Si les clients répondent présents comme ils l’ont fait toute la semaine, on devrait pouvoir limiter la casse », se risquait hier une employée de Leclerc. Dans le cas contraire, une nouvelle journée d’actions sur les ronds-points, serait « catastrophique » pour tous les commerçants.
Autant dire que l’annonce, hier, d’une nouvelle journée d’actions des « gilets jaunes » à Rodez, n’a pas été de nature à les rassurer...

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Salima Ouirni et Rachid Benarab
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