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Rallye : sur le Dakar, Aveyron rime avec organisation

  • Au départ, à l’arrivée, derrière le chronomètre… Les Aveyronnais permettent aussi à l’épreuve de briller à l’international.
    Au départ, à l’arrivée, derrière le chronomètre… Les Aveyronnais permettent aussi à l’épreuve de briller à l’international. Repro L'Aveyronnais - Repro L'Aveyronnais
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Ils sont trois. Trois Aveyronnais - originaires de Réquista, Saint-Affrique, Villefranche-de-Panat - à prendre part à l’organisation du Dakar, l’épreuve phare d’ASO, à partir de ce lundi 7 janvier. Rencontre avec ces mordus de rallye-raid, toujours prêts à remettre le couvert malgré les difficultés.

Kévin Pagès, 29 ans (Réquista)

Kévin Pagès
Kévin Pagès - Repro L'Aveyronnais

Kévin prendra le départ pour la 3e année consécutive. Président du Réquista Moto Sport depuis 11 ans, ce fan de deux roues a trouvé dans le Dakar, son Graal. L’apothéose dans sa carrière d’organisateur. "C’est une grosse machine indéniablement. Ça m’a beaucoup apporté, et ça m’apporte encore beaucoup dans la vie du club et dans la vie de tous les jours".

Entrepreneur agricole à la ville, Kévin est pourtant tout sauf un bleu en termes d’organisation. Avec le Moto club réquistanais, il a déjà quelques manches de coupe du Monde d’enduro au compteur. Il participe aussi régulièrement à des épreuves internationales en tant que de directeur de course. Un CV déjà bien fourni qui ne l’empêche pas de revenir sur le Dakar avec l’impatience du débutant. "C’est assez speed, il faut être très concentré. On n’a donc pas spécialement le temps de profiter du paysage, reconnaît celui qui donnera tous les jours le départ de l’étape". Avec sa tente sous le bras, le Réquistanais apprécie cette parenthèse "en mode aventure" : "Pendant 15 jours, on dort où l’on peut, souvent dans le bus qui nous amène d’une étape à l’autre. Et si le jour du retour me tarde en toute fin d’épreuve, une fois rentré, on se dit qu’on était plutôt bien là-bas".

Pas pressé de céder sa place, Kévin se projette déjà sur l’édition 2020… Et les suivantes. "Tant que je peux le faire, je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin". Un chemin qui pourrait le conduire de l’autre côté, celui réservé aux fous de chronomètres ? "J’ai toujours priorisé le côté organisation, mais si une occasion se présente… Si j’ai la possibilité de prendre un guidon ou un baquet, je ne vais pas m’en priver !" En attendant, le Réquistanais sera encore derrière Florent Vayssade et Loïc Minaudier, les deux Aveyronnais au départ. "Tous les deux ont un bon coup à jouer. Ils sont vraiment prêts physiquement. Et si Loïc à une meilleure maîtrise du volet navigation, les deux peuvent joueur quelque chose. C’est une course où rien n’est joué avant le dernier kilomètre."

Julien Barthélémy, 35 ans (Saint-Affrique)

Julien Barthélémy
Julien Barthélémy - Repro L'Aveyronnais

Lui, c’est le pionner, le premier des Aveyronnais à avoir rejoint l’organisation du Dakar, voilà 9 ans. Patron d’Air Globe qui propose de faire visiter le département au guidon de bécanes électriques, Julien Barthélémy fait presque aujourd’hui partie des meubles. Fan de deux-roues depuis son enfance, – il a notamment participé au championnat de France d’enduro –, le Saint-Affricain donnera cette année le départ des spéciales chronométrées. "Je vais également changer de poste à mi-parcours pour me consacrer aux arrivées".

Une nouveauté qu’il attend avec impatience. "C’est une nouvelle fonction qui me permettra de découvrir un nouveau volet lié davantage à la gestion des émotions." Après de telles étapes, face aux nombreux pièges que réserve la course, les coureurs ont parfois besoin de "vider leur sac", la ligne d’arrivée franchie. Et à mesurer le niveau de difficulté de cette 41e édition, les soirées promettent d’être animées pour notre éducateur diplômé…

Heureux de retrouver "ses potes de galère", le trentenaire ne boude pas son plaisir. "Quand on goûte au Dakar, soit on craque assez vite, – il faut pouvoir encaisser les conditions, le manque d’intimité, et avoir la force de déconnecter à 100 % de ses proches en France-, soit on est piqué à vie. Je crois que c’est mon cas !"

Hélène Grimal, 59 ans (Villefranche-de-Panat)

Hélène Grimal
Hélène Grimal - Repro L'Aveyronnais

Fan de sport automobile depuis ses jeunes années, Hélène Grimal a découvert le Dakar quand les organisateurs ont décidé de changer de continent. "Je suis arrivée en 2009 après une rencontre avec David Castera (le directeur sportif du Dakar NDLR). J’ai tout de suite accroché", se souvient la native de Villefranche-de-Panat. Aujourd’hui détentrice de deux licences (FFM et FFSA),- une rareté dans ce petit monde plutôt masculin-, la presque sexagénaire ne compte plus les heures passées dans son pick-up. Sa fonction : chronométreuse officielle sur le Dakar. Sa crainte : s’endormir ! "Je passe de longues journées les yeux rivés sur un chronomètre, c’est parfois un peu usant, pour ne pas dire chiant, reconnait-elle, mais la passion prend toujours le dessus. Et j’adore le Sudoku !"

Rodées et désormais quasi autonomes, elle et sa petite équipe sillonnent les routes du rallye-raid avec un peu d’avance sur les concurrents et la caravane, qu’elles ne retrouvent que le dernier jour. "Quand on arrive, on nous donne un bus, un pick-up, le matos et en avant. On se revoit dans 10 jours !" Passionnée par l’aventure Dakar qui reste, malgré ses nombreuses modifications, "une épreuve mythique", la Villefranchoise ne compte, elle aussi, pas passer la main de si tôt. "J’ai conscience de la chance que j’aie. Ce n’est pas donné à tout le monde de faire ça. Je le savoure chaque année." Et quand, en plus, l’Aveyron s’exporte aussi bien de ce côté-là de l’Atlantique, la saveur n’en est que décuplée. "Bien sûr, on arrive parfois à se croiser dans l’organisation mais je garde surtout un œil attentif sur mes petits !"

Les petits en question : Loïc Minaudier et Florent Vayssade, alignés l’un et l’autre en catégorie moto. "Je les suis tous les jours, je regarde leur chrono, et quand quelque chose cloche, je m’inquiète un peu plus que pour les autres concurrents, c’est évident !" "Mes petits, il faut qu’ils arrivent !" En attendant de retrouver son équipe, Hélène savoure les dernières heures de répit avant le grand départ. "Je suis dedans, dès le premier meeting de l’organisation, début décembre, et si j’ai toujours hâte de rentrer en France pour retrouver la famille, je le suis tout autant de partir. Il me tarde de retrouver mes amis argentins, de reprendre la route, faire des rencontres, partager un asado dans un petit village la nuit venue."

Pour elle, comme pour les Aveyronnais au départ, le feu de la passion est intact et à les entendre, ne risque pas de s’éteindre.

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