De Rodez à Montréal, la graffeuse Wuna fait le mur

  • Wuna : "Le graffiti m’a ouvert une porte sur le monde"
    Wuna : "Le graffiti m’a ouvert une porte sur le monde" Repro CPA / Repro CPA
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Ruthénoise pur sucre, la graffeuse Wuna a choisi l’exil pour exercer son art. Aujourd’hui installée à Montréal, elle nous parle du graff, de sa nouvelle vie, de ses projets.

Wüna, tu reviens d’Erevan où tu as représenté le Québec au Sommet de la Francophonie à Erevan ? Comment ça s’est passé ?

Très bien. ça a été une superbe expérience ! J’ai été invité par l’organisme LOJIQ qui a pour mission d’appuyer les jeunes adultes québécois dans la réalisation de leur projet à l’international. L’organisme m’avait soutenu pour plusieurs projets notamment au Mexique et en Hongrie. Ils m’ont offert le prix du rayonnement artistique en 2017, et m’ont invité à participer au Sommet de la Francophonie à Erevan pour réaliser des performances en direct devant le kiosque du Québec. Les œuvres réalisées ont été offertes à une école et à la Fondation Franco-Arménienne pour le développement. J’ai aussi participé à une résidence artistique au début du séjour, en collaboration avec K Goldstein, un chorégraphe français et le duo de musicien belge R.O et Konoba, et j’ai pu donner des ateliers de médiation culturelle. En tant qu’immigrante au Québec et nouvelle citoyenne canadienne, ça a été un honneur pour moi de représenter mon pays d’adoption. L’équipe qui m’a accompagné était au top. Découvrir un pays tout en ayant l’opportunité de peintre et de rencontrer de nouvelles personnes, il n’y a pas mieux.

Quand et comment as-tu découvert le graffiti ? Te souviens-tu de ta première bombe ?

Je ne me souviens plus très bien mais cela devait être par le biais des médias, la télévision, les magazines. Puis j’ai fait mes premières armes dans l’ancien skate parc de Rodez, vers 2001/2002. C’était l’un des seuls endroits où il y avait du graff, avec l’ancien terrain des abattoirs qui a été détruit depuis. C’était le moment où la culture urbaine commençait à faire son apparition dans la région, la MJC de Rodez organisait des ateliers graffiti et avait fait venir la Trueskool, qui était vraiment un crew mythique de Toulouse. Il y avait aussi quelques événements par-ci par-là. A Millau, Rodez, Aurillac (avec les Sessions volcaniques). C’est dans cette atmosphère que j’ai commencé à faire mes premiers sketches (dessins) à faire mes premiers pas de breakdance et à toucher timidement mes premiers sprays. J’ai aussi fait la connaissance d’autres graffeurs de la région. Mais c’est véritablement vers 2005-2006, quand je me suis installée à Toulouse que je suis devenue beaucoup plus active, la scène étant plus grande et bien plus dynamique. J’ai pu me faire un réseau, rencontrer d’autres personnes passionnées, notamment d’autres filles (ce qui est rare dans le milieu) et depuis je n’ai jamais arrêté…

Comment as-tu choisi ton nom ?

Un peu au hasard, parce qu’il y avait une consonance féminine, mais en réalité il n’y a rien de vraiment intéressant derrière ça.

Que cherchais-tu à prouver avec ce mode d’expression ?

Je pense que ce qui m’a attirée, c’est avant tout la liberté que procurait le graff et le fait de pouvoir peindre sur d’immenses surfaces ; de ne pas être restreinte à une feuille de papier. Pouvoir peindre en extérieur et dessiner des fresques en groupe, à plusieurs, et pas toute seule chez soi. Quinze ans plus tard, je peins toujours pour les mêmes raisons.

Tu envisages le graff de la même manière aujourd’hui ?

Le graffiti m’a apporté énormément de choses dans la vie, il m’a permis de voyager, de rencontrer des gens de divers pays, de différentes cultures. De me retrouver dans des endroits où je n’aurais jamais pu mettre les pieds autrement, de me faire des amis partout dans le monde, de me dépasser, de participer à une multitude de projets intéressants… Le graffiti m’a ouvert une porte sur le monde.

Comment définir ton style ?

J’ai un peu du mal à définir mon style. Tout dépend du contexte, de l’inspiration du moment. J’aime l’aspect calligraphique du graffiti, le travaille de la lettre, le fait de lui donner du mouvement. Je fais aussi beaucoup de personnages, j’aime l’aspect cartoon, faire des personnages avec de l’attitude. Je m’inspire beaucoup de mes amis, quasiment tous les personnages que je dessine sont inspirés de mes potes, de leur style.

Tu vis aujourd’hui au Canada ? Pourquoi l’exil ?

À la base, je suis partie vivre au Canada parce que j’avais envie de découvrir autre chose, voir comment ça se passait de l’autre côté de l’Atlantique et parce qu’aussi, comme beaucoup de jeunes diplômés, j’avais du mal à trouver un emploi stable en France. J’étais curieuse de vivre une expérience d’immigration, mais je ne savais pas du tout combien de temps j’allais rester là-bas. Presque 7 ans après, je vis toujours à Montréal.

Le Canada m’apporte énormément, mais je ne dirais pas que c’est mieux ou moins bien que la France, c’est juste différent. Il y a du bon et du mauvais partout, mais l’effervescence culturelle de Montréal est vraiment très stimulante. Par contre, la scène graffiti en elle-même est moins dynamique qu’en Europe. Il y a moins d’événements, la scène est plus petite, mais il faut dire que les 5 mois d’hiver n’aident pas beaucoup. Il y a moins de galeries ouvertes à l’art urbain, moins de gros projets par rapport à une ville comme Paris par exemple (mais beaucoup plus de choses qu’en Aveyron !).

En contrepartie, il est assez facile de créer son entreprise ici, les gens sont assez ouverts et il est plus simple de décrocher des contrats pour peu que l’on se bouge un peu… Mais je rentre très souvent en Europe pour me mettre à jour !

Comment envisages-tu la suite de ta carrière ? Des projets ? Des envies ?

Pour l’instant, mon projet cette année est de prendre plus de temps pour faire avancer ma carrière artistique. De voyager, de continuer à peindre, rencontrer de nouvelles personnes, collaborer à des projets intéressants, avoir de nouvelles opportunités c’est tout ce que je souhaite pour la suite.

Une prochaine exposition ? En France ? En Aveyron ?

J’ai participé à une exposition collective à Montréal, mais sinon je n’ai pas de grosse exposition prévue pour l’instant. L’idée cette année c’est justement de me mettre à créer une série de toiles ou de dessins. Ce que je ne fais pas souvent, vu que je privilégie toujours le travail sur mur. Je n’ai jamais exposé en Aveyron, je ne sais pas trop quelles seraient les opportunités possibles là-bas, quand je suis partie, on ne peut pas dire que c’était un département très ouvert à l’art urbain, ni à la culture urbaine en général… Mais d’un côté c’est intéressant, car tout reste à faire ! En tout cas je suis ouverte à toute opportunité qui se présenterait là-bas, ça me ferait vraiment plaisir de participer à un projet dans le département où j’ai eu la chance de grandir.

Propos recueillis par Aurélien Delbouis
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