Agriculture

Estaing : une jument de trait dans la vigne !

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  • En plein travail, dans la vignede Carays.
    En plein travail, dans la vignede Carays. CPA -
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Nouvelle viticultrice, dans la région d’Estaing, Isabelle Brantu a réintroduit le travail de la vigne à l’ancienne. Avec Amandine, une jument de trait pour tracter la charrue.

L’équipe des Vignerons d’Olt de la Maison de la Vigne s’est étoffée avec l’arrivée d’Isabelle Brantu. Une nouvelle viticultrice et une nouvelle façon de travailler : le labour des sols avec la traction animale.

Depuis que le monde agricole s’est modernisé et mécanisé, le travail de la terre avec l’aide des animaux a été délaissé. Aujourd’hui, cette technique ancestrale redevient envisageable face aux questions posées par l’utilisation des produits phytosanitaires pour le traitement et la nutrition des sols mais également face aux nombreux passages des machines.

Par un après-midi froid mais ensoleillé, nous sommes allés à la rencontre de ces nouveaux vignerons aveyronnais. Isabelle est née à Roanne, dans la Loire. Elle a vécu 20 ans dans le Haut Beaujolais. Frédéric est né au Creusot, en Saône-et-Loire. Tous les deux ont 50 ans. Ils étaient sur la parcelle de Carays avec Amandine leur jument. Isabelle tient les guides et Frédéric la charrue de vigne. Ils effectuent le buttage d’hiver. Au printemps, ce sera le passage de l’intercep. Cette charrue permet d’adapter plusieurs outils en fonction du travail à réaliser.

Au rythme de l’animal, les rangées, une à une, sont labourées de chaque côté. Le buttoir creuse un sillon laissant retomber la terre au pied des ceps de vigne. Un travail du sol qui permettra dans le temps de rendre la terre plus meuble, aérée et de profiter de manière optimale des réserves en eau. L’homme et l’animal travaillent en harmonie malgré la pénibilité. Isabelle nous en dit plus sur le projet du couple en vignoble aveyronnais.

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai fait des études d’optique dans le Jura. J’ai travaillé dans la recherche pendant quatre ans à Paris puis je suis devenue enseignante en optique à Soissons, dans l’Aisne. Frédéric a réalisé les mêmes études d’optique dans le Jura, a travaillé à Paris dans la recherche pendant quatre ans et est également entré dans l’enseignement. Il enseigne toujours l’optique à Montreuil.

Pourquoi et comment s’est effectué ce changement de vie ?

La lassitude du métier d’enseignant, de l’éducation nationale et l’envie de quitter la grisaille de la Picardie. Pourquoi la vigne ? J’ai toujours été proche de la nature et j’adorais, pour me ressourcer après les cours, m’occuper de mes vivaces et rosiers dans mon jardin fleuri de 3 000 m2. Didier Miquel, que mon mari voyait régulièrement au Mistral à Paris, lui a parlé des vignerons qui recherchaient quelqu’un pour reprendre les vignes de Mme Marc et de M. Rieu. Nous sommes donc venus à toutes les vacances scolaires pour découvrir la région et le travail de la vigne. On se sentait très bien ici ; les Aveyronnais sont très chaleureux, le travail me correspondait bien. J’ai donc repris les vignes en 2017.

J’ai passé mon certiphyto en Champagne et les vignerons de la coopérative m’apprennent le travail de la vigne. Ils ont été extraordinaires : ils nous ont beaucoup aidés pour la taille, les traitements… depuis 2017, date à laquelle nous résidions en Picardie. Mon mari a également été formidable, il a fait beaucoup d’allers-retours Picardie-Aveyron pour la vigne pendant que je restais en Picardie pour m’occuper de notre fils. Nous avons déménagé définitivement fin juillet 2018.

Comment vous est venue l’idée de travailler avec un animal ?

En Picardie, nous avons acheté un poulain de 8 mois, Amandine, une jument de trait ardennais pour faire de l’attelage. Elle a été débourrée à l’attelage par un professionnel.

On nous a ensuite prêté dans notre village quelques ares pour faire du maraîchage. Nous avons essayé de travailler la terre avec la jument, cela se passait bien. On s’est pris au jeu et c’est donc tout naturellement que nous avons décidé de travailler la vigne avec notre jument. Avant de lui faire faire le voyage, elle a fait un stage en Champagne dans les vignes.

Votre projet pour cette nouvelle vie ?

Notre projet pour la vigne est de minimiser, même de supprimer, les désherbants chimiques. On butte, on aère la terre et on désherbe sous le rang à l’intercep avec Amandine. Et pourquoi pas, dans quelques années, faire une cuvée bio d’Estaing !

 

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